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Chers amis,

Lors de son séjour à Paris, courant Février, le Directeur Général de la SACEM, monsieur BENJILANY, m’a confié les photos de la distribution des vêtements que nous avons envoyés à Imini, au mois de Décembre. Je vous en livre quelques-unes. Je dois vous dire que pas une de ces photos ne m’a laissé indifférent. Il émane de chacune tant d’émotion, tant d’humanité qu’elles se passent, toutes, de commentaire superflu.  Il suffit de les regarder avec son coeur pour éprouver ce que les mots sont impuissants à rendre. Je ne me hasarderai pas à en étouffer toute la portée affective ou symbolique. Je me dois, néanmoins, de vous restituer l’esprit du travail humain que Monsieur BENJILANY, ses collaborateurs, les autorités locales, les représentants des ouvriers, ont su insuffler à cette manifestation de générosité.

Cette générosité, il faut la saluer. Monsieur BENJILANY a toujours considéré à sa juste valeur notre démarche, solidaire et humaine. Il donne de son temps, de son énergie, pour contribuer, de son côté, à faire vivre, de la plus honorable des façons, notre belle idée de construire un groupe, un projet, dignes des Iminiens, enfants de nos pères qui ont  tant donné à la mine, bien avant nous. Je voudrais, en votre nom, exprimer toute notre gratitude à Monsieur BENJILANY, ses collaborateurs, les autorités locales, les représentants de la population de Timkkit, pour leur engagement, leur mobilisation profonds.

 

Voici toutes les personnes qui s’étaient mobilisées, autour de monsieur BENJILANY, pour la journée de distribution des vêtements aux enfants de Timkkit.  Une mobilisation exemplaire qui nous honore et conforte notre crédibilité. J’en suis heureux, pour nous tous.

 Monsieur BENJILANY avait interdit que l’on ouvrît les sacs en son absence. Il s’était déplacé, de Casablanca, pour superviser toutes les opérations. Le voici, faisant ouvrir les colis, en sa présence. Par ailleurs, il avait chargé ses collaborateurs à OUGGOUG, les représentants syndicaux et les représentants de la population, de constituer une commission pour recenser les familles les plus nécessiteuses de Timkkit, aussi bien celles des ouvriers que celles des personnes qui vivent sur le territoire de Timkkit . Chose fut faite.  Des colis ont donc été préparés en fonction des âges de leurs enfants.

Une fois les colis déballés, Monsieur BENJILANY réunit son staff et les représentants des ouvriers. Dans son allocution, il explique la provenance des vêtements, avant de procéder à leur distribution.

Des visages que nous ne devons pas oublier. Des visages qui devraient nous inciter à davantage d’efforts. Des visages qui méritent tous les sacrifices.

Ce sourire de la fillette, aussi, ne laisse pas de marbre. Il vaut, à lui, tout seul, que l’on se mobilise, tous, et que chacun retrousse les manches. Non, les sacs que vous voyez, ce ne sont pas des poubelles, mais les lots qui sont distribués. Je souhaiterais que vos cotisations pour la rencontre de l’été prochain, puissent nous permettre d’acheter des papiers-cadeaux dignes de ces enfants. Je souhaiterais, également que chacun d’entre vous qui vienne à cette rencontre, apporte, avec lui, un livre pour garnir une bibliothèque. J’ose espérer que vous entendrez mes appels. En tout état de cause, moi, je continuerai, dussés-je le faire tout seul. Iminiens, DEBOUT!!

D’autres photos seront publiées la prochaine fois.

                                                                               

 

 

Chers amis,

 

Je voudrais remercier tous ceux d’entre vous qui ont eu l’amabilité  de lire mon article paru dans TELQUEL n° 407. J’ai été très touché par les nombreuses  marques de sympathie que vous m’avez fait parvenir. Une première expérience journalistique, pour moi. Je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin. D’autres parutions sont en préparation. Je suis d’autant plus heureux que c’est la première fois que la revue offre un dossier complet et sa couverture à un intervenant extérieur.

Cet article a été très bien reçu, au pays. Bien entendu, il n’a pas manqué de susciter quelques remous parmi ceux qui ne l’ont pas lu objectivement. Parmi ceux que mes propos vilipendaient. Des interprétations abusives ont fusé ici ou là. On me  reprocherait de donner,à travers mon argumentation,dans des généralisations immodérées qui ne dépeigneraient pas la vraie situation du pays. Certains s’étonneraient même que je puisse décrire le pays comme je l’ai fait. Une manière de m’incriminer  de divagations . Ce qui ne manque pas de toupet. D’autres semblent déçus de la tonalité “molle” de mon texte et reprochent à la revue moins de “mordant”. Une disparité de points de vues, somme toute, naturelle, tant les mentalités et les postures des uns et des autres sont liées aux contrastes des milieux sociaux, de leurs représentations et de leurs cultures.

 

Nos projets, parlons-en, un peu. Pardon de le faire, ici. Ma facture de téléphone s’élève, à 420 Euros. J’ai, comme toujours, crevé le plafond. J’appelle, depuis le mois dernier, les membres du Bureau. Vous vous doutez bien que chacune des conversations ne se limitait pas aux “Salamalecs”. La concertation a un prix que je suis prêt à payer. Nos camarades se sont rangés à mon avis. Nous n’avons pas intérêt à attendre le mois de Mars pour commencer à récolter les participations de ceux qui souhaitent venir à Ouggoug.  BENTALEB Aïcha et ABERCHIH Mohammed travaillent , maintenant, la main dans la main, à Marrakech. Ils sont en contact permanent et se partagent la peine. Ils récoltent déjà des fonds. J’ai appelé mes camarades de génération qui se mobilisent eux aussi, partout où ils se trouvent. Nos amis du Bureau, à Ouarzazate, restent mobilisés. Ils prévoient la collecte des fonds, incessamment. Quant à nous qui sommes en France, je crois pouvoir dire qu’il n’y a aucun problème ni d’engagement ni de motivation. Notre collecte sera faite, sans nul doute. Le mouvement est donc lancé et j’espère que tous lui donneront l’ampleur qu’il mérite. J’ai fait promettre à mon ami LAMAOUI ( Député de Ouarzazate ) de nous trouver deux tentes, des tables, des chaises,des tapis,des  banquettes. Il pourvoiera à nos besoins. Le Caïd de TIMDLINE , comme le Super-Caïd, seront à nos côtés, cette année, aussi.

De bonnes nouvelles que je voudrais vous faire partager. Le Directeur Général de la mine sera de passage à Paris. Nous avons convenu de nous voir, soit mercredi 3 Février soit Jeudi 4. Je compte bien faire avec lui le tour des problèmes. Il est au courant de notre rencontre de l’été prochain. Je relancerai mon idée de nous mettre à restaurer, petit à petit, quelques villas, à Ouggoug et à Bou-Tazoult. Il m’avait déjà donné son accord, l’an dernier. Il reste à finaliser ce projet, entre nous et voir ce que la mine peut faire pour nous y aider. Monsieur Benjilany m’apporte les photos et, peut-être une vidéo illustrant les cérémonies de distribution des vêtements que ma femme et moi avons envoyés. Je les publierai la semaine prochaine. Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, mon frère cadet, Hassan, Professeur d’économie, dans un lycée, a réussi à obtenir l’autorisation de disposer d’un bon lot informatique de son établissement, en rénovation. Des ordinateurs complets (unités centrales, imprimantes, câblage réseau, claviers, souris, écrans, logiciels).Nous les récupèrerons mercredi prochain. Une fois nettoyés, nous les enverrons à Timkkit. Je compte sur la venue de Monsieur Benjilany pour qu’il s’occupe du rapatriement de ce matériel.

Comme vous le constatez, les choses se mettent en place, petit à petit. J’en appelle à toutes les bonnes volontés pour que ce début prometteur trouve sa consécration dans une rencontre aboutie et réussie, cet été.


Rencontre été 2010….Suite

Chers amis,

  • Une fois n’est pas coutume, je ne vous annoncerai pas un quelconque déçès. Mais, un évènement plus gai. Notre ami Paulette a fêté, le 10 janvier dernier, son 88ème anniversaire. Je pense que vous voudriez bien m’autoriser à  me faire votre porte-parole pour lui souhaiter tout le bonheur qu’elle mérite et espère. Bonne fête paulette.
  •        L’hiver est  rude cette année. Je crois savoir qu’au pays, les intempéries ne l’ont pas épargné, lui non plus. Mes pensées vont aux plus vulnérables, ici et là-bas.
  •       Un mot d’excuses pour ceux d’entre vous qui ont guetté l’apparition de la revue “TEL QUEL”, cette fin de semaine. Mon article qui devait être publié, ne l’a pas été. J’ai reçu un message de la rédaction qui regrettait de ne pouvoir le faire. Dimanche dernier, Sa Majesté Mohammed VI a adressé à la nation un discours de la plus haute importance ( je réserve un article que je publierai, ici, pour vous faire part de mes impressions sur ce discours). Dans ces conditions, il était impossible pour  la revue d’escamoter un tel évènement qu’elle devait analyser et commenter, politiquement, à chaud. Elle réserve mon article pour sa prochaine édition( celle du samedi 16 janvier) .   Merci à tous ceux d’entre vous qui me font l’amitié d’espérer me lire, pour la première fois, dans la presse marocaine.

 

  • J’ai reçu aujourd’hui, un courrier du” Bureau” de Ouarzazate. J’en fais un “copier-coller, ici:

اولا أعتدر عن التأخير. المهم هده هي النقط التي ناقشناها في اجتماع الثلاثاء

 مسألة الماف القانوني للجمعية و الاشكالات التي اتعترضه خاصة بعد ابداء السيدة  ماما هباز عدم قدرتها على العمل نظرا لمرضها.

تحديد منسقي المناطق للعمل على شكل لجن في كل المناطق التي يتواجد بها أبناء امني كمنطقة مراكش تكلفت بها بن الطالب عائشة مع أخيها توفيق

منطقة الرباط الدار البيضاء تكلف بها محمد مزيان

منطقة أكادير سيتم الاتصال بالاخ مصطفى ايت المكي

تم تحديد مبلغ المساهمة ابتداء من 200 درهم.

اصدار نداء الى ابناء امني بعد التوصل بالوصل القانوني للجمعية

جمع المقترحات و التوصيات من الاعضاء لاعداد برنامج عمل السنة بشراكة مع ادارة شركة امني

عقد لقاء موسع خلال مارس بوارزازات.

لقد اتصلت بالاخوة بخصوص تحديد تاريخ اللقاء رأى الاخوة أنه من الافضل اعلان دلك بعد التوصل بالوصل النهائي للجمعية.

تحياتي ألاخ لحسن اتمنى من الله التوفيق.

                       تحياتي لاسرتك.

  •  J’essaie de vous traduire, sous le contrôle des plus arabisants que moi:

“Tout d’abord, je m’excuse d’avoir tardé à t’écrire. Voici l’essentiel de ce qui a été débattu lors de notre réunion de mardi:

1.La question du dossier administratif  de l’association et des problèmes soulevés par le retrait du Bureau, pour raisons de santé, de  Mama Hébaz .

2. Constitution des comités régionaux des Iminiens.

  1. Mohammed MEZIANE se charge de la région de Rabat-Casablanca
  2. Pour la région d’Agadir, notre camarade AÏT EL MEKKI Mostafa sera contacté
  3. BENTALEB Aïcha et son frère Taoufik se chargent de la région de Marrakech
  4. Le montant de la cotisation  est fixé à un plancher de 200 Dhs
  5.  Appel à tous les iminiens, dès réception du récépissé de dépôt légal de l’association
  6. Recueillir les suggestions et  les conseils des membres du Bureau afin d’établir un programme d’activités, annuel,en collaboration avec la direction de la mine
  7. Tenir une  réunion de large audience au courant du mois de mars
  8. par ailleurs, j’ai pris contact avec nos camarades du Bureau pour décider de la  date de la rencontre. Nos camarades pensent qu’il vaut mieux attendre que nous ayons en main le  récépissé légal  et définitif de l’association
  • Voilà, j’espère que je n’ai pas déformé le sens de ce message

 

  • Quelques observations personnelles:
  • Je constate que nos camarades travaillent sérieusement. Ils manifestent un esprit constructif animé de très bonnes intentions. La réunion, les échanges qu’ils ont menés entre eux, traduisent une volonté de faire avancer les choses. C’est très encourageant. Ils méritent d’être salués comme il se doit. Ils travaillent, ne pensant qu’à l’intérêt général. Je les en remercie. La tâche n’est pas facile. Ils sont loin les uns des autres. La réunion  est un succès, car ceux qui ne sont pas sur Ouarzazate se sont déplacés et ont répondu à l’appel qui leur a été lancé. Je vous demande de mesurer et d’apprécier leur dévouement. Sans eux , sans leur engagement, rien ne sera fait d’ici l’été. Ils sont en train de faire ce qui fera notre fierté, notre crédibilité. Nous nous devons, de notre côté, de  leur apporter tout notre soutien, tout notre concours afin que leurs efforts ne soient pas déçus.
  •  Ceci étant, mes deux expériences des deux années précédentes me rendent un peu prudent. Attendre le mois de mars pour décider d’une date de la rencontre, me paraît réduire les chances d’une mobilisation efficace. En 2007, j’avais lancé l’appel pour la réunion, au mois de Décembre de la même année. Au mois d’avril qui avait suivi, nous étions toujours  incapables de dire combien d’entre nous étaient décidés à se joindre à cet évènement. De sorte qu’au Directeur Général de la SACEM, j’étais dans l’impossibilité de lui confirmer un nombre précis des participants. Une situation très délicate qui m’avait mis dans l’embarras, puisque  dans cette première relation nouée avec le Directeur Général, se jouait ma crédibilité et celle de tout le monde. Nous n’avions pas été à la hauteur. Beaucoup d’entre nous  prennent à la légère le sérieux qui s’impose à chacun pour honorer, en leur temps, nos engagements et construire notre image de groupe uni, solidaire et efficace. Je le regrette profondément. Il serait plus que temps que se manifestent des comportements dignes de ce  nom: des comportements qui honorent nos engagements, nos décisions.
  • Nos camarades ont fixé à 200Dhs la cotisation, cette année. Bien sûr, elle paraîtra, à certains, excessive. Je le comprends d’autant qu’il est vrai qu’elle peut dissuader nos camarades les plus fragiles. Deux remarques:
  • A. Depuis le début, je n’avais conçu l’idée de nous rencontrer, tous, enfants d’Imini , que dans l’esprit de construire une entité de fraternité et de solidarité entre nous et à travers toutes les générations des anciens élèves d ‘Imini. Dans mon plus secret désir, je rêvais de jeter ce pont entre nous pour se connaître, s’apporter aide et secours. L’idée d’un fonds de solidarité pour venir en aide aux plus démunis, aux orphelins, parmi nous, continue encore aujourd’hui à me tarauder, malgré toutes les difficultés. J’avais aussi caressé l’espoir que nos vies croisées, nos souvenirs différents et pourtant les mêmes, puissent connaître leur aboutissement dans une publication. La tournure que prend le devenir de notre groupe me laisse sceptique. J’en garde le goût amer d’une déchirante déception. Je n’ai, à aucun moment, envisagé de me battre pour ces idées, sans le ciment qui les lient, celui de la solidarité. Que certains ne puissent pas, à un moment donné, souscrire, par leur participation financière, à une de nos manifestations, ne devrait pas poser de problème. Ceux que le sort a favorisés, mieux qu’eux, devraient pourvoir à leur difficulté passagère et  leur permettre de partager avec nous les moments de fraternité. A long terme, et pour autant que nous soyons plus solidaires qu’aujourd’hui, c’est à la possibilité de constituer une caisse gérée rationnellement, qu’il faudra envisager pour pallier les défaillances de certains, emportés par la tourmente de la vie dure et qui, sans cela, accourraient, spontanément, à chacune de nos rencontres.
  • Le problème n’est donc pas un problème d’argent. Mais, celui des mentalités. Il suffit que dix ou quinze partagent une pensée commune, généralement fondée sur tout autre chose que la raison pour que toute notre mécanique s’en trouve grippée. Et l’on n’ avance pas. C’est regrettable. L’argent n’est qu’une partie du problème. Je ne roule pas sur l’or. Mais ma volonté de donner un élan à notre entreprise commune est plus forte. Je n’ai jamais regardé à la dépense.  Au printemps de l’année dernière, je me trouvais au Maroc. J’avais  souhaité rencontrer les iminiens de Marrakech afin d’organiser la rencontre. Tous ceux qui ont eu la gentillesse de venir sont venus me rejoindre à Marrakech, dans un hôtel 5 étoiles où j’avais retenu la salle de réunions. Cette salle m’a été facturée 1500 Dhs. Nous y sommes restés à peu près deux heures ou trois.Les consommations se sont élevées à 1000 Dhs. Autrement dit, organiser une petite réunion, un après-midi, m’est revenu à  2500Dhs. L’un des iminiens est arrivé la veille  de Ouarzazate. Au téléphone, il m’apprend qu’il était sur le point de prendre une chambre à SIDI BOULAWQAT, au centre de la Médina. Vous connaissez ce quartier peu fréquentable de la ville. Je n’ai pas voulu le laisser faire, considérant qu’il méritait de passer une nuit plus agréable, après son long trajet, de nuit. J’ai appelé  l’hôtel où la réunion devait se tenir, le lendemain. Une belle chambre lui a été réservée. Prix: 990 Dhs que j’ai réglés de mes deniers. La deuxième réunion s’était tenue à Ouarzazate. Prix des consommations, chez mon ami BAMOU: 1000Dhs.
  • Je ne suis pas en train de vouloir vous impressionner. Je suis en train de vous expliquer que le problème n’est pas celui de l’argent. J’ai choisi  toutes mes actions, de ma propre initiative. Je les assume, d’autant que j’étais heureux de revoir des iminiens. Mais, où est le problème? Dans les mentalités, je le répète. Car,  de tous ceux qui étaient venus à ces deux rencontres, six avaient disparu, le jour de la rencontre à OUGGOUG. Parmi lesquels celui à qui j’avais offert une chambre à l’hôtel. La raison? Aucune qui soit acceptable. On n’agit pas ainsi. Il me vient à l’esprit le mot d’un auteur dont j’ai oublié le nom, qui disait ” Quand l’homme a tout perdu, il lui reste son éducation”. L’éducation manque à beaucoup d’entre nous. Alors, toutes les excuses, toutes les raisons sont futiles. c’est dans ces cas que l’on argue d’un cousin qui se marie, d’une tante qui chique de travers et s’étouffe, d’une mère qui se trouve subitement aux urgences, etc…etc… Ce n’est pas digne, de mon point de vue.
  • B.L’argent n’est pas tout. Ce qui importe, c’est la foi dans ce qu’on entreprend, la foi qui incite à une hauteur de vue, à de l’élégance. La foi qui suscite la volonté. Notre projet n’est tributaire de rien d’autre que de cela.
  • J’ose espérer de nous tous un sursaut, non pas d’orgueil, mais de fierté pour que nous tous, nous puissions penser que chacun a fait ce qu’il fallait; que ceux des iminiens qui viendront après nous,  puissent, sans rougir de nous,se dire: ” les anciens ont été un exemple”.
  • J’aurais voulu en rester sur cette note d’espoir, mais la réalité me talonne encore. Nous, iminiens de France, sommes toujours disposés à  mettre dans l’écuelle une participation conséquente, en fonction des moyens de chacun. Nous avons toujours considéré notre situation privilégiée, au regard de celle des moins nantis parmi nous. Nous le faisons par solidarité avec eux. Le montant de la cotisation doit nous permettre d’organiser nos rencontres ( celle de cet été et toutes celles qui suivront ) dans la plus grande autonomie qui garantirait notre liberté d’action. On ne peut plus continuer à attendre que la Direction de la mine “nous dépanne”. On ne peut plus continuer à être assistés de la sorte. Si nous sommes des adultes responsables et dignes, alors nous devons éviter qu’un jour, la mine nous autoriserait bien à nous rencontrer à Ouggoug,sous la tente, vide, sans aucun rafraîchissement parce qu’elle sera fatiguée de le faire chaque année. Nous devons faire les choses dans la dignité, dans l’élégance.Ces qualités essentielles nous obligent à quelques sacrifices, quelque compréhension. Nous devons anticiper, pour les éviter, les désagréments de notre mauvaise organisation et montrer, enfin, que nous sommes capables d’offrir, à notre tour, la tête haute, au moins les mêmes rafraîchissements. Je sais que je peux compter sur votre sens de l’honneur. Ce ne sont pas mes amis NOURMAN, MERBOUHI, AMEZYANE et ZAKI qui oublieront cela. Ils se préparent déja à la fête de l’été prochain.
  • Les voici, en plein exercice de répétition, pour vous:

