CHERS AMIS,
Abdallah NOURMAN m’avertit aujourd’hui, lundi 30 Novembre, du déçès de Abdelââziz AMEZYANE, frère de notre ami Hassan Amezyane.
Je suis consterné, mais la volonté de Dieu passe. Abdelââziz était encore jeune. Je prie pour lui et j’adresse toute ma sympathie à Hassan, sa famille, aux orphelins et à la femme de feu Abdelââziz.
Que chacun se souvienne de notre camarade Iminien! Et de tant d’autres, partis, eux aussi!!!!!
Chers amis,
J’avais commencé un texte que je n’avais pas pu terminer en son temps. Je m’en excuse. Cinq mois au pays m’ont en éloigné. Je l’ai repris et terminé. Je vous le livre en vous en espérant une bonne lecture.
Remarque: La mise en page n’est pas des plus heureuses. Pas de photos. Il n’y a pas que les photos dans la vie. Moi, je peux très bien m’en passer. Le texte, long, justifie ses manquements.
« Deux choses sont infinies : l’univers et la bêtise humaine »
( Einstein )
1. De l’illusion
Une abstraction, comme un vœu pieux, traverse la société marocaine : la certitude de s’être installée, définitivement, dans la « modernité ». Une « modernité », visible, évidente, me répète-t-on. La pensée commune s’entête et l’affirme comme allant de soi dans un pays où la hauteur de chaque immeuble, ses façades rutilantes de ses arabesques, le dispute aux belles terrasses des cafés inaugurées à chaque coin de rue, ourlées d’îlots de verdure, artificiels. (Mais, de bibliothèque, point). La modernité trouverait aussi ses signes manifestes dans les grosses cylindrées noires ou gris anthracite, symboles de la réussite sociale, attributs emblématiques d’une « modernité » assumée par une élite endimanchée à tout crin, entraînant, dans son délire de flamboyance grossière et tapageuse, les plus déshérités mais non moins enclins à tous les excès, à tous les travers de l’apparat.
Les arêtes ou les coupoles des villas, les programmes urbanistiques ou les résidences enclavées des classes moyennes, cernées de vigiles, dénotent, certes, une accession de ces classes au panthéon de la consommation des biens d’équipement moderne. L’on ne peut, raisonnablement, inférer de ces nouveaux modes de vie une quelconque appropriation des caractères ou des codes définitoires de la modernité. L’équation est fausse de vouloir établir, de fait, une adéquation mécaniste entre l’appropriation des signes d’un mode de vie contemporain, urbain et la revendication de ceux de la modernité. Le pas est abusif. Cette conception vulgaire et non raisonnée de la modernité induit un syllogisme des plus douteux, comme tout syllogisme faux. Le raisonnement syllogistique déroule ainsi ses prémisses et sa conclusion :
a. la modernité, c’est l’acquisition, voire l’accumulation des biens
d’équipement ou de consommation, propres au monde moderne.
b. Or, ces biens, je les possède et j’en jouis.
c. Donc, je vis, de plein pied, de plein droit, dans la modernité.
2. De la modernité
La modernité ne se dévoile pas sur les murs, les enseignes, ne se rencontre pas dans les parcs, ou les supermarchés ou sur les réseaux autoroutiers. Pas plus qu’elle ne se laisse réduire aux artefacts de la consommation, aussi moderne soit-elle.
Elle se donne à lire dans l’aptitude à une bonne et authentique gouvernance, au niveau politique, comme elle s’appréhende dans les capacités d’une société à se construire un espace de citoyenneté qui met en scène l’individu souverain dans ses actes et dans ses engagements, à condition que ceux-ci soient gouvernés par la raison et affranchis de toute transcendance. La raison confère à l’individu sa pleine liberté de citoyen qu’il exerce en convoquant, dans l’exercice de la liberté, l’expérience des limites qu’elle lui impose. On ne conçoit pas une liberté qui nie celle des autres ou qui la contrarie. C’est un lieu commun. La liberté est un continuum où les contigüités de ses représentations ou de sa pratique collaborent à édifier un espace civique où s’assument les droits et surtout les devoirs inhérents au principe de responsabilité citoyenne. Penser son individualité et faire valoir sa liberté, c’est assurément une façon de se tourner vers la modernité. On pourrait objecter à cette proposition que les sociétés traditionnelles revendiquent ces caractères réservés à la modernité. Les sociétés traditionnelles règlent leur présent sur l’invocation de leur passé. Leur présent n’est qu’une contextualisation de leur passé, à travers les rites, les coutumes, les traditions, intériorisés. La modernité n’est pas donnée une fois pour toute. Elle ne connaît pas l’immuable. Elle admet, et même, appelle les ruptures. On n’est pas installé dans la modernité quand le poids, les lourdeurs du passé gèrent le présent et l’avenir. La modernité est un projet d’émancipation sociale, sans cesse renouvelé. Un projet inachevé, comme le dit Habermas et qui a le mérite d’inciter à une constante remise en question de soi, des normes et des valeurs sociales. Entrer dans la modernité, c’est, tout simplement, vivre avec son temps.
3. De l’espace
De tout temps, les sociétés humaines ont œuvré, chacune dans sa singularité, à l’édification d’un espace public, enjeu de leur cohésion sociale. Des grottes du Néolithique aux steppes de l’Asie centrale, aux savanes africaines, à la place de mai en Argentine, en passant par l’Agora des Grecs, les sociétés humaines, selon leur génie, ont construit leur espace public, en y privilégiant une aire de pratiques et de représentations visant à une régulation des mœurs et des conduites des groupes sociaux. Les Grecs, bien évidemment, ont marqué l’histoire universelle. On a davantage retenu l’Agora que le baobab ou l’arbre à palabres des sociétés africaines traditionnelles. Le modèle grec a inspiré l’espace social de l’Europe, comme il lui a fourni les fondements de ses démocraties, politiquement parlant.
La structuration de l’espace public en tant que champ de l’agir individuel et collectif est consubstantielle des enjeux de société qu’il porte et incarne. Un espace régi par des velléités coercitives inhibe les réseaux d’interactions des hommes, leur volonté, leur liberté et force à une crispation des mentalités. Un tel espace, de forclusion, génère de la violence, intériorisée ou flagrante, parce que les hommes ne s’y reconnaissent pas, ne le reconnaissent pas comme « un bien commun » selon l’expression de Aristote.
4. L’espace marocain……
L’espace marocain ne souffre plus de ces coercitions d’antan. Mais il continue de porter les stigmates d’un régime défunt. Il peine à se libérer de lui-même. Enchaîné aux réflexes de survie, il manifeste encore toutes les turpitudes et les contradictions d’une société à la dérive. Marqué par son histoire, il avait tourné le dos aux principes de démocratie ou de citoyenneté, initiés par le monde hellénistique qui convoquait ses citoyens sur l’Agora. L’espace marocain est loin d’avoir atteint un semblant de citoyenneté. C’est bien un espace public, comme une jungle est une jungle. L’individualisme s’y est incrusté avec cette violence qui caractérise la prédation. Le fort y est fort, le faible y est faible. Les deux y sont liés par ce fatal attrait du prédateur pour sa proie.
5. Un espace à irresponsabilité illimitée[1]
Livré à la raison du plus fort, l’espace public marocain prédispose à une mentalité agressive du « bec et de la griffe », selon la formule de Jean-Marie PELT. Le principe qui régit les relations individuelles se résumerait dans ce mot d’ordre, résonnance d’un écho primitif, forgé par le même PELT : « Mangez-vous les uns les autres »[2]. On serait en peine de déceler dans cet espace, la figure du citoyen responsable, respectueux de lui-même, des autres et du bien commun.
Le paradoxe de l’espace public marocain, c’est qu’il se réclame d’un changement longtemps espéré, enfin advenu, en même temps qu’il mobilise et convoque, pour son fonctionnement, des attributs de stéréotypies de comportements et de conduites archaïques ou anachroniques. Le changement n’est que représentation de façade, mais les mentalités demeurent les mêmes, au point qu’il n’est pas abusif de penser que l’espace public est gangréné par cette contradiction : changer pour rester le même ou rester le même dans le changement. Une quadrature du cercle. L’espace public marocain a sa propre grammaire. Il s’y pratique une conjugaison rigide de l’un sans les autres, sans le tout.
