Une bonne année…..Contre l’oubli
janvier 3, 2009 par Lahcen

- Il en est des évènements comme des hommes. Tous les deux sont tributaires du temps et peuvent se jouer de ses râtés ou provoquer, en quelque écume, ses aléas. Le temps de l’évènement n’est que rarement celui des hommes.
Les hommes demeurent impuissants devant Chronos qui passe , sans les hommes. Un imbroglio, en apparence, sans fond. Et qui soulève la question : de l’homme ou de l’évènement, lequel induit à l’action, au mouvement? Car, si l’homme s’évertue à comprendre les suites efficientes des temporalités distinctes et autonomes, il n’en saisira jamais le dessein général, l’aboutissement final. L’homme ne s’affranchit des vicissitudes du temps et de son corrollaire, l’évènement, que s’il en maîtrise le sens et la portée.
- Nous voila à l’orée d’un nouvel an qui suinte déjà les malheurs ingurgités la veille. Ceux à venir, les hommes s’en préoccupent, en les reléguant au temps de l’incertitude. Les hommes, à coups d’artifices , de frou- frou et de flon-flon, célèbrent, dans la démesure, leur rendez-vous avec le temps, l’instant d’un évènement planétaire. Les publicitaires, les marchands de rêves, de nouveau magnanimes, se ruent au-devant des désirs. Ils les embellissent, quand ils n’en fabriquent pas pour qui est en peine de s’en imaginer un.
La crise qui secoue les places financières et déroutent les économies mondiales a quelque vertu : elle se dévoile aux incrédules et révèle aux aveugles des degrés insoupçonnés de dénuement. La crise, tout le monde en parle. La crise, il s’en trouve pourtant qui ne la connaissent pas. Le grand luxe aura, dit-on, tiré son épingle du jeu, sur les tablettes comptables de fin d’année.
- Curieux que la mémoire des hommes achoppe sur la condition d’ autres hommes. Les Israéliens, comme de coutume, font le coup de force, sans état d’âme. Enfants des rescapés de la nuit et du brouillard, ils croient avoir trouvé la lumière quand ils sombrent dans les méandres de l’arrogance noire. Leurs salves meurtrières fauchent enfants, femmes et vieillards.
Elles fauchent aussi l’espoir dans un silence assourdissant, complice et coupable du monde. En tout cas de ce monde aliéné par sa propre culpabilté. L’espoir n’est plus de ce côté-là. Je ne sais où il a élu domicile. Il est partout et nulle part. A portée de main et vite anéanti. Les hommes lui courent derrière quand ils l’ont dans le dos. Absurdité !Moi, je me cale dans mes doutes. Et, comme tous les sceptiques, je me construis mes propres images d’espérance.
Elles existent. Je les ai rencontrées l’été dernier, sous le soleil de plomb de Timkkit. De petits bambins que le destin a placés sur mon chemin. De petits bambins au destin improbable. De petits bambins attachants qui ont bien voulu partager avec moi quelques instants d’espérance.
Autour de quelques trous creusés la veille, nous avons lié connaissance. Je crois toujours à la force du verbe et au sourire des enfants. Leur charme a opéré sur moi. Ils ont bu de mes paroles. C’est simple, l’espoir, finalement. On le trouve là où on l’attend le moins. Moi, j’en étais submergé, comblé. 
- Les enfants étaient là. En retrait, quelque peu effarouchés par tant de fébrilité qui venait s’emparer du village. Ils étaient assis, dos à la haie de roseaux, en rond d’oignons, intrigués par notre arrivée. Intimidés, certainement qu’ils l’étaient.
J’avais résolu, bien avant de me rendre à Bou-Tazoult, de les impliquer dans nos activités, les considérant comme la clé de voûte de notre projet, l’expression de son avenir. Les premiers pas que j’entrepris en leur direction me pesaient. Je faisais irruption dans leur temps à eux qui n’était pas le nôtre.
Je suscitais un évènement de notre temps d’adultes et je m’apprêtais à le leur faire adopter. Je n’eus pas à me forcer. Les enfants avaient compris l’enjeu. Dès lors, la magie dont ils sont capables a illuminé nos coeurs. Je leur avais promis quelques récompenses s’ils s’occupaient des plants jusqu’à notre prochain retour.
Je leur avais promis de publier leurs photos sur le blog. Aujourd’hui, c’est chose faite. Je les remercie, tous, pour leur gentillesse. Je les remercie pour la confiance qu’ils ont manifestée, si spontanément au contenu de notre action.
- A eux, en particulier, et à vous tous, mes amis, j’adresse mes voeux les plus sincères à l’occasion de ce nouvel an. Merci à ceux qui m’ont envoyé leurs veux par courriel privé.