Merbouhi et zaki  , déchaînés     

                                     

 

 

  Nourman, depuis qu’il se goinfre de miel.

 

 

 

 

 

      Amezyane impatient                                                                                                

Chers amis,

Une année vient de s’éteindre et déjà la nouvelle nous emporte dans son tourbillon. Je vous la souhaite, du fond du coeur,  clémente et heureuse.

Je n’ai pas sacrifié mes petites virées, malgré le froid, dans ce parc dont je vous ai déja parlé. La photo, ci-dessus, montre la nature dans sa nouvelle parure qui invite à la méditation et au repos de l’âme. J’en reviens, toujours inspiré et serein. Un peu frigorifié, je l’avoue.

Les préparatifs de la rencontre de l’été prochain avancent. Pas aussi rapidement que je le souhaite. Mais, c’est une autre histoire. Histoire de mentalité. Tel un ruisseau qui fend pierres, rochers et obstacles en tout genre, nous avançons avec l’intime conviction que nous réussirons, comme les années précédentes.

Nos camarades du Bureau, à Ouarzazate, se sont réunis mardi dernier. Plusieurs décisions semblent avoir été prises. Je n’en dis pas plus.Peut-être que le Président du Bureau, mon ami et camarade de classe et de génération, MEZIANE MOHAMMED, viendra, ici, sur le blog, vous tenir au courant, lui-même. Je lui laisserais, éventuellement, la page prochaine.

Je voudrais rendre hommage à ma femme que beaucoup d’entre vous ont déja rencontrée. Elle n’est pas marocaine, pas Iminienne, de souche. Elle ne parle pas, ne “cause” pas, n’a pas son blog. Elle a son coeur, sa foi dans ce que nous faisons. Et, elle agit pour que notre belle idée connaisse l’aboutissement qu’elle mérite.

L’année dernière, elle a tout fait pour que nous récupérions du matériel scolaire ( tables, bureaux, chaises, tableaux ) dont son établissement se débarrassait. Les autorisations indispensables, au dernier moment, avaient fait défaut. Cette aventure, dans laquelle elle s’était totalement investie, lui a fait de la peine. A moi aussi et à mes camarades iminiens de la région parisienne, mobilisés pour la cause. Monsieur BENJILANY était, lui aussi, affecté.

Loin de se décourager, elle a repris son bâton de pèlerin, cette année. 

La voici, occupée à préparer ses panneaux. Elle avait décidé d’organiser une petite exposition dans son établissement d’enseignement. Son chef d’établissement est acquise au principe d’une collecte de jouets, en cette fin d’année, au profit des petits Iminiens de Timkkit. Ma femme n’a pas compté son temps. 

 

 Son énergie non plus, elle ne l’a pas ménagée. De jour, comme de nuit, je l’ai vue, pliée sur ses panneaux, sur lesquels elle s’affairait à coller, ajuster  des languettes de papier, des photos, du texte. Du travail, mine de rien.

Voici le résultat de ses découpages, de ses montages

Ce panneau vous éclaire sur ses intentions et sur son engagement .

 Voici les panneaux , une fois terminés, exposés dans le hall de l’ établissement.

 Une Iminienne m’a fait observer que mes articles sont trop littéraires, ce qui expliquerait, à ses yeux, le peu de commentaires qu’ils suscitent sur mon blog. Soit. La même Iminienne ou une autre trouverait le moyen de penser que le travail de ma femme est aussi trop intellectuel.Quoique l’on entreprenne, il y a toujours quelques détracteurs qui ne savent rien faire d’autre que “gicler” quelques “crachats “, éclairs de leur génie.

 Voici les premiers jouets récoltés. Nous remercions tous les élèves qui ont répondu à l’appel.

 

 

  La page entière de mon blog ne suffirait pas à contenir toutes les photos “intellectuelles”.

     

 

           

 

               

 

 

 

 

   Les 150 KG de vêtements que nous avons envoyés à Timkkit, n’ont rien “d’intellectuel”.  Monsieur BENJILANY les a réceptionnés vendredi 25 Décembre, à Ouggoug. Tel que je le connais, il n’a certainement pas pensé que ma femme et moi sommes des “intellectuels”. C’est tout simplement du travail de terrain, loin des prétentions sans lendemain de beaucoup qui ont, pensent-ils maîtrisé l’art du camouflage. Les caméléons sont moins nocifs qu’eux. Les bêtes sont plus utiles.

                                                                                       

                                            

Mes chers amis,

     Le moment est venu de nous préoccuper et de préparer notre rencontre de cet été à Imini. Je vous appelle, tous, sans exception, à vous mobiliser dès à présent, pour que nous réussissions cet événement. Nous devons lui donner plus d’éclat qu’aux  précédents. Je souhaite que chacun, où qu’il se trouve, donne le meilleur de soi pour nous aider à mener à bien ce projet qui tient à coeur à chacun d’entre nous.

     Nos dernières tentatives ont été laborieuses, même douloureuses, pour ce qui me concerne. J’ai souffert de l’inertie générale, des tiraillements, des négligences et des légèretés de beaucoup d’entre vous. On ne peut organiser un événement tel que le nôtre, sans un minimum de discipline et de raison. Il est impossible de réussir une telle opération si chacun se trouve des “raisons” personnelles pour ne pas apporter son concours à ceux qui s’investissent dans les préparatifs de la rencontre. La tâche est extrêmement difficile tant nous sommes dispersés, tant les incompréhensions et même les inimitiés sont encombrantes et handicapantes.

     Alors, enfants d’Imini, un sursaut de solidarité !

     Enfants d’Imini, joignons toutes nos forces, nos volontés, nos sincérités, dans l’élan général, pour notre prochaine rencontre amicale.

     Je reste en contact avec les membres du Bureau de Ouarzazate. Ils se réunissent le premier Janvier 2010  pour décider d’une date et des modalités pratiques de la rencontre. Toutes les informations officielles concernant notre rencontre seront publiées, ici, sur mon blog.

     Le Ramadan est prévu aux alentours de la première semaine d’août. Il est donc impératif que notre rencontre ait lieu en évitant cette période.

     Je vous tiendrai au courant des propositions du Bureau chaque fois qu’il m’en fera part.

     Pour l’heure, admirons ces quelques photos, originales, de notre Bou-Tazoult. Elles proviennent de GOOGLE EARTH.

     Sur celle du haut, vous reconnaîtrez l’”embranchement”. Là où la voie vers Imini quitte la route nationale qui mène à Ouarzazate. Je l’ai annotée par des indications .

                                                        

      Sur celle-ci, vous reconnaîtrez le pont sur l’oued Imini,juste après la descente venant de l’”embranchement”, un peu à gauche. Vers la droite, près de la route, vous verrez les peupliers et le puits qui alimentait Ouggoug et irriguait les jardins de monsieur Moulinot.

     Sur celle-ci, facile. Vous reconnaîtrez, à gauche, sur son promontoire, la maison de monsieur Moulinot.

     Sur celle-ci, vous reconnaîtrez la route qui vient de Ouggoug. Le grand rectangle à droite, c’est, je pense, l’enceinte du cimetière de Timkkit. A gauche, quelques maisons de Timkkit.

  Sur ce cliché, tout est clair. C’est Timkkit. Vous reconnaîtrez le centre du village, les arbres près desquels nous avions planté les nôtres, le virage et ses boutiques.

     Voici la laverie de Timkkit, ci-dessus.

     Enfin, voici le site de Bou-tazoult vu de 3,12 km d’altitude. Si on descend de quelques kilomètres, on voit mieux le village.

     J’ai annoté ce cliché. J’espère ne pas m’être trompé. Si c’est le cas, corrigez-moi.

                                             

     Enfin, cette dernière vue, de plus près, du village. Je l’ai annotée pour un meilleur repérage.

     Les vues générales sont prises de l’espace, bien entendu. Si vous regardez dans le coin droit, en bas, de chaque photo, vous aurez une idée de l’altitude à laquelle le satellite d’observation a déclenché ses appareils.

     Des vues émouvantes, de si loin, qui nous rappellent que nous ne sommes rien sur terre. Pourtant, nous avons vécu dans cette aridité désolante de Bou-Tazoult. nous y avons éprouvé des joies et des peines. Nous y avons construit nos vies, élaboré des rêves, caressé des ambitions. Nous y avons imprimé nos souvenirs, comme nous en avons porté dans nos coeurs.

     Il est temps que ce coin soit réhabilité dans sa dénomination vraie. On ne peut plus continuer à user du terme générique d’”Imini” pour désigner le site de Bou-Tazoult lui-même. Imini est un “ toponyme ” (qui baptise un lieu géographique)  qui embrasse la vaste région qui court le long de l’oued donnant son nom à ses berges, à son cours. Les premiers prospecteurs et dirigeants de la mine  utilisaient l’expression : “Mines de l’Imini “. L’article  “l’”, de contraction, précédant ” Imini “ est significatif, à cet égard. Il induit que l’expression est englobante, c’est-à-dire qu’elle se compose de parties. Les  parties sont  ” Bou-Tazoult ” , Timkkit “, Ouggoug “, “Boulgir “, Assaoud “, Carrière n°6 “. L’expression ” Mines de l’Imini ” doit être lue ainsi: “Mines qui se situent dans la vallée de l’Oued Imini ou dans ses environs “. Bien entendu, baptiser un lieu par une  expression aussi  longue qui le situe ou le définit, dans son extension, n’est pas pratique. Surtout pour le service postal et le format des enveloppes courantes. Par un phénomène de simplification qui caractérise toutes les langues du monde, l’expression “Mines de l’Imini” va connaître des étapes dans sa contraction, dans sa simplification: ” Mines de l’Imini ” va donner : ” Mines d’Imini “, puis “Imini “. Ce phénomène est connu. Ainsi, en français: ” autocar “, deviendra, par simplification due à la pratique orale  de la langue, “car”.  Le mot “autobus” deviendra “bus” ; “métropolitain” sera réduit à “métro” ; le mot anglais “pull-over”, emprunté par le français, deviendra “pull”. J’ai choisi ces termes pour vous montrer que la simplification obéit à des règles, qu’elle n’est pas le fruit du hasard. Cette simplification touche soit le début du mot, soit sa fin. Autrement dit, on assiste à une disparition soit du début, soit de la fin du mot. Quand la disparition affecte le début du mot, on parlera d’une “aphérèse”. Quand la disparition affecte la fin du mot, on appellera ce phénomène une “apocope “.

     Je vous assomme avec les subtilités de la langue. Pardon. Une déformation professionnelle.

     Je reviens à mon appel. Et je vous dis tout mon espoir que chacun apporte sa pierre et contribue, moyennant un esprit sain et de la volonté, à nous aider à réussir notre projet.

     Par avance, j’en remercie chacun d’entre vous.

 

Coup de gueule.

                                                                             

Chers amis,

Le titre de mon article peut paraître incongru au regard des souhaits que je voudrais adresser à tous ceux qui fêtent, aujourd’hui, NOËL. Un évènement que nos anciens Iminiens, Européens, nous ont fait connaître. Une opportunité que nous avions vécue à leur côté, dans la salle des fêtes de Bou-Tzoult. Des moments souvent répétés et souhaités dans le secret de nos petites “goinfreries” de gamins que nous ne sommes plus, hélas.

Du fond du coeur, je souhaite à tous nos amis de joyeuses fêtes. Puissent-elles les combler dans leur vie de tous les jours et nourrir leurs coeurs de toute la spiritualité qu’ils fêtent , en ce jour béni.

Plus de doute. L’hiver s’est bien installé. Je ne m’en plains pas. Il revigore et stimule l’esprit et le corps. La nature, dans son cycle immuable jusqu’à aujourd’hui, n’a jamais prodigué aux hommes que ses bienfaits. Déambuler à travers la campagne enneigée est une bénédiction. En disant cela, je n’oublie pas que des centaines de déshérités, en France, souffrent de la rigueur du temps. Ceux qui dorment sur les bouches du métro, dans les halls des gares, sous les ponts ou des bâches en plastic, ne doivent pas être heureux. Ceux qui sont nés sous une mauvaise étoile, de par le monde, affrontent les hivers, les étés, les moussons, la misère quotidienne, sans grandes ressources, sans avenir.