6. Corpus de « l’irresponsabilité illimitée »
Tout espace livre un aperçu des mentalités qui l’investissent. Il en est le reflet, en porte les marques. L’espace a ses règles. Celles du vivre ensemble, celles d’une bienséance, d’un savoir-vivre. C’est ce socle qui fonde la garantie d’un espace civique, stable, gage d’une société apaisée digne avec ses hommes, à leur tour dignes de cet espace. Cette réciprocité s’avère un leurre, à l’examen des occurrences suivantes :
1. Inutile de rouler en voiture en respectant la limitation de vitesse. Vous essuieriez les foudres de tous les usagers de la route.
2. Ne vous croyez pas en sécurité si vous gardez votre droite. On viendra vous doubler à votre extrême droite, pour se rabattre devant vous. Un bras d’honneur sera votre lot, si vous protestez derrière votre vitre.
3. Ne vous avisez pas d’essayer de traverser la chaussée, si vous êtes piéton. On ne vous laissera pas passer et vous vous entendrez traiter de tous les noms d’oiseau.
4. Ne croyez pas que la ligne continue vous garantit la vie. Vous êtes doublés par des véhicules qui chevauchent allègrement la ligne jaune. Et, dans les deux sens : derrière vous et en face de vous.
5. Ne vous placez pas derrière un véhicule arrêté à un « STOP ». Vous perdriez votre temps. Le gars, confortablement installé dans son 4X4, a arrêté le moteur de son véhicule. Lunettes noires, costume trois pièces, manifestement bronzé aux UV, il téléphone. Il vous foudroie du regard le plus méprisant et continue son manège, sans état d’âme.
6. Ne levez jamais les yeux au ciel quand vous déambulez en ville. L’asphalte, aussi bien que les trottoirs, sont souillés de crachats et de glaires peu ragoûtants.
7. Ne cherchez pas le sens de la queue dans une banque, une administration ou chez un commerçant. Il n’y en a pas. La file n’existe pas. Elle n’est pas en profondeur. Elle s’étale sur toute la largeur du comptoir. On pousse des coudes ; on passe au-dessus de vous des documents, des chèques, pour vous voler votre tour.
8. Ne vous étonnez pas de voir un flic chaleureusement entouré du contrevenant, de son copain et de ses cousins. Les flics adorent le contact humain. Les contrevenants aiment se frotter, de très près, aux flics. Les flics, c’est connu, ce sont des gentils, même flanqués de leurs radars, postés au bout d’interminables avenues où ils semblent attendre d’autres cousins, d’autres meilleures grivoiseries.
9. Si vous ne démarrez pas au quart de tour, au feu vert, les autres vous aboient dessus, en lâchant sur vous leurs klaxons rugissants. C’est que le Marocain est pressé. Il n’a pas de temps à perdre. Il participe au développement du pays.
10. Ne croyez pas qu’un sens unique (panneau d’interdiction) vous garantit la libre circulation. Le gars que vous rencontrerez, remontant le sens interdit, ne vous laissera pas le passage. Il est pressé et n’a pas le temps de faire le pâté de maison. Alors, il économise son temps, en coupant au plus court. Il est prêt à tout. Gare au gourdin que la plupart des Marocains planquent dans leurs voitures.
La liste de ces disfonctionnements et de ces manquements est longue, malheureusement. Ce corpus suffit pour illustrer l’étendue du désastre. La vague d’incivilités ne semble épargner personne. S’il se trouve quelques uns à s’émouvoir de ce fléau, rares sont ceux qui joignent la parole aux actes de cohérence. L’indignation n’est pas un sentiment partagé. Comment pourrait-il en être autrement, l’outrecuidance, la déviance, le système D, l’obséquiosité, la corruption, étant des traits largement diffusés dans les esprits, profondément intériorisés ? Un espace public qui syncrétise autant de travers est atteint, malade de lui-même. L’impuissance à juguler cette hémorragie des normes et des valeurs morales atteste bien que le mal est profond.
Comment expliquer ce désordre, ce chaos ?
7. Vive le « JE »
Nul doute que l’avènement de Mohammed VI aura débridé les esprits longtemps aliénés, réhabilité la parole injustement confisquée, fait éclater nombre de tabous. L’évènement est d’importance. Mais, comme la boîte de Pandore, il n’aura pas répandu que des bienfaits. Il aura provoqué, dans son sillage, ce que les stratèges, d’un euphémisme douteux, ont nommé « des dégâts collatéraux ». Recouvrant leur liberté, les Marocains, encore maladroits dans le délicat exercice des libertés auquel ils ne sont pas préparés, ont versé dans tous les excès. Désormais, la liberté est perçue comme un sauf-conduit pour toute forme de débordement. Le Marocain, hier séquestré dans le noir obscur, revendique, tapageur et forcené, un individualisme tenace et démesuré, violemment aveuglé par le nouvel éclat. Rien ne doit plus pouvoir contrarier ce que le Marocain découvre avec délectation : sa liberté, cette faculté non monnayable qui l’autorise à braver tout et tout le monde. Le bon sens a abdiqué devant une telle conquête. Et, tandis que certains caciques de l’ancien régime, rasent les murs, le Marocain, exultant, crie sur les abords du cortège royal « Vive le Roi », pensant secrètement, bravache, « Vive le JE » (une heureuse formule de Claude ROCHET). L’espoir d’une conscience collective de ce que devrait être « le bien commun », s’en est trouvé davantage fragilisé, le cédant à un égo surdimensionné, source des convulsions qui secouent l’espace marocain. « C’est mon droit », « J’ai le droit », « Je fais ce que je veux, où je veux, comme je veux, quand je veux » est le nouveau paradigme, la nouvelle ossature qui charpente cette forme de pensée unique, anarchique, anarchisante et structure les comportements déviants qui lui sont sous-jacents. La morale s’emballe dans les remous de cette frénésie de l’affirmation du Moi qui évacue de ses impératifs les contraintes d’obligations et de devoirs inhérents au principe supérieur de responsabilité[3].
8. La basse-cour
La fracture est réelle. Ses lignes sont nettes.
La classe moyenne, aux contours encore indéfinis au Maroc[4], aime bien afficher son statut et ses privilèges, légitimes et prétendus comme tels, toujours de manière ostentatoire et souvent vulgaire. Elle ne semble pas avoir fait sien l’adage de prudence : « Pour vivre heureux, vivons cachés ». Attitude de classe et de parvenus en mal de reconnaissance, qui aspire à un double effet de distanciation et de proximité. Au premier, est dévolu le rôle de maintenir et d’accentuer les écarts symboliques de classe en déployant des attributs matériels réputés hors d’atteinte des couches sociales à revenus faibles. Au second est affectée l’ambition d’affirmer la maîtrise des codes sociaux des classes dirigeantes détentrices des modèles dominants du marché symbolique du pouvoir. Obnubilée par son désir d’assimilation, la classe moyenne pêche par excès de zèle, adopte, puis adapte, surtout, dans leur forme caricaturale, les traits distinctifs convoités. La voiture en est un exemple emblématique, parce qu’elle permet, grâce à son rayon d’action, à sa visibilité, une meilleure diffusion des manières et des manies qui font sa marque de fabrique, son « appellation d’origine contrôlée ». La classe moyenne n’a pas l’âme écologique. Les pays industrialisés portent leurs efforts sur la réduction de l’effet de serre qui hypothèque l’avenir de la planète. En matière automobile, les constructeurs ont opté pour des véhicules à faible consommation d’énergie, sous la pression de l’opinion publique avertie et des courants du développement durable. La classe moyenne, elle, affectionne et collectionne les marques cotées, en particulier les « quat’quat : 4X4 » , gourmands et polluants. Qu’à cela ne tienne, la parade n’a pas de prix. Il s’agit de montrer les accessoires fétiches d’une proximité au pouvoir central. Et, comme deux précautions valent mieux qu’une, un soin particulier est apporté au choix de la couleur des véhicules. Qui a dit que le noir n’est pas une couleur ? Si, si ! Celle des cortèges royaux, des officiels et des habitués des Méchouars, ou des cabinets occultes. En un mot, du Pouvoir. C’est bien de cela qu’il s’agit. La classe moyenne entend bien faire savoir qu’elle a du pouvoir. Le pays résonne des cris de sa basse-cour. Le pouvoir d’achat n’est qu’anecdotique pour elle, même si elle tire le diable par la queue, comme tout le monde, dans le secret des découverts bancaires ou des crédits à répétition. Donner le change est le mode opératoire de cette élite. Tout est dans une représentation théâtrale, tragi-comique. Cet « habitus »[5] est poussé dans son expression la plus caricaturale, grossière, chez certains qui jettent leur dévolu sur une marque précise. Ils commandent, quand ils n’exigent pas de leur vendeur ou de leur concessionnaire, que leur BMW, leur MERCEDES, satisfasse à ces impératifs : teinte noire métallisée, vitres teintées et plaque minéralogique de RABAT. Ces détails ne sont pas anodins, tant ils signifient socialement une démarche puérile et agressive. Puérile, parce qu’elle procède d’une mystification propre à faire croire, en en exhibant quelques oripeaux, quelques artifices, à une appartenance au sérail du Palais Royal. Agressive, car elle marque une stratégie d’intimidation et de violence symbolique, déployée comme mode de neutralisation des identités des classes déshéritées ou de leurs prétentions à la modernité.
