Mon titre ne risque pas de prêter à confusion. En tout cas, pas dans mon esprit. L’énoncé qui le constitue est grammaticalement simple: un sujet ( le péril) et l’attribut qui le complète ( est humain ). Mais il est plus intéressant de saisir, pour sa compréhension, ses implications multiples. On peut le lire autrement: on y décèle un thème et un propos. C’est à un ce propos que je vais m’attacher à mettre en exergue, avant d’en développer les niveaux d’interprétation qui me paraîssent pertinents au vu de ce péril qui guette l’humanité entière. L’humanité, celle qui englobe les pourfendeurs du développement durable, celle qui, depuis quelques trois siècles, a dilapidé les richesses de la terre vieilles de près de 600 millions d’années. L’humanité, l’autre paria de la première, qui n’a jamais rien demandé et qui se retrouve, aujourd’hui, fatalement liée au sort que lui a réservé l’autre humanité. Une injustice de l’histoire, une de plus!!!
« La terre n’appartient pas à l’homme,
c’est l’homme qui appartient à la terre »
Une parole de sage que le souffle de Sitting Bull aura emportée avec lui, dans le silence assourdissant de l’époque. L’Amérique, puis l’Occident, restés sourds aux prophéties, aux injonctions des plus avertis des hommes, des plus lucides, ont dressé leur table et se sont invités au « festin de la terre », selon la formule bien heureuse d’un excellent journaliste.
Deux siècles plus tard, les mots du grand chef indien, vainqueur du Général Custer à la bataille de Little Big Horn (25 juin 1876), ne trouveront pas l’écho qu’ils méritent. Un anniversaire de plus dans l’incurie des hommes, alchimistes d’hier, boulimiques, possessifs et fossoyeurs de la planète, aujourd’hui, devant l’éternel.
Les vérités d’hier……
Le « festin » a une histoire. Il est porté sur les fonds baptismaux de la cupidité. De la vanité, cette antichambre de l’orgueil, qui s’est emparée de l’Occident conquérant, puissant et dévastateur. L’art des métaux, acquis dès les âges du fer et du bronze, maîtrisé au XVIème siècle, a probablement induit dans les mentalités l’idée que le monde aussi est transformable, qu’il convient de le plier à la volonté des hommes. Les maîtres d’Afrique, au feu sacré de leurs forges, arrachaient bien quelques prouesses qui émerveillaient. Leur pouvoir couvait au creux des braises et de leur mystère. Le sacre du métal est ici porté par une pensée magico-religieuse. Il naît de la conjonction des éléments de la nature et de la vie des hommes. Il n’a de signification que dans cet espace où s’interprète le sens de la vie et de la terre. Les mentalités qui résultent de ces pratiques ritualisées induisent à la vision d’un monde qu’il s’agit de comprendre, d’interpréter, dans l’émerveillement de son harmonie, sans jamais tenter de l’altérer, en le transformant, en le dénaturant.
Ailleurs, la fascination que les métaux ont exercée sur les hommes les a précipités dans une folie meurtrière qui marque, aujourd’hui encore l’histoire. Des empires se sont bâtis sur l’avidité que suscitaient les filons arrachés au fil de l’épée à des peuples, par trop naïfs. César, subjugué par l’or de la Gaule, n’a pas hésité à y porter le désastre qu’il infligera aussi à Carthage pour s’emparer de ses terres fertiles. Les civilisations sud-américaines n’ont pas échappé au deuil. Depuis la parution des écrits de Marco Polo, la fièvre du plus emblématique des métaux ne manquera pas de bouleverser la région. Cinquante mille Indiens Aztèques seront sacrifiés par les hommes de Cortès. La couronne d’Espagne fit main basse sur le trésor de l’empereur Moctezuma qui périt dans Mexico en flammes. Qui de ces mercenaires conquistadores ou de leur souverain porte la responsabilité de ces massacres ? A ses marins, Ferdinand, roi d’Espagne, avait donné le ton : « Prenez l’or, humainement si possible, mais, quoi qu’il en coûte, prenez l’or ».
Fransisco Pizzaro, quelque temps après, découvrait les Incas et, surtout leur trésor. Cette rencontre coûta la vie à six mille Amérindiens, pour 13 tonnes d’or ramenés à fond de cale en Espagne, on l’imagine, dans l’ivresse et l’hilarité.
……. Suite…….
Patience. Merci.

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bonjour
salutations tous les amis des annaa de 80
bahtine