                                                                                      

Leur avenir comme celui des hommes et de leur planète, vient d’être, de nouveau, compromis, au sommet de Copenhague, au Danemark. Les conciliabules et les tergiversations des plus grands des pays du monde ont accouché d’une souris. Quinze jours n’ont abouti à rien. 192 pays avaient la charge d’endiguer le dérèglement climatique qui frappe la planète. La Chine, arrogante  depuis son admission au club restreint des puissances qui dirigent le monde, a brillé par sa susceptibilité et ses calculs sordides de performances industrielles et économiques. Elle a considéré, lors de ce sommet, qu’elle a à préserver la compétitivité de ses entreprises, qu’elle n’a pas à permettre  un contrôle international de ses émissions réelles du CO², comme l’exigent les USA. Cette pratique de la dissimulation est connue dans les pays totalitaires qui arguent du respect de  leur souveraineté. C’est pourtant au nom de cette souveraineté que se sont commis les pires crimes contre l’humanité, au Cambodge, en Palestine, au Guatémala, au Chili, en Argentine, au Viet-Nam, en Corée du Nord. La liste est longue. Le totalitarisme continue à gouverner les esprits à Pékin. L’intransigeance des représentants de ” l’empire du Milieu” a mené à l’échec cette rencontre de la dernière chance pour la survie de la planète. La Chine s’arcboute sur un argumentaire qui n’est pas dit, mais implicite dans ses positions de repli.Elle tire orgueil  de sa forte croissance dont elle affiche, depuis 1990, un taux moyen, annuel, de 10%, selon la Banque Mondiale. De quoi faire blémir les grandes puissances occidentales qui fleurtent, tant bien que mal, avec  les 3%. Reléguée aux rangs les plus ingrats de la croissance, la Chine a rattrapé son retard. Elle a renoué avec la prospérité en fondant toute son économie sur la source énergétique la plus polluante: celle du charbon dont les réserves sont évaluées à 114 milliards de tonnes, lui assurant plus de 70% de sa consommation d’énergie primaire. On comprend dès lors que la Chine traîne des pieds au sommet de Copenhague. Diminuer ses taux d’émisson de polluants, c’est se voir contraindre à restreindre son train de production et de consommation des énergies fossiles. Une logique économique qu’elle fait passer bien avant l’avenir de tous. En attendant, ses combustions fossiles continueront de dégager d’importantes quantités d’oxyde de souffre, d’oxydes d’azote, de particules, de dyoxide de carbone ( CO2).

Nous tous, nous n’avons qu’à attendre, impuissants, les catastrophes programmées, pour nous et les générations futures.

 

                                                                                        

 

    

 

 

 

                                                                              

Chers amis,

Au moment où je rédigeais le brouillon de cet article, j’ai reçu un commentaire de notre camarade BZIOUI Abdellah dans lequel il nous apprend le décès de sa mère, survenu le 19 Novembre dernier. Prions pour elle et pour la famille de notre camarade.

J’ai recu ce message de mon ami d’enfance, Mostafa AÏT- EL MEKKI:

 

Col du Kerdous le:20/12/2009.

chers amis;
C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris par le biais de mon 
cher ami Berkou Lahcen, la mort d’un ancien camarade d’Imini en 
l’occurrence feu Amezyane Abdelaâziz.

Je saisis cette occasion pour transmettre à ses proches mes sincères 
condoléances.
A Dieu nous sommes, à lui nous retournons.

S/Aït el Mekki Mstapha.
Tafraout – MAROC.
N.B: A cette occasion, je prie les personnes de bonne volonté qui 
ont pris l’initiative de collecter des fonds pour venir en aide  à la 
regrettée personne ou d’autres, de me contacter à l’adresse suivante :
Aït el Mekki Mustapha.
Hôtel Kerdous, B.P:326.
Tiznit-MAROC.
Tel   : 212 528 21 81 52
G.S.M : 212 663 14 14 92
E-mail: informations@hotel-kerdous.com

 

Nous avons tous appris quelques règles de grammaire ou de conjugaison. Le temps grammatical est décliné en passé, présent et futur. Le présent ne pose pas de problème particulier. En tout cas, pour les verbes simples du premier groupe. L’affaire se corse pour les verbes défectueux, irréguliers.

Je n’ai pas l’intention de m’apesantir sur des révisions accablantes. Mais, il me semble que le système verbal a des correspondances dans la trame sociale du temps. Quels rapports entre le système verbal et la société? Ils sont évidents. Le système verbal est inhérent à une langue donnée. Une langue donnée est parlée par un groupe donné. Ce que ce groupe fait de cette langue relève de considérations sociologiques, car toute langue est une réalisation sociale, plus que des performances particulières de la langue. La langue porte trace du monde qui la crée, qui la parle. Elle est le reflet des mentalités et des croyances des groupes et des mondes. La langue traduit les représentations du temps, du cosmos et de la réalité qui lui donne vitalité, en l’enrichissant de ses expériences.

Les langues du monde n’expriment pas le temps de la même manière. Il y en a même qui n’ont pas de temps, du tout, ou qui ne lui confèrent que peu d’importance. Ainsi, les langues des anciens Incas de l’Amérique Latine Pré-colombienne(Bolivie, Pérou, Equateur, Colombie, Argentine, Chili). Les anciens Incas ont laissé leur langue à leurs descendants qui continuent de parler le “Quechua”. Cette langue n’a pas de présent et utilise très peu de passé. Je ne dirai pas que nous avons là une anomalie. C’est une particularité de la langue aussi respectable qu’une autre.

Les langues indo-européennes, dont le français, ont leur système propre. J’ai fait mention du système verbal français, plus haut. Je voudrais ne retenir que le temps du conditionnel. Pour être plus précis, du mode conditionnel. Ce mode  est donné comme celui de l’incertain, opposé au mode du certain représenté par l’indicatif.  Quand je dis: “je viens”, j’exprime la certitude de l’action. Dire” je viendrais“, souligne le caractère aléatoire, incertain de l’action.

Ce conditionnel est déroutant. C’est un futur. Un futur dans le passé.

Ainsi, dire: “il disait qu’il viendrait”, c’est poser que les deux actions “dire” et ”venir” sont bien situées dans le passé matérialisé par  l’imparfait du verbe ” dire” et le conditionnel présent du verbe “venir”. Les marques morphologiques du futur se lisent dans la terminaison du verbe “venir”. Mais ce ne sont pas les mêmes marques que dans le présent. Au présent, la phrase serait: ” il dit qu’il viendra”. Ici, le futur est envisagé par rapport au système du présent. Dans le cas précédent, le futur est bien celui du système du passé.

Ce futur lié au passé est intéressant. Les nations, qu’elles soient de tradition écrite ou orale, ont toujours associé leur devenir à leur passé. Les cultures où le culte des anciens est vivace, font appel aux ancêtres ou à leurs esprits, pour interpréter leur monde et se projeter dans l’avenir. Les civilisations de l’écriture ont consigné dans leurs livres d’histoire les faits et hauts faits de leurs sociétés qui cimentent leur cohésion sociale et servent de repères identitaires dans lesquels chacun se reconnaît et à travers lesquels tous se projettent, en le préparant, dans l’avenir.

En science astronomique, le défi de ces deux derniers siècles est de remonter le temps, vers le passé, pour mieux comprendre le présent et se préparer aux aléas du futur. La théorie du BIG BANG mobilise les plus grands laboratoires  aujourd’hui. D’autres chercheurs de l’infiniment petit s’échinent à comprendre le fonctionnement de l’hélice de l’ADN. Une façon de remonter le temps, jusqu’aux origines de la vie.

Le passé est important. Si important que des révisionnistes lui font subir toutes sortes de manipulations.

 Le passé ne doit pas nous laisser  indifférents, nous, les Iminiens. C’est notre héritage, en partage. Ceux qui ont forgé l’histoire d’Imini sont toujours parmi nous et attendent que nous écrivions leur histoire. Leur présent, qui est notre passé, mérite que l’on ne néglige pas de le rendre au présent pour que l’avenir s’écrive, à son tour. On ne peut y arriver que si nos dispositions s’y prêtent, nos volontés ne s’inhibent pas au moindre accroc, au frétillement de quelque doute. Le passé porte en lui, comme une inscription fondue, les prémisses d’un futur à construire. Il nous faut bâtir, comme nos anciens.

Le père de NOURMANE, connu pour son intégrité, son humour réputé. Parti, lui aussi, comme beaucoup d’autres. Il contribue, avec eux, à écrire l’histoire, à perenniser l’âme d’Imini. Monsieur TRAMOY ne se lassait pas de répéter au père de notre ami ABDALLAH NOURMANE la phrase suivante: ” Ce n’est pas normal, NOURMANE”. Avec l’accent du pays, la rigolade était assurée. 

  Mon souhait est que ce portrait soit le premier d’une longue série. Il faut que l’on constitue une banque de données de nos anciens. Avec leurs matricules et une biographie succinte. Nous leur devons bien cela.

 

         Monsieur TRAMOY, justement, le voici, à droite sur cet autre  cliché , avec d’autres anciens  que je ne reconnais plus.Peut-être que le gars au chapeau serait LOPEZ. Il nous entraînait au baskett. Un gars sympathique et très exigent. Lui aussi nous a beaucoup appris : la rigueur, l’exactitude aux rendez-vous de matchs, l’élégance au jeu. Si c’est bien lui, il me fend le coeur. Qu’est-il devenu, aujourd’hui? Où est-il? J’aimerais bien le savoir.

 Celui du milieu, je le reconnais; son nom est sur mes lèvres, mais, rien à faire, ça ne sort pas. Je me souviens qu’il buvait beaucoup. Rigolard, il était loin d’être pétrifié de rectitude janséniste, comme semblait être Mr. TRAMOY. Janséniste ou pas, Mr TRAMOY avait su se faire respecter de tous les ouvriers. Un respect mâtiné de quelques frayeurs, tant le bonhomme ne tergiversait pas dans le boulot. Par affection, par moquerie, souvent, les ouvriers l’avaient surnommé ” AMJJOD”, le teigneux, le “dégarni”. Beaucoup avaient regretté son départ. Qu’il repose en paix, avec ses camarades de fortune.

                                                                                          

 Une autre photo  que notre ami Jean-Claude m’a fait parvenir. Elle interessera ceux qui ont fait école avec lui. Jean-Claude, il est sur la photo du haut, en couleur. C’est lui qui tend la main. A sa droite, sa soeur Lucette. De face, Victor. Je revois, ici, victor, trente ans plus tard. Il a toujours l’air d’un play-boy ou d’un dandy; toujours élégant et fier comme l’espagnol qu’il est. Un garçon serviable et très attachant. J’aurais grand plaisir à le revoir. Peut-être pendant les fêtes de fin d’année. S’il vient. Il est en Guyanne.                 

Bien évidemment, je ne connais personne de ce groupe. Ce n’est pas l’école musulmane, comme on disait, à l’époque.

Nos amis européens, peut-être, sauront qui est qui. Je les invite à regarder cette autre perle. Je finis là. Auparavant, je redis encore toute ma gratitude à Jean-Claude pour ces belles traces de notre passé commun.

Je reconnais Mr MOCKY (est-ce la bonne orthographe?). Ce petit homme, rondouillard et jovial,  toujours un mégot au bec  menait le service administratif et social, de main de maître. Deux souvenirs de lui me marquent profondément :  le premier  a trait à une expérience peu commune. Comme la plupart des anciens, Mr MOCKY, nous surveillait d’un oeil bienveillant. Quand il nous voyait “traîner” dans le village ou agglutinés au pied d’un tamaris (“tammayt”), près du pont de “talat noumzil”, il nous houspillait et nous sommait de rentrer à la maison faire nos devoirs. Une fois, il m’avait entouré de son bras, affectueusement et,  marchant et discutant, je me suis retrouvé avec lui, devant le boucher dont j’ai oublié le nom. C’était le premier artisan qui s’était installé au village, près du four (afferrane n’OUMSOUNT), fraîchement inauguré, lui aussi. Avant eux, pas de boucher, pas de four. Le pain était affaire de nos mamans qui avaient dans le jardin ou contre le mur de la “Brraka”  de ” Rb3in” (barraquements 40), un four en pierre et torchis. Le pain sur pierres chauffées, la “Tannourt”, le pain fourré à la graisse de mouton, au piment fort, aux oignons et à la tomate, au poivron, variaient ainsi le quotidien. Quant à la viande, à cette époque (je parle des années 50-55), un luxe rare. C’est à cette époque, également, que j’étais pénétré de l’idée et de la réalité du poids des conditions de classe sociale. La hiérarchie sociale était bien établie à Imini. Du fait de la diversité des catégories retenues par la Sacem pour différencier  les ouvriers. On ne parlait pas encore des “TAMCA”. Il y avait les ouvriers payés à la “Tâche”, les saisonniers, parmi lesquels de nombreuses femmes(à l’époque la Sacem embauchait à tours de bras). Ceux-là étaient les paria, les moins nantis, les “invisibles” du système. Ils ne comptaient pas. Les suivaient les ouvriers payés à la semaine, mieux considérés que les premiers. Venaient ensuite ceux qui étaient payés à la quinzaine, mieux lotis que les seconds. Ceux qui étaient payés au mois étaient exclusivement eEuropéens, ou quelques rares Marocains. Le père de notre ami FAÎQ  (ROUDANI) était de ceux-là; j’en oublie d’autres. La hiérarchie était  ainsi composée. Ceux d’en- bas n’aspiraient qu’à troquer leurs cartes de travail (rouge, bleue, blanches), contre  un sort meilleur, un statut prestigieux, reconnu, dès lors qu’ils passaient à la paye au mois. Beaucoup de nos parents ont connu ce parcours. C’était donc Mr MOCKY qui gérait tout ce monde. J’avais eu l’occasion de me rendre dans son bureau pour lui déposer une demande d’avance sur quinzaine pour mon père. Demande que je rédigeais moi-même, dans le français approximatif du gamin que j’étais. Mais, je crois que j’avais impressionné Mr. MOCKY. C’est à ces occasions, je crois, qu’il s’était pris de sympathie pour moi.

Nous voici donc devant le boucher. Mr. MOCKY s’achète de la viande qu’il se fait couper en minuscules dés. Il se met à les consommer tout naturellement. J’en étais ébahi. Il m’en propose. Quelques instants d’hésitation, puis je me mets à arracher du bout des dents la viande saignante. Un peu salée, mais digeste. Depuis, le steak tartare ne me rebute plus.

Le second souvenir remonte aux années  58- 59, je pense. La Sacem avait décidé de remplacer les dossiers administratifs de tous les ouvriers. Dossiers qui, à force d’être manipulés, avaient fini par se détériorer. L’ idée a germé dans l’esprit d’un génial individu. Je ne sais pas qui. Mais il mérite tous les éloges et ma reconnaissance. Etait-ce Mr. MOCKY? Toujours est-il que c’était lui qui nous avait recrutés, mes camarades d’école et moi, pour recopier tous les anciens dossiers sur de nouvelles et belles chemises doubles, cartonnées. L’opération s’était déroulée au courant de l’été 58 ou 59, je ne me souviens plus très bien. A la fin de chaque semaine, Mr. MOCKY nous payait  1 Franc de l’époque (20 Rials par jour: Une fortune quand on pense que louer un vélo au “cycliste” valait 4 Rials de l’heure, que l’entrée au cinéma en valait autant, que les billes en verre coûtaient 2 francs” Zouj franq”). A l’époque j’étais nettement plus riche qu’aujourd’hui. Pensez que c’était avec ma paye que je m’étais acheté, sur la place du village, près des douches des ouvriers, le livre ” MAQÄMÄT Al HARIRI”. Des bouquinistes venaient périodiquement à Bou-tazoult, suivis de cohortes de marchands, de conteurs, de chanteurs, de Gnaouas, de ÄÏSSAOUA, de  HMADCHA et autres “OULAD SIDI HMAD OU MOUSSA”. Une féérie à Bou-Tazoult. Un passé à jamais révolu. De simples mots suffisent-ils à le ressusciter?

Un dernier mot, mes amis. Il est 4 heures du matin. Je vacille. Tant pis, je ne relirai pas ce texte. Votre indulgence pour d’éventuelles fautes d’orthographe. Sur cette dernière photo, je ne peux laisser dans l’ombre, un autre homme de valeur. J’ai nommé le père NORBERT. Parler de lui, aussi, prendra du temps. Je n’ai plus d’énergie. Je vous laisse pour cette fois-ci.

                                                                          

Chers amis,

 

Le décès de notre camarade Abdelââziz Amezyane est encore bien trop récent pour que les mots me viennent. Abdelââziz est fauché dans sa jeunesse. Très peu de réactions parmi vous. Je le déplore, amèrement.

Que faut-il qu’il advienne de si grave, de si pathétique, pour que votre sensibilité, vos sentiments, se manifestent?

La mort de notre camarade  nous ramène à nos tous débuts, à nos enfances, quelques-unes partagées, d’autres, frôlées. Ce qui surgit, c’est Imini, bien sûr. Mais, Imini,  ce n’est plus Imini, nous-mêmes, nous ne sommes plus nous-mêmes. Que reste-t-il de tout cela? Pour nous tous, la nostalgie, ce souvenir teinté d’amertume pour ce que nous avons laissé, pour ce que nous avons perdu. Il reste ces images que certains ont eu la bonne idée d’avoir conservées puis exhumées du fond du temps et de ses aléas.Et qui nous les offrent.

MERCI à Jean-Claude SANCHEZ.