9. Caste, frime et Siba
La classe moyenne négocie tout le temps sa contiguïté avec le pouvoir central. Elle tire de ses tentatives et de ses réussites en la matière (si tant est que l’on puisse parler de réussite) des avantages certains qu’elle expose avec la vanité et l’orgueil morbides qui siéent aux arrivistes, affairistes, carriéristes, opportunistes et suppôts de tout poil. Le credo de cette nouvelle « caste » est des plus simples : montrer ce qu’elle a et se montrer telle qu’elle n’est pas. L’opacité est sa culture réduite dans une épaisseur sans consistance morale. Digne héritière du machiavélisme, elle se nourrit du cynisme de cette doctrine, en irrigue la pensée commune et affecte les comportements sociaux dans leur globalité. Toute fin justifie tous les moyens, tel est le levier de la machinerie, voire de la machination, mis en œuvre. En se prévalant, à la fois de ce qu’elle ne peut être (réellement au cœur du pouvoir ) et de ce qu’elle représente objectivement, la classe moyenne s’enferme sur elle-même, joue des coudes, inlassablement, pour s’assurer une respectabilité de façade, se tailler une portion gourmande de privilèges usurpés, par le biais du clientélisme, des passe-droits pour parachever, en un mot, l’impunité, l’intouchabilité derrière lesquelles elle court toujours. Ce modus operandi[6], n’a d’autre raison que de se soustraire aux lois et règlements bafoués avec la plus grande négligence, la plus condamnable des légèretés. C’est que l’idée saugrenue est largement partagée : que les lois et les règlements ne sont faits que pour les va-nu-pieds, les enturbannés, les voilées ou les crânes rasés. La classe moyenne ne s’applique qu’une seule règle : se jouer de toutes les règles, avec, en prime, une tendance à en jouer, à frimer de tous les feux.
A ce jeu-là, elle aura réussi à enflammer le pays. Le feu couve partout. Et, personne n’est disposé à jouer aux pompiers. Pas même les « va-nu-pieds » qui brûlent des orteils au crâne rasé ou ébouriffé de misère intellectuelle et morale. Dans leur frénésie à imiter tout et n’importe quoi, ils en font trop et exagèrent, dans leurs pratiques sociales, dans leurs représentations, dans leurs désirs, le cycle de reproduction des modèles des nantis. C’est ce que les sociolinguistes appellent un phénomène d’hypercorrection. Eux aussi friment, de rien, pour rien. Ils « se la jouent » aussi, comme on dit vulgairement. Ils jouent si bien qu’ils rendent leur pièce aux nantis de tout bord, leur dame le pion, même. Et, pas qu’aux nantis, du reste. Eux aussi ont mis le pays sous coupe réglée. Ils ne négocient pas leur impunité dans les salons privés ou sous les lambris des grands ministères ou dans les cabinets feutrés des grands commis de l’état ou autres apparatchiks. Le Mokaddem, le Chaouch, le « RAÏSS EL JAMÂÂ » ( le maire), le « KHALIFA » du RAÏSS (l’adjoint au maire ) ou même le « SAYD ANNÄIB » ( le député du coin ) sont leurs alliés, leurs acolytes. C’est qu’ils ont le bras long, eux aussi. Il ne faut pas croire ! Pour eux, aussi, les lois sont faites pour les autres, pardi ! Même pour les chiens ! Surtout pas pour eux. Ils sont au-dessus des chiens et de tout ça ! Et, ils payent pour ça ! Demandez au gendarme ou au flic qui se pointent, comme des métronomes, le 5 du mois, le 15 du mois, au rond-point ou au virage le plus vicieux, pour arrondir leurs fins de mois. Il faut bien qu’ils vivent, eux aussi ! Ce ne sont pas des chiens ! D’accord, ils mènent une vie de chien ! Tout les enrage, eux aussi ! Il faut comprendre tout ce monde, même si tout le monde ne comprend rien à tout ça ! Même les chiens marocains n’y « pigent » rien ! Ils s’en battent les flans et en vomissent !
Leur « modernité », ils y tiennent, vent debout. Ils se sont affranchis des couscoussiers qui pullulaient sur leurs terrasses, il y a une vingtaine d’années. Les paraboles, motorisées, les ont supplantés, fièrement. Les images qu’elles véhiculent ont, radicalement, transformé leur univers social, violemment perturbé leurs représentations du monde. Leur monde n’est plus au coin de chaque rue. Il est médiatisé au travers des spots publicitaires venus d’ailleurs, qui vantent l’ailleurs, ses temples de consommation et leur démesure. La modernité sur laquelle fantasment les déshérités est une coquille évidée qui n’a aucun sens dans un espace social alourdi par des archaïsmes tenaces, rebelles aux changements structurels, douloureux. Leur modernité est factice, corrompue et dévoyée. Elle est « attrapée » comme des benêts attraperaient des mouches avec du vinaigre, de loin. Leur modernité, saisie par la lucarne des téléviseurs n’est qu’une « télémodernité ».
Les déshérités livrent bataille aux cols blancs, aux mains sales, aux nantis, sur les marges de l’espace social. Les uns, comme les autres, participent à la décomposition de ce qui ronge le pays : les mentalités, en tout point rétrogrades et violentes. Personne ne s’enhardit à trancher net avec ses réflexes, ses habitudes qui oblitèrent et condamnent les voies vers une authentique modernité. A la frime, les couches populaires opposent, sans concession, sans complexe, une anarchie désarmante (naguère dénommée, en dialectal, Siba). Le mot d’ordre est simple : se sortir de toute situation, en y mettant le prix le plus insignifiant et par des détours qui ne s’embarrassent pas de scrupules. Tout est interprété puis transformé, c’est-à-dire dénaturé, pourvu que soient satisfaits les petites affaires du sordide quotidien, les petits intérêts mesquins. Le feu rouge n’est rouge que si l’on veut qu’il soit rouge ; quant au vert, il est totalement inutile, redondant, en l’occurrence, dans cette logique. Les « deux roues » ont bien un casque, mais il trône sur le guidon, quand il ne sert tout bonnement pas de panier à légumes. Les jeunes s’amusent à narguer les voitures et la mort, en décrivant, au beau milieu de la chaussée, des ronds de vélos ou des huit hasardeux, sans aucun souci. Inutile de les rabrouer, ils recommenceront quelques mètres, plus loin, en vous gratifiant de quelques insanités du cru.
