Chers amis,
Je ne reste pas insensible à l’inquiétude que mon silence a suscitée parmi certains d’entre vous. Je voudrais remercier, en particulier, Fatima et Malika qui se sont manifestées à ce propos.
Je voudrais également remercier tous les nouveaux qui ont trouvé le blog et nous ont rejoints fraternellement pour le nourrir de leurs vibrations.
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Le silence est une vertu. J’aime, en tout cas, à me le dire. Je m’efforce de l’ériger en règle de vie, pénétré que je suis de l’idée simple qu’on ne dit rien d’essentiel à vociférer, du haut de fausses certitudes, des convictions erronées, ou à étaler de vulgaires platitudes. Le silence, en cela, est un chemin vers la mesure.
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Mais il est des circonstances qui contraignent le silence, contrarient la mesure. On ne peut s’accomoder du silence quand la morale est en péril, l’honneur bafoué, l’amitié travestie ou trahie. On ne peut se réfugier dans le silence lorsque l’injustice frappe les plus démunis ou que l’ordre du puissant accable l’incrédulité du plus faible. On ne peut se murer dans l’indifférence au sort des déshérités qui crient leur souffrance dans la discrétion assourdissante des nantis. Une telle attitude est sans équivoque. Elle a pour noms insoutenables la lâcheté, le mépris ou l’indifférence.
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les limites du silence sont celles de l’indélicatesse, aussi. De la propension à la gougaterie, sans fard. Paradoxalement, nous les subissons de nos proches ou des prétendants comme tels. De nos miroirs, en somme. Chimère! Le miroir est à double face. L’une est déformante et ce que l’on y découvre, ce n’est pas notre image. Et le miroir n’en est pas un. Il n’ y a pas de miroir. Pas de reflet. Une surface insondable, trouble, à honnir! Comme une âme sombre, perverse, qui s’avance, blanche et pourtant fourbe! Je vomis le miroir et ses mirages. Il n’ y a que nous, face à nous-mêmes. Sans surprise, sans artifice ni semblants. Il n’ y a que nous, dans notre vérité, nos élans et nos pleurs. Il n’ y a que nous, dans nos propres regards, notre authenticité, notre culture, notre horizon. Le reste n’est que fatras de mots vains, dans un monde à la dérive, qui n’est pas le nôtre et qui ne doit pas l’être, d’aucune manière. Il y va de notre salut.
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J’ai dû céder mon âme au diable, l’instant d’une faiblesse. Les regrets sont pesants et amers.
Sur le blog des Marrakchis( c’est la dernière fois que je le cite, ici), j’ai posté le billet suivant:
Bonsoir les amis,
Du temps a passé depuis que j’avais découvert, avec bonheur, ce blog. J’y avais posté quelques commentaires, puis, je m’étais attelé à mettre à bon profit, votre expérience humaine.
J’ai déserté votre blog, pas pour des raisopns obscures. Je me devais de rallier nombre de mes amis d’enfance à l’idée à laquelle vous avez su donner corps, ici, et de belle manière.
Je remercie Michel pour avoir semé sur ses pas quelques graines que j’ai ramassées, plantéees et nourris de son âme. Je l’espère, du moins.
Je voudrais, chaleureusement remercier notre ami Michel2M qui nous a rejoints et inondés de ses précieux conseils. Sa présence soutenue, amicale, nous a, souvent revigorés, dans les creux de l’action. Qu’il trouve, ici, le témoignage de ma gratitude.
Nous nous retrouvons, cet été, à Imini. Je ne sais pas encore si la pâte lèvera, comme je le souhaite. Mais, je suis serein et décidé.
Vous portez en vous l’amour d’un pays qui vous a vus , certains naître, d’autres grandir. Nous nous sentons, tous, avec vous, une affinité , une fraternité profondes. La même terre nous a, de son souffle, caressé la vie.
C’est donc, avec le plus grand plaisir que nous vous invitons à venir vous joindre à nous, pour célébrer quelques jours de partage et d’amitié.
Fraternellement.
Lahcen BERKOU.
Posté par Lahcen, 04 février 2008 à 20:35
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Vous relèverez la date de mon message.
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A ce jour, seule une personne a eu la délicatesse de répondre ceci:
la pâte lèvera
sois en certain Lahcen, comme elle a levé déjà une première fois quand nous nous sommes retrouvés à Toulouse voici maintenant plus de deux ans. Elle lèvera d’autant plus que votre rencontre va se faire sur la terre qui nous a vu naître et grandir. Je souhaite de tout coeur que cette rencontre consolide encore plus si besoin en est les liens qui nous unissent.
Posté par sylvaine, 05 février 2008 à 19:58
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Alors, qu’en dire, qu’en penser? Rien d’honorable. En prenant l’initiative de lancer cette invitation, j’ai été moi-même, dans mon rôle, dans mon être le plus spontané. Nous agissons, tous, d’instinct, comme lorsque nous ouvrons notre porte aux passants d’un jour. Sans hésitation, j’ai considéré tous les gens de ce blog comme nos proches. J’ai estimé que nous partagions avec eux le plus poignant des liens. Celui du pays. En tout cas, certains se gargarisent de l’affection qu’ils lui portent. Hypocrisie! A moins que, pour eux, le pays ne se réduise à des territoires confinés, soumis à leurs seules valeurs. Vides de nous autres. Frontières honteuses d’un autre temps, relents et saveurs d’une époque qui n’osent pas se dire. Nostalgie, quand tu nous tiens !!!
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Je refuse que ce blog soit évoqué dans le mien. Je refuse tout ce qui s’apparentera à de l’assujettissement ou qui prendra le visage abject d’une quelconque allégeance au mépris. Je refuse que certains d’entre vous se précipitent, ici, pour nous annoncer que les marrakchis “s’activent”. Je m’en fous et je ne veux pas le savoir. L’exemple, pour moi, est ailleurs. Et je ne suis pas homme à me laisser impressionner si facilement. Je l’ai été une seule fois. L’année où Mr. Romano m’avait emmené avec sa petite famille pique-niquer au pied de la Kasbah de Tifoultout. Ce devait être aux débuts des années soixante. C’était la première fois de ma vie que je mangeais des sardines. C’était la première fois que je voyais Monsieur Romano soulager sa vessie au pied d’un palmier. Ce fut pour moi un choc existentiel. Je n’imaginais pas qu’il pouvait s’abaisser à de vulgaires besoins. Un dieu, quoi!
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Aujourd’hui, je sais où est Dieu. Je sais où ne sont pas les hommes vrais.
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Une seule issue, chers amis: cultivons notre jardin, seuls, comme des grands.