Les Iminiens nés après les années cinquante ne le connaissent pas. Jean-Claude est un Iminien, presque de ma génération. C’était surtout  son aîné  Victor que j’avais côtoyé. La première fois, à l’occasion d’une course sportive  qui opposait les élèves de Monsieur Romano à ceux de l’école Européenne. On se mesurait deux à deux. J’avais dû affronter Victor . Cela se passait à hauteur de ce qui était le bureau de l’état-civil. Je ne vous dirai pas qui avait remporté l’épreuve. Victor avait une belle paire d”espadrilles” ( Sberdila). J’avais couru pieds nus, sur le bitume. La belle époque!

Un témoignage ? Les photos que je vous propose, gracieusement envoyées par notre ami Jean-Claude. Celle du haut est intéressante, à plus d’un titre. L’endroit où  cette photo a été prise ne signifiera rien pour les plus jeunes d’entre nous. Il s’agit de AMERZGANE, tel que je l’ai connu. Je revois le garage de la CTM devant lequel, en ce temps-là, était dressée une “pompe à essence”, manuelle. AMERZGANE était un important carrefour, très animé. J’avais passé une nuit à l’intérieur de ce garage avec mon ami L’haj DZAGUISS, en 1958, je crois. On se rendait à Ouarzazate pour aller chercher des extraits de naissance, réclamés par Monsieur Romano qui nous présentait, cette année-là aux examens du Certificat d’Etudes et à l’entrée en sixième.

La photo m’émeut car j’y retrouve quelques visages que j’ai connus. Je pense que le premier personnage, au premier plan, à droite est le père de notre ami ZAKI Nour-Eddine. J’espère ne pas me tromper. Quant aux autres, je reconnais des traits, mais les noms m’échappent.

Tous ces ouvriers semblent participer à un défilé. Leur alignement, leurs costumes des grands jours et leur bleu du travail, la présence des gendarmes, au fond, à gauche, le drapeau et quelques téméraires accroupis sur un mur, en hauteur, tout ce monde attend un évènement. Je pense qu’il s’agit du passage de Feu Mohamed V, lors de sa tournée dans la région. Je me souviens que Monsieur Romano nous avait emmenés, dans un véhicule de la mine, applaudir le cortège royal. C’était juste à côté de “l’arc de triomphe”, à l’embranchement d’Imini. C’était là que j’avais vu, pour la première et la dernière fois, ce Roi de légende. Attention, quand je dis “Arc de triomphe”, n’allez pas vous imaginer qu’il rivalisait avec celui de la place de l’Etoile, à Paris. Non, mais il nous subjugait. Les ouvriers l’avait dressé en utilisant les branches et les feuilles de palmiers verdoyants, surmontés de drapeaux marocains rutilants. Ces drapeaux que les militaires français nous interdisaient de brandir, même de posséder, à Imini. Comme d’ailleurs de posséder un poste de T.S.F ( Transmission Sans Fil), acronyme d’un poste radio. Vous pensez bien que les Transistor n’existaient pas, à l’époque.

Plus que des témoignages,des photos comme celles que j’ai reçues de Jean-Claude, ne manquent jamais de me bouleverser. Des clichés représentant nos parents sont rares. J’entends par “parents”, tous ces ouvriers qui nous ont vu grandir, que nous avons côtoyés et qui nous ont marqués. Leurs visages, à défaut de leurs noms, imprègnent nos mémoires. Et, puis, à chaque fois, c’est un flot de souvenirs qui me bouscule, et j’ai envie de retourner en arrière. Une schizophrénie douce. J’ai toujours envisagé de constituer un album des anciens ouvriers d’Imini, accompagné de leurs biographies. Cet été, j’ai demandé à Monsieur BENJILLANY si la mine avait conservé des archives pour entreprendre ce travail. Hélas, plus d’archives. J’enrage comme un chien marocain,l’expression est de mon ami Aït-El Mekki mostafa. Les Français ont constitué des archives, les ont conservées jusqu’à leur départ. Nos compatriotes qui ont assuré la relève ont tout dilapidé. Des photos, des cartes de travail, des dossiers médicaux, des dossiers administratifs, tout a connu le même sort qui gangrène le pays tout entier: la prédation et la prévarication.Un malheur qui nous poursuivra longtemps.

  

Solidarité, un vain mot ?

Chers amis;

Le coeur est gros. Je ne trouve pas aisément mes mots. La douleur est forte. Nous venons de perdre un de nos camarades.Dans un tragique accident, survenu le lendemain de l’Aïd El Kabir. Un triste sort a frappé une des familles d’Imini. Je m’incline devant la peine des orphelins, de la veuve et des parents de notre défunt ami, Abdelââziz AMEZYANE dont voici un portrait, saisi par ma femme, lors de notre première rencontre, chez MERBOUHI Hassan, en Juin 2008. Un garçon attachant, tout de discrétion. La bonté émanait de lui, comme, du reste, une profonde sympathie. Je ne l’ai rencontré qu’à cette occasion et je regrette que nos pas ne se soient plus croisés. Il méritait d’être mieux connu. Il est parti, comme d’autres. Un jour,qui le suivra? Mais qui se soucie de ce jour-là? La vie continue . Pour beaucoup d’entre nous,dans la banalité des jours, dans la stupidité des heures qui nous emportent vers notre destin.

Abdelââziz s’en est allé, malgré lui, mais, dans le sillage de son destin à lui. Il laisse trois orphelins, jeunes, et leur mère dont je mesure le trouble et l’émotion. Il laisse des parents à leurs larmes, pour toute consolation. Hassan AMEZYANE, bouleversé, s’est précipité à Marrakech, pour rendre ses hommages à son jeune frère. Ma sympathie pour lui et les siens.

Que nous reste-t-il, nous, enfants d’Imini? Je vous le dis: rien

Rien, si nous ne savons pas nous émouvoir des malheurs de chacun d’entre nous. Rien, si nous nous murons dans l’indifférence au sort des uns et des autres. Rien, si nous ne savons manier que l’anathème, ou l’art du traquenard, ou l’amertume des jaloux.

Rien, si nous ne savons pas faire preuve de solidarité avec les nôtres, avec nous-mêmes. Il y a bien des hommes, des femmes, nés à Imini, enfants d’Imini!!! Je le sais! J’en ai rencontré.’

Alors, enfants d’Imini, enfants de mineurs, d’ouvriers et de paysans, enfants de Timkkit, de “L’filag”, de Tighermine, d’Ouggoug, de N’emirou stta, de Boulgir, de Bouwazzar, de talatnoumzil, de tamda ousqor, ouvrez vos coeurs à la douleur, ouvrez vos coeurs à l’espoir, à la compassion.

Nous devons aider la famille de notre ami disparu.

Nous, Iminiens de France, avons décidé d’ apporter notre soutien à la détresse des enfants de Abdelââziz. Abdallah NOURMANE se charge de la collecte de fonds qu’il fera parvenir à la veuve et aux orphelins.

J’en appelle à vous, tous, pour que cet élan de solidarité soit celui de tous et qui  honore chacun et tout le monde. Nous ne pouvons pas laisser des gens de chez nous dans l’indifférence générale.

Que chacun, selon ses moyens, vienne répondre à cet appel,solidairement et humainement.

Ceux qui vivent au pays peuvent prendre contact avec nos amis LABIOUI Moulay Driss ou Rachid TAOUZI, membres du bureau officiel constitué l’ été dernier. Ils collecteront vos dons qu’ils verseront à la famille de notre défunt camarade. Je vous donne les téléphones:

Rachid Taouzi:                             06.34.36.473

LABIIOUI Moulay Driss:     06.24.98.169

* n’oubliez pas de vérifier la nouvelle numérotation.

 Du fond du coeur, je vous dis merci pour ce que chacun pourra faire.

Info de dernière minute:

Je viens de recevoir, du bureau élu, le message suivant:

بسم الله الرحمان الرحيم
كل نفس دائقة الموت
يتقدم أعضاء جمعية قدماء مدرسة امني أصالة عن أنفسهم ونيابة عن جميع ابناء امني
بأحر التعازي الى عائلة الفقيد أمزيان عبد العزيز.سائلين الله له المغفرة والرحمة و الفردوس الاعلى
ولعائلته الصبر و السلوان.
انه بالاجابة جدير.وانا لله وانا اليه راجعون.
عن المكتب

 

           

CHERS AMIS,

Abdallah NOURMAN m’avertit aujourd’hui, lundi 30 Novembre, du déçès de Abdelââziz AMEZYANE, frère de notre ami Hassan Amezyane.

Je suis consterné, mais la volonté de Dieu passe. Abdelââziz était encore jeune. Je prie pour lui et j’adresse toute ma sympathie à Hassan, sa famille, aux  orphelins et à la femme de feu Abdelââziz.

Que chacun se souvienne de notre camarade Iminien! Et de tant d’autres, partis, eux aussi!!!!!

 

 

                                                                                                                                                              

  Chers amis,

J’avais commencé un texte que je n’avais pas pu terminer en son temps. Je m’en excuse. Cinq mois au pays m’ont en éloigné. Je l’ai repris et terminé. Je vous le livre en vous en  espérant une bonne lecture.

Remarque: La mise en page n’est pas des plus heureuses. Pas de photos. Il n’y a pas que les photos dans la vie. Moi, je peux très bien m’en passer. Le texte, long, justifie ses manquements.

  

                «  Deux choses sont infinies : l’univers et la bêtise humaine »

                                                          ( Einstein )

 

 

 

1.     De l’illusion

    Une abstraction, comme un vœu pieux, traverse la société marocaine : la certitude de s’être installée, définitivement, dans la «  modernité ». Une «  modernité », visible, évidente, me répète-t-on. La pensée commune s’entête et l’affirme comme allant de soi  dans un pays où la hauteur de chaque immeuble, ses façades rutilantes de ses arabesques, le dispute aux belles terrasses des cafés inaugurées à chaque coin de rue, ourlées d’îlots de verdure, artificiels. (Mais, de bibliothèque, point). La modernité trouverait aussi ses signes manifestes dans les grosses cylindrées noires ou gris anthracite, symboles de la réussite sociale, attributs emblématiques d’une « modernité » assumée par une élite endimanchée à tout crin, entraînant, dans son délire de flamboyance grossière et tapageuse, les plus déshérités mais non moins enclins à tous les excès, à  tous les travers de l’apparat.

    Les arêtes ou les coupoles des villas, les programmes urbanistiques ou les résidences enclavées des classes moyennes, cernées de vigiles, dénotent, certes, une accession de ces  classes au panthéon de la consommation des biens d’équipement moderne. L’on ne peut, raisonnablement, inférer de ces nouveaux modes de vie une quelconque appropriation des caractères ou des codes  définitoires de la modernité. L’équation est fausse de vouloir établir, de fait, une adéquation mécaniste entre l’appropriation des signes d’un mode de vie contemporain, urbain et la revendication de ceux de la modernité. Le pas est abusif. Cette conception vulgaire et non raisonnée de la modernité induit  un syllogisme des plus douteux, comme tout syllogisme faux. Le raisonnement syllogistique  déroule ainsi ses prémisses et sa conclusion :

    a.    la modernité, c’est l’acquisition, voire l’accumulation des biens

             d’équipement ou de consommation, propres au monde moderne.

     b.   Or, ces biens, je les possède et j’en jouis.

     c.   Donc, je vis, de plein pied, de plein droit, dans la modernité.

 

2.     De la modernité

     La modernité ne se dévoile pas sur les murs, les enseignes, ne se rencontre pas dans les parcs, ou les supermarchés ou  sur les réseaux autoroutiers. Pas plus qu’elle ne se laisse réduire aux artefacts de la consommation, aussi moderne soit-elle.

    Elle se donne à  lire dans l’aptitude à une bonne et authentique gouvernance, au niveau politique, comme elle s’appréhende dans les capacités d’une société à se construire un espace   de citoyenneté qui  met en scène l’individu souverain dans ses actes et dans ses engagements, à condition que ceux-ci soient gouvernés par la raison et affranchis de toute transcendance. La raison confère à l’individu sa pleine liberté de citoyen qu’il exerce en convoquant, dans l’exercice de la liberté, l’expérience des limites qu’elle lui impose. On ne conçoit pas  une liberté qui nie celle des autres ou qui la contrarie. C’est un lieu commun. La liberté est un continuum où les contigüités de ses représentations ou de sa pratique collaborent à édifier un espace civique où s’assument les droits et surtout les devoirs inhérents au principe de responsabilité citoyenne. Penser son individualité et faire valoir sa liberté, c’est  assurément une façon de se tourner vers la modernité. On pourrait objecter à cette proposition que les sociétés traditionnelles revendiquent ces caractères réservés à la modernité. Les sociétés traditionnelles règlent leur présent sur  l’invocation de leur passé. Leur présent n’est qu’une contextualisation de leur passé, à travers les rites, les coutumes, les traditions, intériorisés. La modernité n’est pas donnée une fois pour toute. Elle ne connaît pas l’immuable. Elle admet, et même, appelle les ruptures. On n’est pas installé dans la modernité quand le poids, les lourdeurs du passé gèrent le présent et l’avenir. La modernité est un projet  d’émancipation sociale, sans cesse renouvelé. Un projet inachevé, comme le dit Habermas et qui a le mérite d’inciter à une constante remise en question de soi,  des normes et des  valeurs sociales. Entrer dans la modernité, c’est, tout simplement, vivre avec son temps.

3. De l’espace

    De tout temps, les sociétés humaines ont œuvré, chacune dans sa singularité,  à l’édification d’un espace public, enjeu de leur cohésion sociale. Des grottes du Néolithique aux steppes de l’Asie centrale, aux savanes africaines, à la place de mai en Argentine, en passant par  l’Agora des Grecs, les sociétés humaines, selon leur génie, ont construit leur espace public, en y privilégiant une aire de pratiques et de représentations visant à  une régulation  des mœurs et des conduites des groupes sociaux. Les Grecs, bien évidemment, ont marqué l’histoire universelle. On a davantage retenu l’Agora que le baobab ou l’arbre à palabres des sociétés africaines traditionnelles. Le modèle grec a inspiré l’espace social de l’Europe, comme il lui a fourni les fondements de ses démocraties, politiquement parlant.

    La structuration de l’espace public en tant que champ de l’agir individuel et collectif est consubstantielle des enjeux de société qu’il porte et incarne. Un espace régi par des velléités coercitives inhibe les réseaux d’interactions des hommes, leur volonté, leur liberté et force à une crispation des mentalités. Un tel espace, de forclusion, génère de la violence, intériorisée ou flagrante, parce que  les hommes ne s’y reconnaissent pas, ne le reconnaissent pas comme « un bien commun » selon l’expression de Aristote.

4. L’espace marocain……

    L’espace marocain ne souffre plus de ces coercitions d’antan. Mais il continue de porter les stigmates d’un régime défunt. Il peine à se libérer de lui-même. Enchaîné aux réflexes de survie, il manifeste encore toutes les turpitudes et les contradictions d’une société à la dérive. Marqué par son histoire, il avait tourné le dos aux principes de démocratie ou de citoyenneté, initiés par le monde hellénistique qui convoquait ses citoyens sur l’Agora.  L’espace marocain  est loin  d’avoir atteint un semblant de citoyenneté.  C’est bien un espace public, comme une jungle est une jungle. L’individualisme s’y est incrusté avec cette violence qui caractérise la prédation. Le fort y est fort, le faible y est faible. Les deux y sont liés par ce fatal attrait du prédateur pour sa proie.

5. Un espace à irresponsabilité illimitée[1]

    Livré à la raison du plus fort, l’espace public marocain prédispose à une mentalité agressive du « bec et de la griffe », selon la formule de Jean-Marie PELT. Le principe qui régit les relations individuelles se résumerait dans ce mot d’ordre, résonnance d’un écho primitif, forgé par le même PELT : « Mangez-vous les uns les autres »[2]. On serait en peine de déceler dans cet espace, la figure du citoyen responsable, respectueux  de lui-même, des autres et  du bien commun.

    Le paradoxe de l’espace public marocain, c’est qu’il se réclame d’un changement longtemps espéré, enfin advenu, en même temps qu’il mobilise et convoque, pour son fonctionnement, des attributs de stéréotypies de comportements et de conduites archaïques ou anachroniques. Le changement n’est que représentation de façade, mais  les mentalités demeurent les mêmes, au point qu’il n’est pas abusif de penser que l’espace public est gangréné par cette contradiction : changer pour rester le même ou rester le même dans le changement. Une quadrature du cercle. L’espace public marocain a sa propre grammaire. Il s’y pratique une conjugaison rigide de l’un sans les autres, sans  le tout.

6. Corpus de « l’irresponsabilité illimitée »

    Tout espace livre un aperçu des mentalités qui l’investissent.  Il en est le reflet, en porte les marques. L’espace a ses règles. Celles du  vivre ensemble, celles d’une bienséance, d’un savoir-vivre. C’est ce socle qui fonde la garantie d’un espace civique, stable, gage d’une société apaisée digne avec ses hommes, à leur tour dignes de cet espace. Cette réciprocité s’avère un leurre, à l’examen des occurrences suivantes :

          1.       Inutile de rouler en voiture en respectant la limitation de vitesse. Vous essuieriez les foudres  de tous les usagers de la route.