10. De nouveaux entrepreneurs…..funèbres
L’espace public marocain échappe donc à la raison. En tout cas, à une raison reconnaissable. Chacun s’évertue à s’exonérer des contraintes naturelles liées à l’exercice du droit et des libertés, celles des devoirs qui fondent l’adhésion de tous au contrôle social. L’état et ses instances garantissent, en théorie, ce que Jean-Daniel Raynaud (sociologue français), appelle le contrôle formel, à travers lequel, il applique des « sanctions institutionnalisées ». En pratique, force est de constater que l’état est bien en peine d’exercer son contrôle social, handicapé en cela par son corps gangréné par la dépravation notoire, en particulier, de ses auxiliaires de police et de justice, et par la prévarication de bon nombre de ses agents de la fonction publique . Le phénomène est d’ampleur. Au point que l’état, comme la société entière, débordé, tétanisé dans son impuissance à l’enrayer, s’accommode de toutes les formes de déviance qui dépeignent et entretiennent les comportements dissolus. L’absence de l’état ou sa démission n’est pas sans conséquence. Elle favorise l’intrusion, dans le champ du contrôle social informel -celui des « interactions de la vie quotidienne »-, de voix nouvelles qui s’autorisent de nouveaux discours, subversifs, revendiquant et imposant un autre paradigme de légitimité : le paradigme religieux comme alternative au désordre social. En lieu et place du politique, ses injonctions d’un autre temps ruinent la crédibilité largement entamée de l’état et de ses efforts pour inscrire la société marocaine dans son projet d’émancipation et d’éligibilité à la modernité. Ces discours, religieux ou faussement religieux, les slogans vides qui lui tiennent lieu de vecteur, compromettent, par effraction discursive, toute velléité de consensus dans le processus de légitimation de la modernité. La mobilisation autour du dissensus auquel ces discours appellent trouve écho dans les couches les plus perméables à l’idéologie montante d’un islamisme radical qui refoulent la modernité tout en y prétendant, à travers l’adoption contre-nature de quelques-uns de ses signifiants expurgés de leurs signifiés et de leurs connotations culturelles. Une pseudo-modernité claudiquant sur des prothèses, mais qui marque en profondeur les tendances à la déviance et à la transgression.
Quelques originaux parmi les chauffeurs de taxis s’arrogent le droit de décrocher leur enseigne lumineuse légale, pour la remplacer par une autre, de leur fantaisie, rédigée en arabe. On ne lit plus « TAXI », mais l’équivalent de « A louer ». Bientôt, on débaptisera tous les cinémas, les théâtres , à moins qu’on ne les livre aux flammes ou qu’on ne les réduise en gravats.L’islamisation de la société marocaine avance à marche forcée et l’on ne compte plus les véhicules qui arborent, sur leur pare-brise arrière des versets du Coran invitant à « ne pas oublier d’invoquer ALLAH ». Le salut résiderait dans cette ultime et suprême invocation qui prémunirait de tout et de tous. Mais si, d’aventure, elle venait à ne pas suffire, des calligraphes anonymes ne manqueraient pas de vous conseiller, pour votre salut, en toutes circonstances et en dernier ressort, de vous en remettre à « Dieu, clément et miséricordieux ». Le credo ne date pas d’aujourd’hui. Mais son action est profonde aujourd’hui plus qu’hier. La faillite du politique et les dérèglements sociaux qu’elle a engendrés ont laissé le champ libre aux spéculations les plus douteuses sur la puissance du religieux, seul à même de rétablir la paix sociale, en moralisant les mœurs, par un retour salutaire aux fondamentaux de l’islam des premiers temps. Une entreprise anachronique et passéiste qui trouve entrepreneurs nouveaux et relais efficaces. Faire du neuf avec du vieux, pourquoi pas, si nous ne savons pas y faire avec le neuf ou s’il n’est pas taillé pour nous ! Un aveu d’échec qui n’est pas assumé ; ni lui ni les stigmatisations qui le frappent. Ces entrepreneurs d’un nouveau genre, « entrepreneurs de morale », selon l’expression du sociologue Howard Becker [7], tentent d’imposer de nouvelles normes de conduites dans lesquelles s’inscrivent, comme en négatif, tous les travers, toutes les déviances. Les versets du Coran couvrent les pare-brise arrière des véhicules et appellent à la moralisation forcée des comportements et des mœurs. Mais ceux qui participent à ce mode de diffusion ne sont pas les moins portés à toutes les incivilités et aux pires dérogations aux règles de sécurité et de courtoisie de la route. Les voitures ne sont plus des voitures, mais s’improvisent comme des minbars, comme de nouvelles tribunes pour la prédication et le prosélytisme. Elles servent de relais à une croisade intrusive et violente qui fait fi des libertés publiques ou des règlementations de la voie publique. S’en remettre à Dieu à chaque transgression, c’est se retirer du monde en se mettant en marge des institutions des hommes, en négligeant de contribuer à consolider les prémisses d’une modernité fragile qui peine à affirmer sa rationalité par le biais de quelques-uns de ses attributs élémentaires : un espace social enfin rendu à plus de civilité, un espace citoyen où prennent forme et sens nouveaux les notions de droits, de devoirs et de libertés individuelles, régulés dans une société tolérante. Il n’est pas sûr que les nouveaux entrepreneurs aient pris toute la mesure de ces enjeux. Il est permis de douter de leur volonté d’y souscrire. Le sort des hommes ne les intéresse pas. Ce qui les motive est de l’ordre du divin, transcendant tout. L’au-delà, seul, est leur enjeu. La société, ses hommes, ses règles et ses lois sont relégués au second plan de leurs préoccupations. Le monde d’ici-bas, ses sociétés archaïques ou modernes, tout cela n’est que futilités et vanité des hommes qui ne mènent pas à la grâce céleste, éternelle.
Ces postures de repli ne portent pas à la grandeur tant elles cultivent les paradoxes et réduisent les atouts de la modernité. Les mosquées, lieu de leur prédilection, ne désemplissent jamais. Elles débordent jusque sur la voie publique, les jours de grande affluence et dérèglent la circulation. Bousculer l’ordre profane pour que s’épanouisse le sacré, là réside le sens de cet activisme moralisateur. Là se lisent tous les désordres. Il n’y aurait rien à redire au volontarisme des « nouveaux entrepreneurs » et de leurs affidés si leur action donnait à observer dans le tissu social quelque effet de rectitude morale ou de redressement des comportements déviants. Il n’en est rien. Toutes proportions gardées, l’afflux vers les mosquées n’est que l’occasion d’une cérémonie pénitentielle au cours de laquelle chacun vient trouver absolution à ses péchés intimes, à ses fautes inavouables. Les mosquées semblent coupées des réalités sociales dont, naguère, elles ont fait leur pain quotidien. Leur emprise, en tout cas, sur l’hypocrisie générale est amoindrie. Tous les enturbannés, les barbus ou les imberbes qui se déversent sur les trottoirs, après les prières, oublient allègrement sermons, versets et hadiths pour se remettre à cracher à vos pieds, cracher les jurons et autres insanités en vous dépassant sur une ligne continue. Ils sont prêts à refaire le plein des incivilités, des entorses à la loi, des manquements aux devoirs, en attendant le prochain office du vendredi saint qui les lavera, de nouveau, bien blancs. Le mythe de Sisyphe, version moderne.
11. Les incertitudes de la transition
Pour le dire, sans ambages, une frange non négligeable de Marocains, « entrepreneurs » ou pas, a acquis le réflexe de « se débrouiller » avec ce qui la gêne. Elle ne s’en débarrasse pas. Elle s’en accommode moyennant quelques arrangements complices et corrompus. La débrouillardise est érigée en valeur cardinale qui gouverne ses intentions comme ses projets, ses actes comme la mentalité qui les anime. Tout gêne ces Marocains. Les lois, les règlements, les devoirs, les engagements, le respect des autres, de l’espace social, le présent et l’avenir. Le présent, plus que l’avenir qui n’existe pas encore, qu’ils plombent, néanmoins. La modernité, sans lendemains, est jetée en pâture aux appétits les plus immédiats. La corruption est logée dans l’œil du flic qui vous toise, raide et faussement débonnaire. Elle est lovée, comme une verrue, dans la main moite et avide de l’infirmier, fourbe, du mokkadem obséquieux et vorace, du caïd pendu à une cravate souillée, du maire repus de ses administrés. La moralité est saignée de partout. Le mal enfièvre le pays tout entier. Son impuissance à le juguler débride une insoutenable ingéniosité qui flatte les mauvais génies de la roublardise, de la resquille. Jamais l’adage « misère est mère d’industrie » n’aura trouvé terrain plus fertile. L’industrie est systématique, perverse et néfaste à la moralité malmenée au motif que la misère l’enfante tout naturellement. L’irresponsabilité des uns et des autres, de tous, est à incriminer, au premier chef. L’industrie est systémique aussi. Elle porte des coups sournois au processus naissant de la démocratisation du pays, de son engagement sur le chemin ardu de la modernité.