Publié dans accueil | 5 commentaires
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Cher Lahcen,
Je vais reprendre cette phrase de ton commentaire qui est admirable ,comme toujours:
C’est un exercice bien difficile qui est,la plupart du temps,faussé par tellement de préjugés.Chacun a son idée et croit détenir la VERITE,mais c’est seulement “Sa vérité” qui pourra être contestée par d’autres.Comment,par conséquent,obtenir une unanimité si chacun s’obstine dans ses convictions sans y apporter un peu de TOLERANCE ?
Dans ton récit de ton voyage à IMINI j’ai beaucoup aimé ta rencontre avec les bambins de TIMKIT.Tu as ressenti ce que moi-même j’ai ressenti quand j’ai ouvert l’école de Bou-Tazoult..Je ne m’étonne pas quand tu dis:.Moi aussi j’en avais été séduit et,comme pour toi “ils ont bu de mes paroles”.N’est-ce pas le privilège de tout enseignant de “créer l’espoir”?
Ce jour la j’étais la, j’ai planté le premier arbre dans ma vie
Dans cette terre généreuse qui ma vue naitre
Cette terre que nos parents ont creusée pour nous nourrir
Et que nous avons creusées pour les enterré
Des moments symboliques qui seront à jamais enraciné dans ma mémoire
Malgré le temps et les vents
كل عام وانتم بخير
Boutazoult 2009
BONOUR A TOUS BONNE ANNE ANNEE 2009 EGIRE 1430 ‘je me trompe ?)moi j’écris à tous, parce que vous faites partie, vous imions, de mes 12 années passées à la bas ; je n’ai rien à choisir et j’écrirai selon mes humeurs, mes envies, car avoir vécu là bas, donc imini-boutazoult, nous avons les mêmes souvenirs, les mêmes amitiés et c’est tout ; nous sommes tous fait dans le même moule (si vous voyez ce que je veux dire) physique, seuls changent la personnalité, l’éducation, l’amité créee en fonction des affinités, et avant tous nous sommes huemains (sans race, sans diplôme) juste nous enfants avec nos souvenirs qui ont fait de nous ce que nous sommes aujoursd’hui ; ne l’oubliez pas.
Cher Monsieur Romano,
Mon expérience avec les bambins de Timkkit m’a ramené des années en arrière. A l’époque où vous vous donniez du mal pour nous inculquer les premiers rudiments de votre culture.
J’ai gardé en mémoire l’ascendant que vous aviez sur nous. Et le plaisir qui était le nôtre de vous rester agréables, en toute circonstance. C’est cela que j’ai lu dans les regards des petits de Timkkit.
L’espoir, mot galvaudé de nos jours, est une abstraction, dans un monde qui s’effrite, petit à petit. Dans un monde où le repli sur soi côtoie l’indifférence.Il n’y a que les épris d’humanisme vrai qui continuent à y croire. A croire en l’espoir rédempteur. Les marchands de rêves, eux, s’évertuent à vendre l’espoir soporifique aux gueux de la planète, pendant qu’ils s’enrichissent, honteusement.
Oui, l’espoir que vous nous avez insufflé est toujours en nous. Nous le transmettons, comme vous nous l’avez enseigné. Merci pour cela!
Bonsoir Danuta,
Oui, la bonne année de l’Hégire est bien 1430.
Pas de doute, nous sommes tous enfants de Bou-Tazoult. Il convient d’être clair, en disant cela: nous avons grandi à Bou-Tazoult. Mais, nous avons, tous évolué, hors de Bou-tazoult. Chacun a fait son chemin. Chacun a appris à se positionner là où il a pu le faire. Mais, les adultes que nous sommes devenus, animés par des projets communs, se doivent de manifester un tant soit peu de solidarité et de cohésion au groupe que nous prétendons constituer.
Je ne conçois pas que l’on se réclame de Bou-Tazoult quand on porte l’âme t le masque d’un sniper qui tire dans les “pattes” du copain d’à côté.
Tu es libre d’écrire ce que tu veux, où tu veux. Mais il est des endroits plus légitimes que d’autres, plus intéressants, peut-être. Des endroits où la pensée est librement exprimée. Des endroits où le “copier-coller” n’est jamais une pratique. ll est facile, de nos jours, de se faire ami-ami avec GOOGLE qui vous fournit la substance. Et l’on crâne en essayant de se faire plus savant qu’on n’est, en opérant quelques synthèses boîteuses et maladroites.
Ici, je n’ai pas d’ami qui sappelle ‘GOOGLE”. Ici, c’est moi, modestement, pour votre plaisir, je l’espère et le souhaite.
Merci pour ton commentaire.