           2. Ne vous croyez pas en sécurité si vous gardez votre droite. On viendra vous doubler à votre extrême droite, pour se rabattre devant vous. Un bras d’honneur sera votre lot, si vous protestez derrière votre vitre.

          3. Ne vous avisez pas d’essayer de traverser la chaussée, si vous êtes piéton. On ne vous laissera pas passer et vous vous entendrez traiter de tous les noms d’oiseau.

          4. Ne croyez pas que la ligne continue vous garantit la vie. Vous êtes doublés par des véhicules qui chevauchent allègrement la ligne jaune. Et, dans les deux sens : derrière vous et en face de vous.

          5. Ne vous placez pas derrière un véhicule arrêté à un « STOP ». Vous perdriez votre temps. Le gars, confortablement installé dans son 4X4, a arrêté le moteur de son véhicule. Lunettes noires, costume trois pièces, manifestement bronzé aux UV, il téléphone. Il vous foudroie du regard le plus méprisant et continue son manège, sans état d’âme.

          6.  Ne levez jamais les yeux au ciel quand vous déambulez  en ville. L’asphalte, aussi bien que les trottoirs,  sont souillés de crachats et de glaires peu ragoûtants.

            7. Ne cherchez pas le sens de la queue dans une banque, une administration ou chez un              commerçant. Il n’y en a pas. La file n’existe pas. Elle n’est pas en profondeur. Elle s’étale sur toute la largeur du comptoir. On pousse des coudes ; on passe au-dessus de vous des documents, des chèques, pour vous voler votre tour.

          8. Ne vous étonnez pas de voir un flic chaleureusement entouré du contrevenant, de son copain et de ses cousins. Les flics adorent le contact humain. Les contrevenants aiment se frotter, de très près, aux flics. Les flics, c’est connu, ce sont des gentils, même flanqués de leurs radars, postés au bout d’interminables avenues où ils semblent attendre d’autres cousins, d’autres meilleures grivoiseries.

          9. Si vous ne démarrez pas au quart de tour, au feu vert, les autres vous aboient dessus, en lâchant sur vous leurs klaxons rugissants. C’est que le Marocain est pressé. Il n’a pas de temps à perdre. Il participe au développement du pays.

          10. Ne croyez pas qu’un sens unique (panneau d’interdiction) vous garantit la libre circulation. Le gars que vous rencontrerez, remontant le sens interdit, ne vous laissera pas le passage. Il est pressé et n’a pas le temps de faire le pâté de maison. Alors, il économise son temps, en coupant au plus court. Il est prêt à tout. Gare au gourdin que la plupart des Marocains planquent dans leurs voitures.

        La liste de ces disfonctionnements et de ces manquements est longue, malheureusement. Ce corpus  suffit pour illustrer l’étendue du désastre. La vague d’incivilités ne semble épargner personne. S’il se trouve quelques uns à s’émouvoir de ce fléau, rares sont ceux qui joignent la parole aux actes de cohérence. L’indignation n’est pas un sentiment partagé. Comment pourrait-il en être autrement, l’outrecuidance, la déviance, le système D, l’obséquiosité, la corruption, étant  des traits largement diffusés dans les esprits, profondément intériorisés ? Un espace public qui syncrétise autant de travers est atteint,  malade de lui-même. L’impuissance à juguler cette hémorragie  des normes et des  valeurs morales atteste bien que le mal est profond.

Comment expliquer ce désordre, ce chaos ?

7. Vive le « JE »

    Nul doute que l’avènement de Mohammed VI aura débridé les esprits longtemps aliénés, réhabilité la parole injustement confisquée, fait éclater nombre de tabous. L’évènement est d’importance. Mais, comme la boîte de Pandore, il n’aura pas répandu que des bienfaits. Il aura provoqué, dans son sillage, ce que les stratèges, d’un euphémisme douteux, ont nommé « des dégâts collatéraux ». Recouvrant leur liberté, les Marocains, encore maladroits dans le délicat exercice des libertés auquel ils ne sont pas préparés, ont versé dans tous les excès. Désormais, la liberté est perçue comme un sauf-conduit pour toute forme de débordement. Le Marocain, hier séquestré dans le noir obscur, revendique, tapageur et forcené, un individualisme tenace et démesuré, violemment aveuglé par le nouvel éclat. Rien ne doit plus pouvoir contrarier ce que le Marocain découvre avec délectation : sa liberté, cette faculté non monnayable qui l’autorise à braver tout et tout le monde. Le bon sens a abdiqué devant une telle conquête. Et, tandis que certains caciques de l’ancien régime, rasent les murs, le Marocain, exultant, crie sur les abords du cortège royal « Vive le Roi », pensant secrètement, bravache, «  Vive le JE » (une heureuse formule de Claude ROCHET). L’espoir d’une conscience collective de ce que devrait être « le bien commun », s’en est trouvé davantage fragilisé, le cédant à un égo surdimensionné, source des convulsions qui secouent l’espace marocain.  « C’est mon droit », « J’ai le droit », « Je fais ce que je veux, où je veux, comme je veux, quand je veux » est le nouveau paradigme, la nouvelle ossature qui charpente cette forme de pensée unique, anarchique, anarchisante et structure les comportements déviants qui lui sont sous-jacents. La morale s’emballe dans les remous de cette frénésie de l’affirmation du  Moi qui évacue de ses impératifs les contraintes  d’obligations et  de devoirs inhérents au principe supérieur de responsabilité[3].

8. La basse-cour

    La fracture est réelle. Ses lignes sont nettes.

    La classe moyenne, aux contours encore indéfinis au Maroc[4], aime bien afficher son statut et ses privilèges, légitimes et prétendus comme tels, toujours de manière ostentatoire et souvent vulgaire. Elle ne semble pas avoir fait sien l’adage de prudence : « Pour vivre heureux, vivons cachés ». Attitude de classe et de parvenus en mal de reconnaissance, qui aspire à un double effet de distanciation et de proximité. Au premier, est dévolu le rôle de maintenir et d’accentuer les écarts symboliques de classe en déployant des attributs matériels réputés hors d’atteinte des couches sociales à revenus faibles. Au second est affectée l’ambition d’affirmer la maîtrise des codes sociaux des classes dirigeantes détentrices des modèles dominants du marché symbolique du pouvoir. Obnubilée par son désir d’assimilation,  la classe moyenne pêche par excès de zèle, adopte, puis adapte, surtout, dans leur forme caricaturale, les traits distinctifs convoités. La voiture en est un exemple emblématique, parce qu’elle permet, grâce à son rayon d’action, à sa visibilité, une meilleure diffusion  des manières et des manies qui font sa marque de fabrique, son « appellation d’origine contrôlée ». La classe moyenne n’a pas l’âme écologique. Les pays industrialisés portent  leurs efforts sur la réduction de l’effet de serre qui hypothèque l’avenir de la planète. En matière automobile, les constructeurs ont opté pour des  véhicules à faible consommation d’énergie, sous la pression de l’opinion publique avertie et des courants du développement durable. La classe moyenne, elle, affectionne et  collectionne les marques cotées, en particulier les « quat’quat : 4X4 » , gourmands et polluants. Qu’à cela ne tienne, la parade n’a pas de prix. Il s’agit de montrer les accessoires fétiches d’une proximité au pouvoir central. Et, comme deux précautions valent mieux qu’une, un soin particulier est apporté au choix de la couleur des véhicules. Qui a dit que le noir n’est pas une couleur ? Si, si ! Celle des cortèges royaux, des officiels et des habitués des Méchouars, ou des cabinets occultes. En un mot, du Pouvoir. C’est bien de cela qu’il s’agit. La classe moyenne entend bien faire savoir qu’elle a du pouvoir. Le pays résonne  des cris de sa basse-cour. Le pouvoir d’achat n’est qu’anecdotique pour elle, même si elle tire le diable par la queue, comme tout le monde, dans le secret des découverts bancaires ou des crédits à répétition. Donner le change est le mode opératoire de cette élite. Tout est dans une  représentation théâtrale, tragi-comique. Cet « habitus »[5] est poussé dans son expression la plus caricaturale, grossière, chez certains qui jettent leur dévolu sur une marque précise. Ils commandent, quand ils n’exigent pas de leur vendeur ou de leur concessionnaire, que leur BMW, leur MERCEDES, satisfasse à ces impératifs :  teinte noire métallisée, vitres teintées et  plaque minéralogique de RABAT.  Ces détails ne sont pas anodins, tant ils signifient socialement une démarche puérile et agressive. Puérile, parce qu’elle procède d’une mystification propre à faire croire, en en exhibant quelques oripeaux, quelques artifices, à une appartenance au sérail du Palais Royal. Agressive, car elle marque une stratégie d’intimidation et de violence symbolique, déployée comme mode de neutralisation des identités des classes déshéritées ou de leurs prétentions à la modernité.

9. Caste, frime et Siba

    La classe moyenne négocie tout le temps sa contiguïté avec le pouvoir central. Elle tire de ses tentatives et de ses réussites en la matière (si tant est que l’on puisse parler de réussite) des avantages certains qu’elle expose avec la vanité et l’orgueil morbides qui siéent aux arrivistes, affairistes, carriéristes, opportunistes et suppôts de tout poil. Le credo de cette  nouvelle « caste » est des plus simples : montrer ce qu’elle a et se montrer telle qu’elle n’est pas. L’opacité est sa culture réduite dans une épaisseur sans consistance morale. Digne héritière du machiavélisme, elle se nourrit  du cynisme de cette doctrine, en irrigue la pensée commune et affecte les comportements sociaux dans leur globalité. Toute fin justifie tous les moyens, tel est le levier de la machinerie, voire de la machination, mis en œuvre. En se prévalant, à la fois de ce qu’elle ne peut être (réellement au cœur du pouvoir ) et de ce qu’elle représente objectivement, la classe moyenne s’enferme  sur elle-même, joue des coudes, inlassablement, pour s’assurer une respectabilité de façade, se tailler une portion gourmande de privilèges usurpés, par le biais du clientélisme, des passe-droits pour parachever,  en un mot, l’impunité, l’intouchabilité derrière lesquelles elle court toujours. Ce modus operandi[6], n’a d’autre raison que de se soustraire aux lois et règlements bafoués avec la plus grande négligence, la plus condamnable des légèretés. C’est que l’idée saugrenue est largement partagée : que les lois et les règlements ne sont faits que pour les va-nu-pieds, les enturbannés, les voilées ou les crânes rasés. La classe moyenne ne s’applique qu’une seule règle : se jouer de toutes les règles, avec, en prime, une tendance à en jouer, à frimer de tous les feux.

    A ce jeu-là, elle aura réussi à enflammer le pays. Le feu couve partout. Et, personne n’est disposé à jouer aux pompiers. Pas même les « va-nu-pieds » qui brûlent des orteils au crâne rasé ou ébouriffé de misère intellectuelle et morale. Dans leur frénésie à imiter tout et n’importe quoi, ils en font trop et exagèrent, dans leurs pratiques sociales, dans leurs représentations, dans leurs désirs, le cycle de reproduction des modèles des nantis. C’est ce que les sociolinguistes appellent un phénomène d’hypercorrection. Eux aussi friment, de rien, pour rien. Ils «  se la   jouent »   aussi, comme on dit vulgairement. Ils jouent si bien qu’ils rendent leur pièce aux nantis de tout bord,  leur dame le pion, même. Et, pas qu’aux nantis, du reste. Eux aussi ont mis le pays sous coupe réglée. Ils ne négocient pas leur impunité dans les salons privés ou sous les lambris des grands ministères ou dans les cabinets feutrés des grands commis de l’état ou autres apparatchiks. Le Mokaddem, le Chaouch, le « RAÏSS EL JAM » ( le maire), le « KHALIFA » du RAÏSS (l’adjoint au maire ) ou même le « SAYD ANNÄIB » ( le député du coin ) sont leurs alliés, leurs acolytes. C’est qu’ils ont le bras long, eux aussi. Il ne faut pas croire ! Pour eux, aussi, les lois sont faites pour les autres, pardi ! Même pour les chiens ! Surtout pas pour eux. Ils sont au-dessus des chiens et de tout ça ! Et, ils payent pour ça ! Demandez au gendarme ou au flic qui se pointent, comme des métronomes, le 5 du mois, le 15 du mois, au rond-point ou au virage le plus vicieux, pour arrondir leurs fins de mois. Il faut bien qu’ils vivent, eux aussi ! Ce ne sont pas des chiens ! D’accord, ils mènent une vie de chien ! Tout les enrage, eux aussi ! Il faut comprendre tout ce monde, même si tout le monde ne comprend rien à tout ça ! Même les chiens marocains n’y « pigent » rien ! Ils s’en battent les flans et en vomissent !

    Leur « modernité », ils y tiennent, vent debout. Ils se sont affranchis des couscoussiers qui pullulaient sur leurs terrasses, il y a une vingtaine d’années. Les paraboles, motorisées, les ont supplantés, fièrement. Les images qu’elles véhiculent ont, radicalement, transformé leur univers social, violemment perturbé leurs représentations du monde. Leur monde n’est plus au coin de chaque rue. Il est médiatisé au travers des spots publicitaires venus d’ailleurs, qui vantent l’ailleurs, ses temples de consommation et leur démesure. La modernité sur laquelle fantasment les déshérités est une coquille évidée qui n’a aucun sens dans un espace social alourdi par des archaïsmes tenaces, rebelles aux changements structurels, douloureux. Leur modernité est factice, corrompue et dévoyée. Elle est « attrapée » comme des benêts attraperaient des mouches avec du vinaigre, de loin. Leur modernité, saisie par la lucarne des téléviseurs  n’est qu’une « télémodernité ».

    Les déshérités livrent bataille aux cols blancs, aux mains sales, aux nantis, sur les marges de l’espace social. Les uns, comme les autres, participent à la décomposition de ce qui ronge le pays : les mentalités, en tout point  rétrogrades et violentes. Personne ne s’enhardit à trancher net avec ses réflexes, ses habitudes qui oblitèrent et condamnent les voies vers une authentique modernité. A la frime, les couches populaires opposent, sans concession, sans complexe, une anarchie désarmante (naguère dénommée, en dialectal, Siba).  Le mot d’ordre est simple : se sortir de toute situation, en y mettant le prix le plus insignifiant et par des détours qui ne s’embarrassent pas de scrupules. Tout est interprété puis transformé, c’est-à-dire dénaturé, pourvu que soient satisfaits les petites affaires du sordide quotidien, les petits intérêts mesquins. Le feu rouge n’est rouge que si l’on veut qu’il soit rouge ; quant au vert, il est totalement inutile, redondant, en l’occurrence, dans cette logique. Les « deux roues » ont bien un casque, mais il trône sur le guidon, quand il ne sert tout bonnement pas  de panier à légumes. Les jeunes s’amusent à narguer les voitures et la mort, en décrivant, au beau milieu de la chaussée, des ronds de vélos ou des huit hasardeux, sans aucun souci. Inutile de les rabrouer, ils recommenceront quelques mètres, plus loin, en vous gratifiant de quelques insanités du cru.

10. De nouveaux entrepreneurs…..funèbres

    L’espace public marocain échappe donc à la raison. En tout cas, à une raison reconnaissable. Chacun s’évertue à s’exonérer des contraintes naturelles  liées à l’exercice du droit et des libertés, celles des devoirs qui fondent l’adhésion de tous au contrôle social. L’état et ses instances garantissent, en théorie, ce que Jean-Daniel Raynaud (sociologue français), appelle le contrôle formel, à travers lequel, il applique des «  sanctions institutionnalisées ». En pratique, force est de constater que l’état est bien en peine d’exercer son contrôle social,  handicapé en cela par son corps gangréné par la dépravation notoire, en particulier, de ses auxiliaires de police et de justice,  et par la prévarication de bon nombre de ses agents de la fonction publique . Le phénomène est d’ampleur. Au point que l’état, comme la société entière, débordé, tétanisé dans son impuissance à l’enrayer, s’accommode de toutes les  formes de déviance qui dépeignent et entretiennent les comportements dissolus. L’absence de l’état ou sa démission n’est pas sans conséquence. Elle favorise l’intrusion, dans le champ du contrôle social informel -celui des  «  interactions de la vie quotidienne »-, de voix nouvelles qui s’autorisent de nouveaux discours, subversifs, revendiquant et imposant un autre paradigme de légitimité : le paradigme religieux comme alternative au désordre social. En lieu et place du  politique, ses injonctions d’un autre temps ruinent la crédibilité largement entamée de l’état et de ses efforts pour inscrire la  société marocaine dans son projet d’émancipation et d’éligibilité à la modernité. Ces discours, religieux ou faussement religieux, les slogans vides qui lui tiennent lieu de vecteur, compromettent, par effraction discursive, toute velléité de consensus dans le processus de légitimation de la modernité. La mobilisation autour du dissensus auquel ces discours appellent trouve écho dans les couches les plus perméables à l’idéologie montante d’un islamisme radical qui refoulent la modernité tout en y prétendant, à travers l’adoption contre-nature de quelques-uns de ses signifiants expurgés de leurs signifiés et de leurs connotations culturelles. Une pseudo-modernité claudiquant sur des prothèses, mais qui marque en profondeur les tendances à la déviance et à la transgression. 