Impunité, contournement et détournement sont les rouages de l’industrie. Les industrieux de tout bord redoublent d’adresse pour se mettre à l’abri de ce que dit le droit. Les uns comme les autres se constituent carnets d’adresses et réseaux d’intermédiaires occultes. Les uns et les autres valent ce que valent leurs protecteurs. La loi ne vaut rien, elle. Les passe-droits, le clientélisme ont raison d’elle. Il serait temps qu’elle se juge elle-même. Y parviendra-t-elle un jour ? Peut-être. En attendant, les outrages perdurent dans l’indifférence et l’anarchie générales. On chercherait, en vain, le degré Zéro de la modernité.
Le flic, le gendarme, font une lecture sémiologique tronquée de leurs instruments de travail. Le radar portatif est leur filet. Ils jubilent à chaque infraction, réelle ou inventée dans le cynisme et l’arbitraire. Le radar, porté par un agent assermenté, garantit l’autorité de l’état en rappelant toute sa rigueur objective à tout contrevenant. Il assure, en même temps, et surtout, la sécurité des usagers des routes. Les contrôles auxquels ceux-ci sont soumis doivent les inciter au respect de toutes les dispositions légales. C’est ainsi que s’appréhende, dans sa simplicité, le sens « dénotatif » lié au terme radar. Son contenu « connotatif» est plus étoffé : respect des lois, de la liberté d’autrui, sens des responsabilités, civisme , civilités, courtoisie, autant de traits auxquels renvoient les fonctions attachées au radar et qui balisent, par leur observance stricte, le chemin de la citoyenneté. Le flic, le gendarme amputent le terme de ce qui lui confère toute sa richesse et le réduisent à une vulgaire machine à sous qu’ils vident dans leurs poches. On chercherait, encore, le degré zéro de la modernité dans cette pratique du détournement fonctionnel d’un instrument du contrôle social.
La peur du flic ou du gendarme ne recouvre aucune réalité dans le pays. Ailleurs, elle traduit, dans les démocraties, la peur des citoyens de contrevenir au droit et donc de se voir infliger de justes sanctions. Elle exprime aussi l’intransigeance des représentants de la loi qui ont mission de l’appliquer équitablement et avec rigueur. Leur honnêteté, leur civisme engagent ceux des autres citoyens.
Le Marocain, lui aussi, a peur du gendarme, il ne faut pas croire ! Mais son civisme, sa citoyenneté sont enfouies au fond de sa poche qu’il retourne dans tous les sens pour y « dégoter » quelques pièces destinées au contrôle routier qu’il est certain de subir dans la journée. Il ne se soucie guère de vérifier s’il emporte avec lui les papiers de son véhicule. Dieu l’accompagnera depuis le perron de la mosquée, surtout s’il n’en a aucun. De quoi parlerait-on au Marocain ? De modernité ? Casse-tête ! Il y est allergique. Trop compliqué. C’est encore un truc venu d’ailleurs, de l’occident, ou dans les bagages des immigrés, attentatoire aux traditions séculaires et à leur authenticité.
Les Marocains n’ont pas leur langue dans la poche. Ils parlent accessoirement de la modernité. Ils la côtoieraient, tous les soirs, sur les écrans de leurs téléviseurs. Mais ils parlent surtout des autres Marocains qu’ils tiennent pour responsables des dysfonctionnements et des dérives du pays. Personne ne se remet en cause et chacun se défausse sur les autres. Une attitude qui rappelle celle de Ponce Pilate[8] se lavant les mains des forfaits des autres ou celle de Garcin[9] décrétant : « l’enfer, c’est les autres ».
Que les Marocains s’accablent de violentes invectives, est le signe que la société ne s’est pas libérée des soubresauts des brutalités et des exactions d’hier. L’enfer, en réalité, est partout. Il provient de loin. De l’histoire récente du pays, en particulier. Les années, dites de plomb, ont creusé le lit de ces dérèglements inquiétants dont les mentalités portent de profonds stigmates. Peut-être faudra-t-il accepter que ces bouleversements soient inhérents à toute transition et, peut-être est-il permis de nourrir quelque espoir de ne pas voir le pays sombrer dans le déclin. Le pessimisme souvent l’emporte sur l’optimisme à la vue de jeunes couples qui barbotent dans la piscine d’un hôtel quatre étoiles. Les hommes, barbe taillée, y précèdent leurs dulcinées qui ne s’encombrent pas d’un maillot de bain, drapées dans de longues tuniques qui leur couvrent tout le corps. Elles ne se dérobent pas derrière une burka que, bientôt, elles s’arracheront dans les baluchons des talibans dormants, aux aguets.
Ces couples jouent aux apprentis sorciers et, pensent-ils, nagent, béats, dans la modernité .
Une aberration de mauvais augure.
Il ne reste plus qu’à prier pour que demain, des cohortes puritaines et vociférant d’iniques fatwas, ne s’avisent à brandir le Kitab al Tawhid[10].
Paris, le 26 Octobre 2009. Lahcen BERKOU
[1] L’expression est empruntée à Claude ROCHET [2] Cf. PELT, Jean-Marie, La raison du plus faible, Fayard, 2009. [3] « La perte de la responsabilité… est la perte de la liberté » affirme Claude ROCHET, dans son essai : « Un précis d’incorrection politique à l’usage des jeunes générations », 2001. [4] Je recommande le numéro 5 de l’excellente revue marocaine ECONOMIA qui publie une étude innovante sur la classe moyenne au Maroc. [5] Bourdieu [6] L’expression est de Bourdieu. [7] Outsiders, 1963 [8] Préfet de la province de Judée au moment de la crucifixion de Jésus qu’il ne voulut pas condamner, mais livra aux responsables religieux juifs. Il se lava les mains pour dégager sa responsabilité du sort scellé de Jésus. [9] Personnage de Sartre à qui l’auteur fait dire cette phrase devenue célèbre, dans Huis clos. [10] « Traité de l’unicité divine ». Traité de Mohammed Ibn Abd al Wahhab, théologien fixé en Arabie en 1739. Il a trouvé bonne audience auprès du premier des Ibn Saoûd, fondateur de la dynastie Saoûdienne. Il préconise dans son traité, le rejet de tout compromis avec la modernité et une interprétation littérale du Coran. On lui doit le courant Wahhabiste qui sévit en Arabie Saoüdite.
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المرور والسلوك الحضاري: ثوابت إسلامية لا حيدة عنها
خطئون هؤلاء الذين يظنون أن الحضارة هي العيش في المدن الكبرى التي توفرت فيها جميع أسباب الراحة والرفاهية. مخطئون هؤلاء الذين يظنون أن الحضارة هي امتلاك أحدث الأجهزة وآخر ما وصل إليه العقل البشري من إبداع. ليست الحضارة في ركوب السيارة الثمينة الفاخرة والتمخطر بها في الشوارع الفسيحة دون رادع من ضمير يقظ أو احترام للوائح المرور وقوانينه. متخلف ذلك الذي لا يعرف أن النظام حضارة وأن الحضارة روح الحياة. ضَيّق الأفق ذلك الذي يركب سيارة واسعة ولا يعرف أن الإشارة الصفراء تعني أن تهدئ سرعتك وتستعد للوقوف. جاهل ذلك الذي يخترق الإشارة الحمراء عن عمد مهما بلغ من العلم.. وفقير مهما امتلك من المال. الجهل يعني أنه لا يعرف قيمة الحياة.. قيمة حياته التي سيفنيها في لحظة طيش، وقيمة حياة الآخرين الذين سيكونون ضحاياه، أما الفقر فنعني به فقر الخلق والقيم ووازع الضمير. ومستعجل على الموت يقود نفسه بنفسه إلى حتفه ذلك الذي يتجاوز حدود السرعة المسموح بها في المدن والشوارع الداخلية. ومسكين بجهله ذلك الذي يستكبر على ربط حزام الأمان على نفسه في سيارته بعد أن أصبح ربط حزام الأمان سلوكاً تلقائياً في العالم الأكثر تحضراً. والعجيب أن الذين يرتكبون هذه المخالفات يعرفون جيداً أنها خطأ، وأنها سلوك متخلف ينال من يأتيه في البلدان الغربية أشنع عقاب، وأشنع عقاب في الغرب دفع أكبر مبلغ من المال. وليت الذين يصرون على ارتكاب المخالفات المرورية لهم ما يبرر ذلك رغم أنها مخالفات ليس لها مايبررها. ولو كانت هناك إحصائية أو دراسة لنوعية مرتكبي المخالفات المرورية لوجدنا أكثرهم من أقل فئات المجتمع إنتاجاً، ومن الذين لاقيمة للوقت عندهم. وربما لا قيمة للمال عندهم بل أيضاً ـ وهذا الأهم ـ لا قيمة للحياة نفسها عندهم. ومن هنا نصل إلى القول بأن الحضارة في أساسها وعي، فإذا وجد «الوعي» لدى الإنسان استطاع أن يترجمه إلى سلوك ومعاملات. وقد ارتقت أمة الإسلام لعدة قرون على غيرها من الأمم بحضارة السلوك والمعاملات، ووصف الله سبحانه وتعالى نبيه من فوق سبع سماوات بأنه صاحب «خلق عظيم» وأن «خلقه القرآن» كما قالت عائشة رضي الله عنها. لهذا لم تخلف حضارة الإسلام أهراماً ولا أبراجاً ولكنها خلفت حزم أبي بكر وخشيته، وعدالة عمر وتواضعه، وحياء عثمان وتقواه، وورع علي وشجاعته، وخلفت حياة لا تموت من القيم والمبادئ والتعاليم. خلفت حضارة تشهد لها أقوال أعظم من سار على قدمين على وجه الأرض. «أعط الطريق حقه» و«إماطة الأذى عن الطريق صدقة» و«تبسمك في وجه أخيك صدقة» و«إيذاء المؤمن كفر» و«لا تُلقوا بأيديكم إلى التهلكة». والإنسان في الإسلام مؤتمن على نفسه وغيره وعلى كل مايملك وما لايملك، لأن ذلك حق الحق العام، والحق العام حق المجتمع وحق الحياة، وبدون ذلك لا يكون المجتمع المسلم ـ كما قال نبيُّ هذه الأمة «صلى الله عليه وسلم» كالبنيان المرصوص يشد بعضه بعضاً. ومن هذا المنطلق جاءت مقولة كل مواطن خفير وكل خفير عليه أن يخاف الله في حق الدولة وحقوق الناس بمعنى أن يؤدي واجبه بأمانه، وأن يسير في الناس عدلاً. ولهذا فإن حضارة ديننا تؤكد أن أتقى الناس هو أحرص الناس على الناس حقوقاً وأرواحاً، فقد دخلت امرأة مصلية صائمة النار بسبب حبسها هرة حتى الموت! وقال الرسول «صلى الله عليه وسلم»: «من كان يؤمن بالله واليوم الآخر فلا يؤذ جاره». وينطبق هذا التحذير النبوي على جميع أنواع الإيذاء الذي يرتكبه الناس في حق بعضهم بعضاً دون سبب إلا الهوى والجهل. ومن هنا فإن حضارتنا ناقصة ولن تكتمل إلا بارتفاعنا إلى مستوى الإسلام في السلوك والمعاملات. ويجيء الوقوف أمام إشارات المرور والالتزام بالنظام أكبر امتحان لا لحضارة الإنسان فحسب بل لإيمانه وتطبيقه لما جاء به دينه. ولعل الحملة الوطنية للتوعية المرورية التي بدأت انطلاقتها المباركة لتستمر يكون لها دور كبير في تذكير الناس بما جاء به ديننا منذ أكثر من أربعة عشر قرناً.. تذكيرهم بأن الإسلام حضارة، وبأن الحضارة وعي وأن الوعي سلوك ومعاملات، ودون ذلك سيكون بيننا وبين حضارة ديننا مسافة لا نستطيع أن نتخطاها بالعبادات وحدها
Salut Abdallah;
Tu es le premier à poster un commentaire pour mon texte. Merci!
Mais, dis-moi, tu écris en quelle langue? Je comprends maintenant tout ce que tu me disais au téléphone.
Laisse-moi le temps de déchiffrer tes hiéroglyphes, d’en saisir la substance. Je vais exhumer mon Arabe que j’ai délaissé depuis longtemps.
Tu as oublié, dans ton vice, d’écrire en Tifinagh.
Qui sera le prochain à nous poster un commentaire en Espéranto?
Merci l’ami. Je répondrai, quand j’aurai fait quelques brouillons d’arabe. Pas de rires!!!!
التراث والبيئة
لقد وهب الفقه الإسلامي أهمية للجانب البيئي من ضمن اهتمامه بالعمارة وميزان المقاصد الشرعية ؛ ولهذا الغرض خٌصصت وفُصلت الأحكام الشرعية تقييدًا لسلطة الإنسان وحركته بإطار الخلافة لله وأمانة الإصلاح في الأرض وعمارتها، وهكذا دخلت علاقة الإنسان بالبيئة في مراتب الضروريات والحاجيات والتحسينات في مقاصد الشرع من حفظ للدين والنفس والعقل والمال والعرض .
ووردت تعاليم صريحة في القرآن الكريم ترتب العلاقة بين الثلاثي ( الكون و الطبيعة والإنسان) ، وقد دعا إلى النظر والتدبر في الكون وصولا إلى الحق المطلق كمعادلة وغاية مرتجاة، كما في قوله تعالى: (وَلَوْ أَنَّ أَهْلَ الْقُرَى آمَنُوا وَاتَّقَوْا لَفَتَحْنَا عَلَيْهِمْ بَرَكَاتٍ مِنْ السَّمَاءِ وَالْأَرْضِ وَلَكِنْ كَذَّبُوا فَأَخَذْنَاهُمْ بِمَا كَانُوا يَكْسِبُونَ) .وبحسب ذلك المفهوم فأن علاقة الإنسان مع الطبيعة تتناسب طردياً مع ازدهار العدالة في علاقات الإنسان مع أخيه الإنسان. أي أن مجتمع العدل والسلام الخالي من روح المنافسة وسطوة الغرائز الاستحواذية هو الذي يفجر طاقات البيئة ويتعامل معها بشكل لا يؤدي إلى سوء استغلالها، بما فيها من موارد وقوى مادية تسخر للإنسان.
وهكذا طفحت المعادلة البيئية المدعوة إسلاميا بـ (الإفساد) ،بحسب قوله تعالى (كُلُوا وَاشْرَبُوا مِنْ رِزْقِ اللَّهِ وَلآ تَعْثَوْا فِي الأرْضِ مُفْسِدِينَ) . وفي قوله تعالى: ( ظَهَرَ الْفَسَادُ فِي الْبَرِّ وَالْبَحْرِ بِمَا كَسَبَتْ أَيْدِي النَّاسِ لِيُذِيقَهُمْ بَعْضَ الَّذِي عَمِلُوا لَعَلَّهُمْ يَرْجِعُونَ ) أو في قوله (وَمَا أَصَابَكُمْ مِنْ مُصِيبَةٍ فَبِمَا كَسَبَتْ أَيْدِيكُمْ وَيَعْفُو عَنْ كَثِيرٍ ) .