    Quelques originaux parmi les chauffeurs de taxis s’arrogent le droit de décrocher leur enseigne lumineuse légale, pour la remplacer par une autre, de leur fantaisie, rédigée en arabe. On ne lit plus « TAXI », mais l’équivalent de « A louer ». Bientôt, on débaptisera tous les cinémas, les théâtres , à moins qu’on ne les livre aux flammes ou qu’on ne les réduise en gravats.L’islamisation de la société marocaine avance à marche forcée et l’on ne compte plus les véhicules qui arborent, sur leur pare-brise  arrière  des versets du Coran invitant à « ne pas oublier d’invoquer ALLAH ». Le salut résiderait dans cette ultime et suprême invocation qui prémunirait de tout et de tous. Mais si, d’aventure, elle venait à ne pas suffire, des calligraphes anonymes ne manqueraient pas de vous conseiller, pour votre salut, en toutes circonstances et en dernier ressort, de vous en remettre à « Dieu, clément et miséricordieux ». Le credo ne date pas d’aujourd’hui. Mais son action est profonde aujourd’hui plus qu’hier. La faillite du  politique et les dérèglements sociaux qu’elle a engendrés ont laissé le champ libre aux spéculations les plus douteuses sur la puissance du religieux, seul à même de rétablir la paix sociale, en moralisant les mœurs, par un retour salutaire aux fondamentaux de l’islam des premiers temps. Une entreprise anachronique et passéiste qui trouve entrepreneurs nouveaux et relais efficaces. Faire du neuf avec du vieux, pourquoi pas, si nous ne savons pas y faire avec le neuf ou s’il n’est pas taillé pour nous ! Un aveu d’échec  qui n’est pas assumé ; ni lui ni les stigmatisations qui le frappent. Ces entrepreneurs d’un nouveau genre, « entrepreneurs de morale », selon l’expression du sociologue Howard Becker [7], tentent d’imposer de nouvelles  normes de conduites dans lesquelles s’inscrivent, comme  en négatif, tous les travers, toutes les déviances. Les versets du Coran couvrent les pare-brise arrière des véhicules et appellent à la moralisation forcée des comportements et des mœurs. Mais ceux qui participent à ce mode de diffusion ne sont pas les moins portés à toutes les incivilités et aux pires dérogations aux règles de sécurité et de courtoisie de la route. Les voitures ne sont plus des voitures, mais s’improvisent comme des minbars, comme de nouvelles tribunes pour la prédication et le prosélytisme. Elles servent de relais à une croisade intrusive et violente qui fait fi des libertés publiques ou des règlementations de la voie publique. S’en remettre à Dieu à chaque transgression, c’est se retirer du monde en se mettant en marge des institutions des hommes, en négligeant de contribuer à consolider les prémisses d’une modernité fragile qui peine à affirmer sa rationalité par le biais de quelques-uns de ses attributs élémentaires : un espace social enfin rendu à plus de civilité, un espace citoyen où prennent forme et sens nouveaux  les notions de droits, de devoirs et de libertés individuelles, régulés dans une société tolérante. Il n’est pas sûr que les nouveaux entrepreneurs aient pris toute la mesure de ces enjeux. Il est permis de douter  de leur volonté d’y souscrire. Le sort des hommes ne les intéresse pas. Ce qui les motive est de l’ordre du divin, transcendant tout. L’au-delà, seul, est leur enjeu. La société, ses hommes, ses règles et ses lois sont relégués au second plan de leurs préoccupations. Le monde d’ici-bas, ses sociétés archaïques ou modernes, tout cela n’est que futilités et vanité des hommes  qui ne mènent pas à la grâce céleste,  éternelle.

    Ces postures de repli ne portent pas à la grandeur tant elles cultivent les paradoxes et réduisent les atouts de la modernité. Les mosquées, lieu de leur prédilection, ne désemplissent jamais. Elles débordent jusque sur la voie publique, les jours de grande affluence et dérèglent la circulation. Bousculer l’ordre profane pour que s’épanouisse le sacré, là réside le sens de cet activisme moralisateur. Là se lisent tous les désordres. Il n’y aurait rien à redire au volontarisme des  «  nouveaux entrepreneurs »  et de leurs affidés si leur action donnait à observer dans le tissu social quelque effet de rectitude morale ou de redressement des comportements déviants. Il n’en est rien. Toutes proportions gardées, l’afflux vers les mosquées n’est que l’occasion d’une cérémonie pénitentielle au cours de laquelle chacun vient trouver absolution à ses péchés intimes, à ses fautes inavouables. Les mosquées semblent coupées des réalités sociales dont, naguère, elles ont fait leur pain quotidien. Leur emprise, en tout cas, sur l’hypocrisie générale est amoindrie.  Tous les enturbannés, les barbus ou les imberbes qui  se déversent sur les trottoirs, après  les prières,  oublient allègrement sermons, versets et hadiths pour se remettre à cracher à vos pieds, cracher les jurons et autres insanités en vous dépassant sur une ligne continue. Ils sont prêts à refaire le plein des incivilités, des entorses à la loi, des manquements aux devoirs, en attendant le prochain office du vendredi saint qui les lavera, de nouveau, bien blancs. Le mythe de Sisyphe, version moderne.

11. Les incertitudes de la transition

    Pour le dire, sans ambages, une frange non négligeable de Marocains, « entrepreneurs » ou pas, a acquis le réflexe de « se débrouiller » avec ce qui la gêne. Elle ne s’en débarrasse pas. Elle s’en accommode moyennant quelques arrangements complices et corrompus. La débrouillardise est érigée en valeur cardinale qui gouverne ses intentions comme ses projets, ses actes comme la mentalité qui les anime. Tout gêne ces Marocains. Les lois, les règlements, les devoirs, les engagements, le respect des autres, de l’espace social, le présent et l’avenir. Le présent, plus que l’avenir qui n’existe pas encore, qu’ils plombent, néanmoins. La modernité, sans lendemains, est jetée en pâture aux appétits les plus immédiats. La corruption est logée dans l’œil du flic qui vous toise, raide et faussement débonnaire. Elle est lovée, comme une verrue, dans la main moite et avide de l’infirmier, fourbe, du mokkadem obséquieux et vorace, du caïd pendu à une cravate souillée, du maire repus de ses administrés. La moralité est saignée de partout. Le mal enfièvre le pays tout entier. Son impuissance à  le juguler débride une insoutenable  ingéniosité qui  flatte les mauvais génies de la roublardise, de la resquille. Jamais l’adage « misère est mère d’industrie » n’aura trouvé terrain plus fertile. L’industrie est systématique, perverse et néfaste à la moralité malmenée au motif que la misère l’enfante tout naturellement. L’irresponsabilité des uns et des autres, de tous, est à incriminer, au premier chef.   L’industrie est systémique aussi. Elle porte des coups sournois au processus naissant de la démocratisation du pays, de son engagement sur le chemin ardu de la modernité.

    Impunité, contournement et détournement sont les rouages de l’industrie. Les industrieux de tout bord redoublent d’adresse pour se mettre à l’abri de ce que dit le droit. Les uns comme les autres se constituent carnets d’adresses et réseaux d’intermédiaires  occultes. Les uns et les autres valent ce que valent leurs protecteurs. La loi ne vaut rien, elle. Les passe-droits, le clientélisme ont raison d’elle.  Il serait temps qu’elle se juge elle-même. Y parviendra-t-elle un jour ? Peut-être. En attendant, les outrages perdurent dans l’indifférence et l’anarchie générales. On chercherait, en vain, le degré Zéro de la modernité.

Le flic, le gendarme,  font une lecture sémiologique tronquée de leurs instruments de travail. Le radar portatif est leur filet. Ils jubilent à chaque infraction, réelle ou inventée dans le cynisme et l’arbitraire. Le radar, porté par un agent assermenté, garantit l’autorité de l’état en rappelant toute sa rigueur objective à tout contrevenant. Il assure, en même temps, et surtout, la sécurité des usagers des routes. Les contrôles auxquels ceux-ci sont soumis doivent les inciter au respect de toutes les dispositions légales. C’est ainsi que  s’appréhende, dans sa simplicité, le sens « dénotatif » lié au terme radar. Son contenu « connotatif» est plus étoffé : respect des lois, de la liberté d’autrui, sens des responsabilités, civisme , civilités, courtoisie, autant de traits auxquels renvoient les fonctions  attachées au radar et qui  balisent, par leur observance stricte, le chemin de la citoyenneté. Le flic, le gendarme amputent le terme de ce qui lui confère toute sa richesse et le réduisent à une vulgaire machine à sous qu’ils vident dans leurs poches. On chercherait, encore, le degré zéro de la modernité dans cette pratique du détournement fonctionnel d’un instrument du contrôle social. 

     La peur du flic ou  du gendarme  ne recouvre aucune réalité dans le pays. Ailleurs, elle traduit, dans les démocraties, la peur des citoyens de contrevenir au droit et donc de se voir infliger de justes sanctions. Elle exprime aussi l’intransigeance des représentants de la loi qui ont mission de l’appliquer équitablement et avec rigueur. Leur honnêteté, leur civisme engagent ceux des autres citoyens.

    Le Marocain, lui aussi, a peur du gendarme, il ne faut pas croire ! Mais son civisme, sa citoyenneté sont enfouies au fond de sa poche qu’il retourne dans tous les sens pour y « dégoter » quelques pièces destinées au contrôle routier qu’il est certain de subir dans la journée. Il ne se soucie guère de vérifier s’il emporte avec lui les papiers de son véhicule. Dieu l’accompagnera depuis le perron de la mosquée, surtout s’il n’en a aucun. De quoi parlerait-on au Marocain ? De modernité ? Casse-tête ! Il y est allergique. Trop compliqué. C’est encore un truc venu d’ailleurs, de l’occident, ou dans les bagages des immigrés, attentatoire aux traditions séculaires et à leur authenticité.

    Les Marocains n’ont pas leur langue dans la poche. Ils parlent accessoirement de la modernité. Ils la côtoieraient, tous les soirs, sur les  écrans de leurs téléviseurs. Mais  ils parlent surtout des autres Marocains qu’ils tiennent pour responsables des dysfonctionnements et des dérives du pays. Personne ne se remet en cause et chacun se défausse sur les autres.  Une attitude qui rappelle celle de Ponce Pilate[8] se lavant les mains des forfaits des autres  ou celle de Garcin[9] décrétant : « l’enfer, c’est les autres ».

    Que les Marocains s’accablent de  violentes invectives, est le signe que la société ne s’est pas  libérée des soubresauts des brutalités et des exactions d’hier. L’enfer, en réalité, est partout. Il provient de loin. De l’histoire récente du pays, en particulier. Les années, dites de plomb, ont creusé le lit de ces dérèglements inquiétants dont les mentalités portent de profonds stigmates. Peut-être faudra-t-il accepter que ces bouleversements soient inhérents à toute transition et, peut-être est-il permis de nourrir quelque espoir de ne pas  voir le pays sombrer dans le déclin. Le pessimisme souvent l’emporte sur l’optimisme à la vue de jeunes couples qui barbotent dans la piscine d’un hôtel  quatre étoiles.  Les hommes, barbe taillée, y précèdent leurs dulcinées qui ne s’encombrent pas d’un maillot de bain, drapées dans de longues tuniques qui leur couvrent tout le corps. Elles ne se dérobent pas derrière une burka que, bientôt, elles s’arracheront dans les baluchons des talibans dormants, aux aguets.

Ces couples jouent aux apprentis sorciers et, pensent-ils, nagent, béats, dans la modernité .

Une aberration de mauvais augure.

      Il ne reste plus qu’à prier pour que demain, des cohortes puritaines et vociférant d’iniques fatwas,  ne s’avisent à  brandir le Kitab al Tawhid[10].

 Paris, le 26 Octobre 2009.                                                                                                                            Lahcen BERKOU


 [1] L’expression est empruntée à Claude ROCHET  [2] Cf. PELT, Jean-Marie, La raison du plus faible, Fayard, 2009.  [3] «  La perte de la responsabilité… est la perte de la liberté » affirme Claude ROCHET, dans son essai :  « Un précis d’incorrection politique à l’usage des jeunes générations », 2001.  [4] Je recommande le  numéro 5  de l’excellente revue marocaine ECONOMIA qui publie une étude innovante sur la classe moyenne au Maroc. [5] Bourdieu [6] L’expression est de Bourdieu. [7] Outsiders, 1963 [8] Préfet de la province de Judée au moment de la crucifixion de Jésus qu’il ne voulut pas condamner, mais livra aux responsables religieux juifs. Il se lava les mains pour dégager sa responsabilité du sort scellé de Jésus. [9] Personnage de Sartre à qui l’auteur fait dire cette phrase devenue célèbre, dans Huis clos. [10] « Traité de l’unicité divine ». Traité de Mohammed Ibn Abd al Wahhab, théologien fixé en Arabie en 1739. Il a trouvé bonne audience auprès du premier des Ibn Saoûd, fondateur de la dynastie Saoûdienne. Il préconise dans son traité, le rejet  de tout compromis avec la modernité  et une interprétation littérale du Coran. On lui doit le courant Wahhabiste qui sévit en Arabie Saoüdite.

Contre vents et marées

Chers amis, fidèles,

 Minute de silence

Lundi dernier, 13 juillet, j’apprends une triste nouvelle.

Une minute de silence et de recueillement pour la mémoire de lalla Khadija, mère de nos amis ZAKI, disparue ces derniers jours. Prions pour son repos éternel. Que la miséricorde de Dieu l’accompagne. Mes condoléances et ma sympathie à  notre ami Nour- Eddine et à sa famille.

 

Pour info, ce mercredi 8 juillet:

 

Le Directeur Général de la Sacem, dans ses bonnes dispositions à notre égard et pour encourager notre initiative, m’informe qu’il essaie de nous offrir le déjeûner du 18 Juillet. Il a besoin de connaître le nombre exact de participants. Je vous demande de vous signaler, en appelant le 06 58 84 39 76, au Maroc, entre 10h et 18h, tous les jours. Date limite d’appel: le 16 Juillet. Je dois confirmer à la Sacem vos présences ou vos absences à cette date précise.

Merci à tous!

 

 Aujourd’hui, mercredi premier juillet, les amis de Ouarzazate m’informent qu’ils tiendront une réunion, samedi 4 juillet, vers 20 heures (heure locale), pour faire une mise au point sur les préparatifs des 18 et 19 juillet. Je les remercie pour leur force de caractère, leur foi dans ce que nous entreprenons. On avance!!!!!!

DERNIERE MINUTE:

Notre ami TAOUZI Rachid m’a fait parvenir les coordonnées du compte bancaire ouvert ces jours-ci et destiné à recueillir vos participations. Les voici:

086 001 09397  5
au nom de mr IMGHRI Said
ouvert à crédit du maroc
agence ouarzazate

 

PS:

Ci joint le RIB complet de mr Imghri Said, compte ouvert au nom des iminiens
Bonne réception

021 550 0000 086001093975 59

 

Merci  de veiller à y déposer vos fonds, le plus vite possible. Il ne nous reste plus beaucoup de temps. J’insiste sur ce détail: Nous avons besoin des participations BIEN AVANT la rencontre, pas LE JOUR MÊME  .  Je me rendrai à Imini, une semaine avant notre manifestation pour donner un coup de main aux amis qui font un extraordinaire effort pour organiser les préparatifs. Je les en remercie. 

lèpre Red

Je n’ai pas eu le temps de finir l’article précédent intitulé « Sans complaisance ni concession ». Je le reprendrai ultérieurement, dans sa version intégrale, définitive. Pour l’heure, l’urgence m’a paru se profiler, ailleurs.

      plaque abîmée Red

A.   L’insoutenable

J’ai vu ce que l’œil supporte mal. Ce que ni le cœur ni la raison ne comprennent ni n’admettent. J’ai vu le visage de la bêtise, fêlure sur le fronton de notre mémoire. J’ai vu ce qui aveugle de colère. J’ai vu ce que je n’aurais pas voulu voir….. L’innommable ! J’ai vu le recul de l’esprit, la lèpre rampant sur les murs et pénétrant ce qui reste des consciences cassées, défaillantes. J’ai vu des regards fuyants et coupables. J’ai vu des lèvres muettes, tordues et hypocrites. J’ai vu la face hideuse de l’indifférence au symbole et à son expression minérale que nous nous sommes évertués à dresser, pensions-nous, pour longtemps. J’ai vu qu’il nous reste beaucoup à faire pour arracher à l’obscurité des enfants, des hommes et des femmes peu enclins à préserver une idée noble à laquelle ils n’ont rien compris. Il nous faut tout recommencer et, sans cesse,  continuer, malgré tout.