وعلى نفس المبادئ المعادلة بين الغيبيات والأخلاقيات، نشأت دعوة مبكرة إلى الإنبات والتشجير و الارتقاء بالبيئة الخضراء المحيطة. حيث نقل عن أبي قتادة ، قال رسول الله (ص) : (إن قامت الساعة وفي يد أحدكم فسيلة , فإن استطاع أن لا يقوم حتى يغرسها فليغرسها) . وورد في حديث أخر ( ما من مسلم يغرس غرسا أو يزرع زرعا فيأكل منه طير أو إنسان إلا وكان له به صدقة). وقد حدد المنهج الأخلاقي للإسلام ماهية التعامل مع العلم ومنهجيته وانشغالات البحث العلمي التي لا تمس ما لا طاقة للبيئة به بحجة التنمية والتوق إلى التقدم كما نلمسه في حضارة اليوم ،وبذلك اختارت من العلم ما يناسب ونبذت الباقي.
وبذلك أمست علاقة الإنسان مع البيئة ذات محتوى واقعي وليس غيبي، و شكلت سنة من سنن الله.وأصبح يقينا أن مجتمع الظلم الممزق يعمل على تدمير البيئة، وسوء استغلالها.وما يحصل الآن وحصل بالأمس هو تدمير البيئة تحقيقاً لمصالح اقتصادية أو أغراض عدوانية. فحمى بناء المفاعلات النووية وإنتاج الأسلحة الفتاكة واستعمال اليورانيوم من جانب، ومن جانب آخر قطع الغابات أو إحراقها في إندونيسيا والأمازون وأفريقيا، ، واستعمال طرق مص ضرع البيئة بشكل جشع أدى إلى إماتتها،بما سيقضي على حياة الإنسان من حولها.
شجون العمارة والبيئة
أن احترام البيئة جاء ضمن الممارسة الأخلاقية في عمارة الإسلام ،كونها مصدر مواد البناء التي تجسد العناصر المعمارية ،وهي التي تشارك في خلق فضاءات معمارية موائمة للعيش وأجواء صميمة تراعي فيها الراحة الجسمية والنفسية.
و البيئة الإسلامية على العموم تتميز بالجفاف وانخفاض معدل الأمطار وارتفاع شدة الإشعاع الشمسي وارتفاع معدل الفاقد الإشعاعي ليلا ،وبثبات نسبي في أنواع الرياح اليومية والموسمية. وفي تبني خط إنساني يكرس شعور بالراحه للساكن ،يكون مصدرا من مصادر بناء حالته النفسية المستقرة، ومن ثم يتداعى في الممارسة الأخلاقية إزاء مجتمعه التي تعتبر وسيلة وغاية. وبذلك توصلوا الى تلك المعادلة التعليلية، و تبنوا أسلوبا في البناء متناغما مع تلك المعطيات المناخية ومستفيدة منها ،وعلى العموم تتكرس المناحي البيئية لعمارة المسلمين بالصيغ التالية :
•1.قللوا الأسطح الظاهرة من المباني وكذلك معدل الانتقال الحراري وذلك بمراصفة البناءات في مجموعات وكتل.
•2.استفادوا من التراوح في درجات الحرارة باستعمال الطين أو الطوب في بناء حيطان سميكة مع تقليل عدد الفتحات ،وبذلك حدوا من تبادل الطاقة مع الهواء الخارجي والحد من تسرب وتجمع الغبار.
•3. عملوا صهاريج عميقة في الأرض لحفظ المياه.
•4.حددوا من معدلات اكتساب الحرارة الشمسي، وذلك ببناء أفنية عميقة تحيط بها الغرف ويتم تشجيرها. وكذلك الاحتفاظ بهواء الصباح البارد عدة ساعات والتقليل من تأثير الرياح المحملة بالأتربة وباستعمال الأسوار العالية والتي توفر قدرا من الضلال المرغوب بها.
•5.استعملوا السراديب التحت أرضية ،التي ما أحوج العمارة اليها اليوم لتعدد وظائفها.
6.استعملوا السقوف المقببة من اجل الزيادة من معامل الانتقال الحراري ومسطحة،بما يحتم شفطا للهواء الساخن في أعلى القبة.وتستعمل في المناطق التي تسودها الرياح فتحات التهوية الطبيعية
7.استعملوا الطاقة الشمسية في الغرف المصممة للأشغال الشتوي وخزنوا الطاقة في الحيطان والسقوف،وجعلت التدفئة في الشتاء تتم في الحجرات المستعملة للسكن والنوم فقط من اجل الاقتصاد في الطاقة.
لقد روعي في تصميم العمائر الإسلامية احترام الموروث في كل بيئة طبيعية بما يناسبها .واحترام الأعراف البنائية المناسبة للبيئات(الثابت) . وجاء التكريس من خلال إشادة الحيطان من مواد محلية وبسمك يضمن صمودها وتحملها وزر أحمال البناء المحمول، ومقاومتها للحرارة والرطوبة.
وهنا نذكر بأن الإسلام لم يمانع بالاسترسال في القيم الأخلاقية للشعوب بما يتناسب مع مراميه الأخلاقية، ولاسيما في العمارة، على مبدأ الرسول الكريم (إنما جئت لأتمم لكم مكارم الأخلاق). وهكذا أقر الخليفة عمر (رض) أن يبني العراقيون بالقصب مدائن الكوفة والبصرة،كونها زاهدة وفعالة وتتماشى مع البيئة المحلية.
إن تفاقم المشكلات البيئية في العالم أجمع وما ترتب عليها من مخاطر تهدد كل الكائنات على السواء أصبح من الأمور التي تستوجب من الجميع المشاركة الفاعلة في مواجهة تلك المشكلات البيئية سواء أكانت مشكلات بيئية على المستوى المادي ( تلوث الهواء ـ تلوث الماء ـ التلوث الإشعاعي ـ التلوث الضوضائي ـ تلوث التربة ـ تلوث الغذاء …الخ . ) أم مشكلات معنوية ( تلوث خلقي ـ تلوث ثقافي ـ تلوث سياسي ـ تلوث اجتماعي …الخ مع تسليمنا بأن النمط الثاني ( التلوث المعنوي ) يعتبر الأساس بل والأخطر على البيئة من كل الأنواع الأخرى.
العلم اساس كل سلوك واعتقاد
قال الله تعالى (ولا تقف ما ليس لك به علم ، ان السمع والبصر والفؤاد كل أولئك كان عنه مسؤولاً ) . ينهى الله عز وجل في هذه الآية نهياً صريحاً قاطعاً عن اتباع ما لم يتوفر الدليل العلمي الثابت على أحقيته وثبوته سواء فيما يتعلق بالاعتقاد أو السلوك . وهذا النهي بذاته يتضمن بطبيعة الحال الأمر باتخاذ العلم وسبيله ميزاناً لكل ما يتعلق بأمور الحياة .
والعلم هو إدراك الشيء على ما هو عليه في الواقع سواء أكان ذلك الشيء من المحسوسات أو المغيبات . فلا جرم أن الظنون والفرضيات والنظريات لا تعتبر علماً، وإنما هي طريق إلى علم لم يتم بعد، فلا بد من اجتيازه ولكن ما الحكمة من هذا الأمر ؟. . وماذا يضير الإنسان أن يغمض عينيه وفكره عن معرفة الحقائق، ثم يسير في فجاج الحياة كيفما اتفق ؟..
والجواب أن هذا الحكم الإلهي مرتبط ارتباطاً وثيقاً بحكم أساسي قبله، وهو وجوب الإيمان بالله تعالى وإقامة منهج الحياة طبقا لشرعه وأحكامه.
وليس من سبيل لإقامة الإيمان وتوابعه في القلب إلى سبيل العلم والإدراك اليقيني . وليس من آفة أخطر على الإيمان بالله تعالى من الابتعاد عن المنهج العلمي والتعرض للظنون والأوهام والفرضيات وأسبابها ثم الوقوف عندها والاعتماد عليها.