B.  L’espoir, tant que nous serons là

Devant le spectacle affligeant que j’ai reçu en pleine figure, comme une injure, j’ai décidé de réunir quelques amis, disponibles. Mon appel, de Marrakech, à nos amis du Maroc a été entendu. Je remercie tout le monde, en particulier, ceux qui se sont déplacés, de loin (de Rabat, de Ouarzazate, de Agdz, de Casablanca ). J’aimerais dire toute ma gratitude à chacun, pour l’amitié et la fidélité qu’il continue de me manifester, en répondant à mes rendez-vous. J’en suis  très touché.  

Etaient au rendez-vous de Marrakech, ce 24 Mai, les amis :

réunion marrakech Red

  1. NAYLI Mohamed
  2. BENTALEB L’haj Hassan
  3. BENTALEB AÎCHA
  4. BENTALEB (fils de L’haj )
  5. LABAOUI Moulay Mohammed
  6. LABAOUI Moulay Slimane
  7. BRAHIMI
  8. AHOUKAR Ali
  9. MERBOUHI L’haj Abdallah
  10. IMEGHRI Saîd
  11. AMAZAR
  12. ZDADI Ali
  13. ABERCHIH Taîb
  14. ABERCHIH Mohammed

 

 

D’autres amis n’ont pas pu venir. Il faut dire que j’ai pris de court, tout le monde. Une affaire menée en vingt-quatre heures. Merci, encore à tous ceux qui  ont donné de leur temps et de leur énergie pour venir me rejoindre aussi vite.

Par expérience, je sais que notre manifestation nécessite un minimum d’organisation. Par expérience (celle de l’été dernier ), j’ai appris à anticiper les problèmes. Le plus délicat est celui de la participation financière de chacun. Cette année, nous la fixons à cent (100) Dirhams, par personne. Ceux qui arriveront en famille ou accompagnés devront s’acquitter de cette somme pour chaque personne adulte.  Le montant est relativement dérisoire pour mener à bien notre rencontre. Les bienfaiteurs sont sollicités pour renflouer les finances, en cas de besoin.

La collecte des fonds est confiée à nos amis, selon la répartition géographique suivante :

Marrakech :

MERBOUHI

IBRAHIMI

BENTALEB Aïcha

Ouarzazate

IMEGHRI Saïd

  Rabat

 LABAOUI Moulay Mohammed

 Casablanca

  AHOUKAR Ali

Aït-Ourir

 ZDADI Ali

Agdz

LABAOUI Moulay Driss

J’ai provoqué cette rencontre pour des raisons multiples. Je ne vous en dévoile que la plus importante. Je me réserve l’opportunité de porter à la connaissance de tous, le reste de mes motivations et de mes emportements, quand nous nous retrouverons à OUGGOUG. Car, nous nous y rendrons, chers amis, comme l’an dernier. Je sais que vous serez atteints, aussi. Notre plaque commémorative a souffert de vandalisme, nos arbres ont fait les frais d’une impardonnable négligence. On a laissé les troupeaux vagabonder au milieu des arbres que nous avons plantés. Il ne reste de tous les fruits de nos efforts que quelques touffes que la SACEM s’est empressée de protéger derrière un grillage de fortune. Honte aux gens de Timkit. Quand des grillages et autres barrières sont érigées, c’est le signe d’une irresponsabilité chronique, indécrottable. Bien entendu, personne n’a rien vu, personne ne se sent coupable, de rien. Pourtant, j’étais reparti de Timkit, serein, convaincu que j’avais réussi à semer la graine de civisme et de l’esprit de responsabilité qui nous incombe à tous, jeunes et anciens, pour consolider et transmettre l’idée que nous appartenons au même lieu et que nous en partageons l’héritage, avec le devoir de le céder aux générations à venir, dans sa plus belle expression de solidarité.

moi avec enfants timkit Red

Passé le coup de colère, la raison dicte sa loi. La question n’est plus « qui a fait ? », mais « Qu’avons-nous raté dans notre tentative de l’été dernier ? » Une deuxième rencontre s’est imposé à moi, d’emblée. Nous devons continuer ce que nous avons entamé. Nous devons mieux expliquer notre projet ; ses enjeux, surtout. Les ouvriers ne nous ont pas rejoints au mois d’Août dernier. Ils ne se sont pas manifestés, à nos côtés. Je ne comprenais pas. J’avais, pourtant, invité la population entière, par le truchement de ses représentants syndicaux que j’avais rencontrés à Ouggoug.

 Me trouvant, en ce mois de mai, à Imini, à l’invitation du Directeur Général de la Sacem, j’ai tenu à éclaircir cette situation et à lever toute équivoque avec les ouvriers. J’ai appris que leur représentant syndical ne les avait pas tellement convaincus de venir nous rejoindre. Il n’a pas fait son boulot, pour de mesquines raisons. Ne pas faire correctement son boulot est un sport national, ici. Il n’y a pas lieu de s’alarmer, me répète-t-on, c’est normal.

J’ai discuté avec les nouveaux syndicalistes qui nous assurent, cette fois-ci de tout leur soutien et du concours des habitants qu’ils mobiliseront pour nous accueillir « dignement ». Je n’en demandais pas tant, mais, je prends leurs promesses pour tenues. La cause étant ainsi entendue, je me suis longuement entretenu avec Monsieur Benjillany, en présence de notre ami ABERCHIH Mohamed. Comme à notre accoutumée, la discussion a été fructueuse, cordiale. Je vous tiendrai au courant des bonnes décisions dont m’a assuré Le Directeur Général au bénéfice de notre action, et d’Imini.

Après Ouggoug, je me suis rendu à Ouarzazate où j’ai eu le plaisir de revoir, chez mon ami BAMOU , des Iminiens, volontaires, pleins d’entrain et d’enthousiasme. Ceux qui n’ont pas pu se déplacer ( de Zagora ) soutiennent mon initiative.

C. Une détermination à toute épreuve

La réunion de Ouarzazate, ce 30 Mai, a entériné les décisions prises au cours de la rencontre de Marrakech.

Nous nous rencontrerons bien cet été.

Les dates du 18 et 19 Juillet ont été retenues.

L’œuvre que nous avons initiée l’été dernier continue et je veillerai à ce qu’elle ait toutes les chances d’aboutir. Aucun obstacle, aucune obstruction, aucun complot ne me contraindraient à y renoncer. Je suis Iminien et j’en appelle à tous les Iminiens, honnêtes et solidaires. Uniquement à eux.

 

D.  Préparatifs de la rencontre

Dors et déjà, nous avons constitué des groupes de travail. L’objectif, tout d’abord, de cet été : nous sommes résolus. Nous ne nous quitterons pas à Imini, sans avoir constitué, en bonne et due forme, l’association que chacun appelle de ses vœux. Dans cet esprit, un comité préparatoire des statuts et objectifs de l’association a été désigné. Nous les discuterons pour les finaliser, en séance plénière. Je vous demande de contribuer à l’élaboration de ce projet. Chacun peut réfléchir, dès maintenant, à toutes les pistes et propositions susceptibles d’enrichir la structure et le fonctionnement de l’association. En attendant vos propositions, nous avons chargé les amis suivants de tracer les grandes lignes du projet :

1.Abdallah ABDEDDINE

2. Driss LABAOUI

3. Slimane LABAOUI

4. Saïd IMEGHRI

 Ce premier comité a été désigné par les amis présents à la réunion de Ouarzazate, dont les noms suivent : 

1. LABAOUI Moulay Slimane

2. IMEGHRI Boujemââ

3. BOUTATEN Lahcen

4. TAOUZI Hicham

5. ABDEDDINE Abdallah

6. LABAOUI Moulay Driss

7. ABERCHIH Mohammed

8. AÏT EL MEKKI Mostafa

 réunion ouarzazate Red

E.   La collecte des fonds

Tous les amis désireux de nous rejoindre sont priés de faire parvenir leur obole à chacun des correspondants de région cités plus haut. La date butoir est fixée au 10 Juillet. Les participations de cent Dirhams sont impérativement attendues à cette date, pour les retardataires. Nous qui étions à Ouarzazate et à Marrakech, nous nous sommes acquittés de cette tâche, sur place. Je vous demande de respecter ce délai du 10 Juillet afin que les préparatifs se déroulent dans les meilleures conditions. Il ne sert à rien de garder sur soi le billet de cent Dirhams jusqu’au matin de la rencontre. Il ne pourra plus nous servir à rien dès lors que des achats nécessaires auront été effectués longtemps, auparavant. Comprenez que votre participation n’est attendue que pour nous permettre de mieux vous accueillir.

Tous les fonds doivent parvenir à notre ami MERBOUHI  L’haj Abdallah à Marrakech dont voici le n° de téléphone : 0661240748. C’est lui qui est chargé de coordonner les affaires financières et de veiller à ce que chaque centime soit dépensé pour la bonne cause. Il nous rendra compte des dépenses engagées, en séance publique.

 

 

 PROGRAMME des deux journées de rencontre

   Le 18 Juillet :

 

  • Ø   10 heures    :        Accueil général à la cantine du village de Bou-Tazoult
  • Ø   14 heures  :         Déjeûner amical
  • Ø   16 Heures :         Début des travaux ouvrant constitution de l’association des anciens élèves d’Imini
  • Ø   20 Heures :       Dîner, soit au village, soit à Timkit.
  • Ø   22 Heures :        Soirée festive

 

 

   Le 19 Juillet :

 

       ü 8H30 :             Promenade commune sur les sites de Bou-Tazoult, Bou-Azer, Tighermine et autres lieux de mémoire

     ü 12H30             Prière à la mosquée du village de Bou-Tazoult et/ou à l’église

    ü 14 Heures :               Déjeûner à Bou-Tazoult

   ü 16Heures trente     Départ pour Ouarzazate

   ü 19 Heures trente     Dîner à l’hôtel Hanane de notre ami BAMOU

  ü 21 Heures                    Soirée festive à l’hôtel

  ü 23 Heures                  Fin de notre rencontre

 

 

 

  • Note personnelle :

 

Mon souhait le plus grand, est que la rencontre de cet été soit plus fructueuse que l’an passé. Nous ne devons pas remonter d’Imini, sans avoir constitué un bureau digne de ce nom à qui nous confierons la destinée de cette première expérience des Iminiens. L’enjeu est de taille. Et le système de copinage doit être prohibée de toutes nos forces. Nous devons élire des Iminiens qui présentent des garanties. La première, dans mon esprit, est celle d’une intégrité morale, indubitable. La seconde est une capacité à rassembler par des talents de rassembleur responsable. La troisième est celle d’une disponibilité entière, le corollaire de celle-ci n’étant rien d’autre que l’abnégation. On n’aboutira à rien si les responsables du bureau s’en tiennent au strict minimum des attributions de leurs mandats. Il faudra faire plus. Se déplacer, rencontrer d’autres acteurs sociaux et institutionnels, nationaux ou internationaux. On ne dirige pas une association, assis sur sa chaise, attendant le déluge ! Il faut des volontés !Des gens qui ne comptent ni leur temps ni leur argent, qui ne se dérobent pas, ne négligent aucun effort, ne se satisfont pas de peu, ambitieux pour notre cause. Des gens qui ne tressent pas des guirlandes de motifs ou de prétextes pour justifier leurs absences, leurs défaillances dans l’accomplissement de leurs tâches. Des gens qui auront compris qu’un échec de cette première expérience sera lourd de conséquences. Des gens qui auront compris que leur engagement n’est pas rétribué. Leur engagement est moral. De ce fait, il vaut mille autres engagements.

DERNIER POINT :

Un communiqué dans la presse locale et nationale donnera une large diffusion à notre projet de constitution de l’association. Je vous tiendrai informés dès sa parution.

Merci à tous ceux qui nous aideront à faire en sorte que cet évènement soit digne de nous et de nos parents, vivants ou morts.

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Chers amis, fidèles ,

*      Un mot pour vous, tous, qui aviez eu la délicatesse de m’exprimer votre soutien moral et fraternel, à la suite du décès de ma mère. Merci, du fond du cœur.

 

*      Un autre remerciement pour ceux des iminiens qui sont venus sur le blog et m’ont prodigué conseils et encouragements.  Parmi ces camarades, Laghlali nous apprend le décès de mon ami SALAF. Encore un camarade de génération qui tire sa révérence. La liste des disparus s’étoffe, implacablement. Je prie pour mon ami et assure ses enfants et sa famille de mon entière solidarité, de ma profonde sympathie.

 

*      Une pensée pour notre ami Abdallah MERBOUHI que j’ai eu le plaisir de rencontrer, durant mon séjour, à Marrakech. Abdallah a créé une entreprise qui, je pense, connaîtra un essor certain. Je suis touché par l’attitude de Abdallah. Par solidarité, il a embauché, quelques iminiens. Une initiative et un exemple qui méritent d’être salués.

 

*    APPEL A CONTRIBUTION

 

Le Directeur Général de la SACEM m’a demandé d’étudier la possibilité d’organiser un colloque sur Imini. L’idée m’a enthousiasmé, bien sûr. Depuis le temps qu’un tel travail était resté en souffrance. Enfin, il serait à portée de main, de pouvoir se pencher sur La mine, en mobilisant les moyens rationnels et scientifiques qu’un tel projet appelle.

Je suis donc décidé à tenter le pari. Notre Imini mérite bien ces efforts. Ce faisant, il s’agira de quitter les ornières stériles du souvenir de chacun, pour entreprendre une construction de la mémoire collective, soutenue par les apports que la science historique, sociologique et anthropologique sont à même  de mettre en œuvre.

Je prévois la tenue de cette manifestation à l’été 2010, si Dieu nous prête longue vie. Le travail de préparation est considérable. Mais, je suis optimiste et opiniâtre. L’aide de tous est souhaitée. Dors et déjà, deux de mes camarades de génération, universitaires, ont adhéré au projet. Ils participeront, chacun dans son domaine, par une contribution. Moi-même, en sociologie et en anthropologie, j’apporterais ma pierre, modestement, à cet édifice. Ceux d’entre vous qui  souhaitent nous assurer de  leur concours sont les bienvenus. Les résumés de leurs interventions doivent me parvenir, au plus tard, courant février 2010. Les communications se feront soit en arabe, soit en français, anglais ou allemand. Les actes de ce colloque seront publiés et constitueront une trace écrite pour les générations des Iminiens.

Les détails de ce projet vous seront communiqués au fur et à mesure de leur élaboration. L’intitulé de ce colloque est : « La mine d’Imini : histoirte et société »

J’ai pris contact avec l’Ecole des Mines de Paris où quelques travaux concernant Imini ont été dirigés. J’attends des réponses des auteurs. Leur participation rehausserait le niveau des interventions. Le Directeur Général de la SACEM ne manquera pas de mobiliser des personnalités au Maroc afin que ce projet connaisse l’audience qu’il mérite. Bien évidemment, un volet festif est prévu après l’aridité du colloque.

A mon humble avis, s’il est un moyen susceptible de redonner vie à Bou-Tazoult, c’est bien  par ce biais, aussi qu’il adviendra, en appui à d’autres projets qui restent à concrétiser.

Alors, chers amis, nous voilà  devant un défi . Un autre après celui de l’été de notre rencontre à OUGGOUG. Je suis sûr que je peux compter sur la bonne volonté de chacun. Par avance, merci.

 

AVERTISSEMENT :

Je vous livre un texte, fruit de mes observations, de mes réflexions sur quelques comportements largement et sournoisement diffus dans notre pays.

Comme il ne tiendra pas sur une page du blog, je diffère sa publication jusqu’au dimanche 5 avril, le temps que vous puissiez prendre note de mon appel, et de le commenter, éventuellement. Mais, mon propos introductif vous indiquera son orientation et son esprit.

                                Sans complaisance ni concession

 

     Je reviens du pays. Le cœur gros. Pas d’émotion, de dépit. Les retours sont toujours pénibles. J’ai opéré, cette fois-ci, une totale immersion dans le milieu. Cela ne m’est plus arrivé depuis une bonne trentaine d’années. L’expérience m’a secoué. Pourtant, je ne suis pas un naïf.

     Vivre parmi les nôtres, au quotidien, est une rude épreuve. Partout. Tout le temps. Pour des gens comme moi, immigré ou exilé, appelez cela comme vous voudrez, le choc est dur, redoutable. Partout les signes d’un délitement des valeurs morales, d’une décomposition de l’esprit civique. Un vrai chaos  accable l’espace public marocain où s’affrontent, sans merci, des tendances primaires, propres aux sociétés sous-développées ou en déclin.

 

 

          «  Deux choses sont infinies : l’univers et la bêtise humaine »

                                                                              (  Einstein )

 

 

1.     De l’illusion

 

   Une abstraction, comme un vœu pieux, traverse la société marocaine : la certitude de s’être installée, définitivement, dans la «  modernité ». Une «  modernité », visible, évidente, me répète-t-on. La pensée commune s’entête et l’affirme comme allant de soi  dans un pays où la hauteur de chaque immeuble, les façades rutilantes d’arabesques, le disputent aux belles terrasses des cafés inaugurées à chaque coin de rue, ourlées d’îlots de verdure, artificiels.(Mais, de bibliothèque, point). La modernité trouverait aussi ses signes manifestes dans les grosses cylindrées noires ou gris anthracite, symboles de la réussite sociale, attributs emblématiques d’une « modernité » assumée par une élite endimanchée à tout crin, entraînant, dans son délire de flamboyance grossière et tapageuse, les plus déshérités mais non moins enclins à tous les excès, à  tous les travers de l’apparat.

   Les arêtes ou les coupoles des villas, les programmes urbanistiques ou les résidences enclavées des classes moyennes, cernées de vigiles, dénotent, certes, une accession de ces  classes au panthéon de la consommation des biens d’équipement moderne. L’on ne peut, raisonnablement, inférer de ces nouveaux modes de vie, une quelconque appropriation des caractères ou des codes  définitoires de la modernité. L’équation est fausse de vouloir établir, de fait, une adéquation mécaniste entre l’appropriation des signes d’un mode de vie contemporain, urbain, et la revendication de ceux de la modernité. Le pas est abusif. Cette conception vulgaire et non raisonnée de la modernité induit à un syllogisme des plus douteux, comme tout syllogisme faux. Le raisonnement syllogistique  déroule ainsi, ses prémisses et sa conclusion :

a.       La modernité, c’est l’acquisition, voire, l’accumulation des biens de consommation ou d’équipement propres au monde moderne.

b.      Or, ces biens, je les possède.

c.       Donc, je vis, de plein pied et de plein droit, dans la modernité.

 

2.     De la modernité

    La modernité ne se dévoile pas sur les murs, les enseignes, ne se rencontre pas dans les parcs, ou les supermarchés ou  sur les réseaux autoroutiers. Pas plus qu’elle ne se laisse réduire aux artefacts de la consommation, aussi moderne soit-elle.

   Elle se donne à  lire dans l’aptitude à une bonne et authentique gouvernance, au niveau politique, comme elle s’appréhende dans les capacités d’une société à se construire un espace  commun de relations et d’interactions par lesquelles s’exerce une pratique raisonnée et raisonnable des libertés respectueuses des lois , des droits et obligations qui incombent et s’imposent aux individus, de manière égale. On comprend, dès lors que la modernité n’est autre que l’expression d’une justice sociale qui fonde ses principes élémentaires dans l’enjeu de la préservation des droits humains. La garantie que ces droits humains sont acquis ne peut s’observer entre les murs clôturés des villas cossues. Elle est perceptible dans le canevas des normes morales assumées par les groupes sociaux, acteurs dans l’espace d’une citoyenneté assurée ou en devenir…./…

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  • Il  en est des évènements comme des hommes. Tous les deux sont tributaires du temps et peuvent se jouer de ses râtés ou provoquer, en  quelque écume,  ses aléas. Le temps de l’évènement n’est que rarement celui des hommes. enfant9Les hommes demeurent impuissants devant Chronos qui passe , sans les hommes. Un imbroglio, en apparence, sans fond. Et qui soulève la question : de l’homme ou de l’évènement, lequel induit à l’action, au mouvement? Car, si l’homme s’évertue à comprendre les suites efficientes des temporalités distinctes et autonomes, il n’en saisira jamais le dessein général,  l’aboutissement final. L’homme ne s’affranchit des vicissitudes du temps et de son corrollaire, l’évènement, que s’il en maîtrise le sens et la portée.enfant11
  •     Nous voila à l’orée d’un nouvel an qui suinte déjà les malheurs ingurgités la veille. Ceux à venir, les hommes s’en préoccupent, en les reléguant au temps de l’incertitude. Les hommes, à coups d’artifices , de frou- frou et de flon-flon, célèbrent, dans la démesure, leur rendez-vous avec le temps, l’instant d’un évènement planétaire. Les publicitaires, les marchands de rêves, de nouveau magnanimes, se ruent au-devant des désirs. Ils les embellissent, quand ils n’en fabriquent pas pour qui est en peine de s’en imaginer un. enfant-1-et-son-arbreLa crise qui secoue les places financières et déroutent les économies mondiales a quelque vertu : elle se dévoile aux  incrédules et révèle aux aveugles des degrés insoupçonnés de dénuement. La crise, tout le monde en parle. La crise, il s’en trouve pourtant qui ne la connaissent pas. Le grand luxe aura, dit-on, tiré son épingle du jeu, sur les tablettes comptables de fin d’année.enfgant6
  • Curieux que la mémoire des hommes achoppe sur la condition d’ autres hommes. Les Israéliens, comme de coutume, font le coup de force, sans état d’âme. Enfants des rescapés de la nuit et du brouillard, ils croient avoir trouvé la lumière quand ils sombrent dans les méandres de l’arrogance noire. Leurs salves meurtrières fauchent enfants, femmes et vieillards. enfant-2-et-son-arbreElles fauchent aussi l’espoir dans un silence assourdissant, complice et coupable du monde. En tout cas de ce monde aliéné par sa propre culpabilté. L’espoir n’est plus de ce côté-là. Je ne sais où il a élu domicile. Il est partout et nulle part. A portée de main et vite anéanti. Les hommes lui courent derrière quand ils l’ont dans le dos. Absurdité !Moi, je me cale dans mes doutes. Et, comme tous les sceptiques, je me construis mes propres images d’espérance. moi-conversant-avec-les-enfants1Elles existent. Je les ai rencontrées l’été dernier, sous le soleil de plomb de Timkkit. De petits bambins que le destin a placés sur mon chemin. De petits bambins au destin improbable. De petits bambins attachants qui ont bien voulu partager avec moi quelques instants d’espérance.hammou-avec-les-enfants Autour de quelques trous creusés la veille, nous avons lié connaissance. Je crois toujours à la force du verbe et au sourire des enfants. Leur charme a opéré sur moi. Ils ont bu de mes paroles. C’est simple, l’espoir, finalement. On le trouve là où on l’attend le moins. Moi, j’en  étais submergé, comblé. enfant3-et-son-arbre
  • Les enfants étaient là. En retrait, quelque peu effarouchés par tant de fébrilité qui venait s’emparer du village. Ils étaient assis, dos à la haie de roseaux, en rond d’oignons, intrigués par notre arrivée. Intimidés, certainement qu’ils l’étaient. enfant4J’avais résolu, bien avant de me rendre à Bou-Tazoult, de les impliquer dans nos activités, les considérant comme la clé de voûte de notre projet, l’expression de son avenir. Les premiers pas que j’entrepris en leur direction me pesaient. Je faisais irruption dans leur temps à eux qui n’était pas le nôtre. enfant7Je suscitais un évènement de notre temps d’adultes et je m’apprêtais à le leur faire adopter. Je n’eus pas à me forcer. Les enfants avaient compris l’enjeu. Dès lors, la magie dont ils sont capables a illuminé nos coeurs. Je leur avais promis quelques récompenses s’ils s’occupaient des plants jusqu’à notre prochain retour. enfant8Je leur avais promis de publier leurs photos sur le blog. Aujourd’hui, c’est chose faite. Je les remercie, tous, pour leur gentillesse. Je les remercie pour la confiance qu’ils ont manifestée, si spontanément au contenu de notre action. 
  • A eux, en particulier, et à vous tous, mes amis, j’adresse mes voeux les plus sincères à l’occasion de ce nouvel an. Merci à ceux qui m’ont envoyé leurs veux par courriel privé.photo-de-groupe

En vrac

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Bonjour tout le monde,
     Depuis Imini, je n’ai pas pu vous joindre. La plupart d’entre vous connaissent la raison de mon silence. Ma mère est gravement malade. Opérée du cerveau à Marrakech, elle lutte pour la vie dans un hôpital parisien. Je n’ai pas l’esprit à grand chose. Merci, par avance, de votre compréhension. Et je remercie tous ceux d’entre vous qui  m’ont envoyé leur témoignage de solidarité.

Ceci  étant, je voudrais vous souhaiter une bonne fête de l’Aïd El Kébir. Puissiez-vous festoyer dans la joie et la paix avec vos proches. Et bénir la providence si elle vous comble de ses bienfaits.
Cette fête est née d’un paradoxe apparent,  si l’on s’en tient au récit abrahamique fondateur. Un père, Sidna Ibrahim, sous l’injonction divine, s’apprête à sacrifier la vie de son fils, Sidna  Ismaîl, pour attester de sa foi. Sous l’angle humain, une telle épreuve n’incite à aucune allégresse.

 Comment, alors, un évènement douloureux a-t-il donné lieu à une pratique sociale séculaire, toute teintée de réjouissances et de religiosité ? Ce glissement puise son sens et sa force dans ceux des symboles qui lui sont liés. Le salut me paraît être celui qui cristallise en lui, tout seul, le sens et le symbole significatifs et structurants. Sidna Ibrahim est sauvé par sa foi en la parole et la puissance de Dieu. Sidna Ismaîl sauve son père en lui obéissant. L’agneau sauve le père et le fils et les consacre dans la Bénédiction Divine. Le sacrifice n’a pas eu lieu. Mais il vit dans l’esprit de chacun des protagonistes de la narration. C’est la tradition du mythe merveilleux qui lui confèrera, en l’entretenant, sa dimension symbolique,  marquant,  définitivement l’histoire des hommes. 
Les péripéties de ce récit soulignent un autre aspect symbolique, celui du partage et du devenir commun assumé. Le sort du père est conditionné à celui  du fils. Celui du fils est lié à celui du père. Le sort des deux est résolu dans l’apparition de l’agneau. Une boucle d’impératifs, une parabole de solidarités qui rejoint celle du salut. Salut et solidarité sont donc les deux pierres angulaires de la manifestation de la réjouissance. On ne peut se réjouir qu’à la condition de satisfaire aux deux principes. Mais, le fait-on, si l’on se contente d’agapes  auxquelles le lointain souvenir du dilemme de Sidna Ibrahim, dévoyé dans l’interprétation vulgaire, donne lieu, de nos jours ? Le sacrifice auquel  le  patriarche était prêt est réduit à sa portion congrue. On égorge. On consomme, déguste, entre soi. Dans un rituel vidé de sa substantifique  moelle. Dans l’indifférence.
 Ceux qui ne sont pas de nos familles ne doivent pas souffrir de notre indifférence. Il y a tant de miséreux autour de nous. Particulièrement en ces temps de crise et d’égoïsme rampant. Ce siècle, naissant, est une honte. Ce siècle, comme les précédents, depuis que l’occident les a taillés à sa mesure, façonnés à son image, a érigé au rang de ses valeurs cardinales, les supermarchés, le Dollar, le Yen ou le Mark ou la Livre ou le Shekel. Les temples, les églises, les pagodes et les mosquées, bafoués, tagués, violés ou boudés par les mystiques  du CAC 40, du Nasdaq, du MASI ou autres icônes boursières, sont immolés sur l’autel de l’accumulation, de l’outrance et des dérives morales. Triste époque où le mépris des nantis et des parvenus jette les malheureux, les nécessiteux, les saints et les justes  dans les griffes des nuits de détresse, de  famine et de désespoir.
L’arrogance a submergé la planète, par ailleurs, saccagée. Chez nous, tout aussi bien, elle a élu domicile. Le fort dame le pion au faible.  Faibles ou indigents, les gueux traînent leur vie ou ce qu’il en reste,  ici, sur les bouches des métros, ailleurs, au beau milieu des morts  à qui ces relégués de la vie moderne disputent leurs derniers arpents de terre.  Non, vraiment, je ne vois pas où serait la grandeur des nations civilisées. Elles font illusion, voila tout. Le drame, c’est que nous nous échinons à les singer. Sans complexe. C’est le syndrome de la modernité ou prétendue comme telle, assumé dans toute la splendeur de son ridicule. Le ridicule n’a pas de patrie.
Sur mon palier, un voisin a cru bon de manifester son humanisme. Il pose, à sa porte, tout flambant neuf, un paillasson. Sur ce paillasson, une inscription tressée, d’un jaune moutarde. Chaque fois que j’ouvre l’ascenseur, je ne manque jamais de tomber, nez à nez, avec l’humanisme fluorescent du voisin. Je ne peux pas m’y soustraire. Lui, non plus ne peut pas me rater.  Je lis toujours le message humaniste du voisin. En gros caractères : « BIENVENUE ».
Depuis que j’habite en face de ce voisin, je n’ai pas vu  foule de visiteurs se précipiter chez lui. Il ne reçoit jamais. Il se reçoit, lui-même avec lui-même, sa femme avec  elle-même. C’est vrai que cela fait déjà quatre personnes .J’oublie le chien ! Vous pensez bien, une famille, ici, sans chien, sans chat ? C’est grâce à eux que  les misères de la vie sont supportées. Le paillasson, c’est aussi pour eux.  Le voisin a dû leur apprendre à se frotter les pattes avant d’entrer. Eux, ils entrent. Ils ont déchiffré le message du voisin. Moi, vous l’avez compris, je n’ai pas les faveurs du voisin. Je ne suis ni un chien, ni un chat. Je ne suis jamais entré chez lui. C’est qu’il ne m’y a jamais convié. Son humanisme s’arrête aux chiens, aux chats, à lui, tout seul. Non, il y a sa femme. ET puis, leurs ombres. Du monde, tout çà !
 Est-ce de l’humanisme dont il s’agit ou de l’hospitalité ? Des deux, bien évidemment. La preuve, c’est le paillasson !
Le paillasson, moi aussi, j’en ai mis un . Il n’ y a rien d’écrit, dessus. De tous les voisins de mon petit immeuble, aucun ne vient nous rendre visite. C’est de notre faute. Il n’ y a pas écrit : «  BIENVENUE ». Curieux ! Parmi nos voisins, j’en avais invité quatre. On est toujours, en bons termes, rassurez vous. Normal. Tout à fait normal, entre gens civilisés. On continue, quelques fois, à parler du ciel gris ou bleu de Paris…. devant l’entrée de l’immeuble, pendant que le chien bave sur mon pantalon.
Nous, au bled, nous n’ étalons pas ces paillassons. Beaucoup ne savent pas écrire, encore moins dans l’emphase calligraphique, le  mot « BIENVENUE ». Ils savent mieux que l’écrire. Ils le portent dans leur cœur, le roulent sur leurs lèvres. Et la civilisation  et la modernité leur bavent dessus.

Des moments de grâce

  • Chers amis;

DERNIERE MINUTE:

  • J’apprends par notre ami NOURMAN que La soeur de Hassan MERBOUHI vient de décéder. Je présente mes condoléances à notre ami Hassan et assure sa famille de mon soutien. Merci de manifester votre solidarité.

  • Je suis au regret de vous annoncer que je ne serai pas en mesure d’assurer un fonctionnement normal du blog. Certains d’entre vous savent, depuis Ouarzazate, que ma mère a été opérée, à Marrakech. J’ai été un mauvais fils, en la laissant à la clinique et en me précipitant à Ouarzazate pour préparer votre arrivée. Rapatriée par avion sanitaire à Paris, elle est dans un état sérieux. Je passe toutes mes nuits auprès d’elle, dans un hôpital. Par conséquent, Mes soucis sont autres que le blog. Merci pour votre compréhension.

     Si la grâce peut s’incarner sur des visages, alors pas de doute, elle rayonne sur ces sourires transfigurés. Je suis subjugué. Emu sans retenue. J’ai rêvé de ces instants où des générations d’Iminiens pourraient se donner des accolades et partager des regards affectueux. L’haj Rami, tardivement connu sous le nom d’AZIKI, semble aux anges, sous l’oeil attendrissant d’un jeune Iminien. Je ne reste pas de marbre devant cette photo. Elle incarne notre rêve réalisé. Je remercie notre ami Slimane d’avoir accompagné son père, de loin. Je m’incline devant ce vétéran des premières heures. Encore  bon pied bon oeil, il a compris l’importance de notre rendez-vous. Il a répondu présent. Il est venu et avec lui tout le bonheur de blanc immaculé. Il méritait bien toutes les attentions, une haie d’honneur, son sourire, écrin d’argent au coin des lèvres. MERCI HAJ. MERCI SLIMANE.

Les Iminiens de toute génération, de tous horizons, ont mérité de se rencontrer. Leurs sourires, leur compassion, dans la fraternité de ces moments de rare connivence, se sont manifestés dans les poignées de mains chaleureuses, dans les épanchements des coeurs. Il n’ y a pas de sublime bonheur!  Et ces quelques photos en témoignent, pour l’éternité.

Merci à tous ceux qui ont permis cette communion des âmes et des esprits!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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