وما ألحد الملحدون في ذات الله تعالى الا لأنهم أقاموا الظنون والنظريات في عقولهم مقام اليقين والعلم ، ثم وقفوا عندها ولم يتجاوزوها . وما استقر الإيمان بالله تعالى في أفئدة المؤمنين الصادقين إلا لأنهم لم يرتضوا بالعلم اليقيني بديلاً ، وأولئك هم الذين وصفهم الله تعالى بقوله : ( والراسخون في العلم يقولون آمنا به كل من عند ربنا وما يذكر إلا أولو الألباب ) .
هذه حكمة .. وحكمة أخرى من وراء وجوب إتباع سبيل العلم. هي أن من شأن الإنسان أن ينقاد في حياته لمؤثرات مختلفة كلها من قبيل الهواجس والأوهام، وتأتيه هذه المؤثرات عادة من الظروف التي تحيط به والبيئة التي يعيش فيها.
وذلك ، كهذا الذي ينتاب الإنسان من ردود الفعل ، وعقد النفس ، ودوافع العصبية ، والانتصارات للذات والسير مع الأغراض والأهواء . ومن المعلوم أن أكثر ما يسير الناس في فجاج الحياة الفكرية والعملية، هذه الدوافع المختلفة التي تعصف بهذه البيئة والظروف وملابسات الأحوال. والذي يذهب ضحية ذلك كله إنما هو سلامة العقل وحرية الفكر .
يتضايق الإنسان نفسياً من رجل من الناس، فيحمل عقله بسبب ذلك حملاً على استنكار ما يقوله ويدعو إليه . وينتاب الرجل عقدة نقص لأسباب طارئة في حياته فيذهب في التأثر بعقدة نقصه مذهباً يخاصم فيه العقل وأحكامه . وتطوف بإنسان آخر نوازع عصبية ، فيمضي في الانتصار لعصبيته الى نهاية يصم فيها أذنيه عن نداء الحق وعلمه.!
وهذا أخطر مظهر من مظاهر العبودية التي قد يقع الإنسان حبيساً في أغلالها ، اذ تشل عنده فاعلية العقل وتصبح قواه الفكرية تابعة في ضراعة وذل لظروفه ومشاكله النفسية .
فما هو السبيل الذي هيأه الله للإنسان كي يتخلص من رقبة هذه العبودية ؟
السبيل أن يصحو دائماً الى ميزان العلم وحقائقه ، ويستنجد لذلك بالأسلحة التي جهزه الله عز وجل بها العقل ، والسمع ، البصر، ومختلف المدارك والحواس . فإذا صحا الإنسان إلى ذلك وراح ينمي مداركه العلمية ويوسع أمامه من آفاقها ، فان سلطان تلك المؤثرات النفسية يتقلص عنه ، ويخبو ما يكون له من ضياء أمام نور العلم وسراجه المتقد ، ولا تعود الظروف البيئات عذراً لأولئك الذين يحبون أن يعتذروا بها . .
ولا شك أن أكثر الناس تأثراً بالأوهام أبعدهم عن ساحة البحث ونظره وأبعدهم عن اسر هذه الأوهام أكثرهم تعاملاً مع العقل والعلم الخالصين دون استغلالهما من أجل غرض نفسي دفين.
ولأهمية العقل وما يعينه على البحث والنظر ، من الحواس المختلفة كان امتلاك الإنسان لذلك كله من أهم ما حمل من الأمانات التي سيحاسب على تضييعها . من أجل ذلك تعلن الآية بصراحة ووضوح عن مسؤولية الإنسان غداً عن هذه الأسلحة التي ائتمنه الله ( ان السمع والبصر والفؤاد كل أولئك كان عنه مسؤولاً )
Cher Abdallah;
Tu me vois comblé! Tu prends ta belle plume arabe et tu te jettes dans le débat. Avec ton point de vue. Je suis heureux que mon texte ait suscité, chez toi, l’envie d’écrire. Tu as compris le sens et le projet de mon blog. Il faut être curieux, sur le chemin du savoir. Je le suis toujours, sans flagonnerie. Je vais me pencher sur ton commentaire, avec un dictionnaire bilingue. J’essaierai de répondre.
Merci pour ton amitié.
Ne prospèrent ds la pensée libre que ceux qui s’arrêtent à propos, qui acceptent restriction et somptuosité,tout problème si on en touche le fond méne à la banquerouteet laisse l’intellect à découvert:plus de questions et plus de réponses ds un espace sans horizon…les interrogations se tournent contre l’esprit qui les a concues.Nulle cretique de nulle raison ne réveillera l’homme de son sommeil dogmatique ,elle saura ébranler les certitudes irréfléchies qui abondent ds la pensée, tte pensée…et substituer aux affirmations raides des propositions plus fléxibles, alors comment, par une démarche rationnelle,arrivera-t-elle à secouer les dogmes?Et si qq un meurt pour son idée, c’est qu’elle est son idée, et son idée est sa vie…
les textes que vs avez ecrit sur ce blog st d’une authenticité sans égal , car moi aussi j’ai vecu ds le village des indigenes, et j’ai decouvert la france à travers une poubelle chretienne aux antipodes de mon fief, bien sur en compagnie de mes copains.
Bonjour Aziz,
Merci de venir me lire sur mon blog. Vos mots ne me laissent pas indifférent. Des mots profonds qui méritent une réponse appropriée. J’y reviendrai, plus tard.
Mais, pour l’heure, je voudrais intervenir , à chaud.
Nous avons découvert la France depuis notre enfance. Nous nous sommes installés en France, terre de nos phantasmes. Nous y avons trouvé ce que nous sommes venus y chercher. Nous y avons, aussi, beaucoup laissé, de notre âme.
J’y ai trouvé un monde de tolérance et d’ouverture d’esprit. Je me suis nourri de quelques uns de ses idéaux, de ses rêves. J’y ai côtoyé des gens d’esprit.
Je ne peux vous laisser tenir, ici, des propos blessants, outrageants pour la France “poubelle chrétienne”. Mon blog est ouvert au dialogue serein des cultures, des religions, des hommes de bonne volonté. Mais, peut-être, que vos mots ont dépassé votre pensée. Je l’espère.
Seriez-vous le fils de Si Miloud, de Bou-Tazoult? J’ai connu votre père et je garde de lui l’image d’un homme serviable, affable et apaisé.
Encore merci pour votre commentaire. Et, bienvenue parmi nous.
Cordialement.
Bonsoir si Lahcen
seriez-vs le frére de Idar? ns avons partagé le voisinage à “40″je n’ai pas été outrancier ds mon propos votre interpretaion est inadéquate et incongru ,ce dépotoir dont j’ai parlé j’y mis nez et main, et j’ai découvert à travers, tte une culture et un mode de vie different, que j’ai tjrs aimé,le mot chretien vs a peut etre pris ds un sens que vs avez commenté à dessein,tt homme doit etre lui meme afin qu’il soit mieux le serviteur de ts…car ce st nos dégouts qui ns individualisent,nos tristesses qui ns accordent un nom, nos pertes qui ns rendent possesseurs de notre vie,j’ai pas compris comment des mots peuvent depasser le seuil d’une pensée, c une interpretation hative et sans fondement car comment pourrais-je opposé la nature à la loi la raison à l’usage et ma conscience à mon opinion, si Miloud m’a tjrs appris à etre indulgent et rationnel et je l’etais tjrs, si je viens sur votre blog c tt simplement parce que je n’accepte pas d’etre arraché du sol d’Imini ni exilé ds la durée et coupé de mes racines, la nostalgie c’est justement se sentir éternellement loin de chez soi…je vs rassure si Lahcen que la descendance de si Mouloud est empressée , avenante et accessible et loin d’etre immodérée et outrée
je serais tjrs parmi vs..de tout coeur.
Bonsoir Aziz,
Merci pour ce deuxième mot.
Je suis ravi de recevoir un enfant d’imini. Oui, je suis le frère de Ider. Le grand frère de toute ma fratrie. On avait habité ” 40″, effectivement, comme tous les Iminiens du “village”. J’ai appris que votre père est décédé. Que Dieu l’ait en sa grande miséricorde. Les plus anciens sont, presque, tous partis. Votre père, homme généreux et intègre est resté dans ma mémoire. Il m’avait réconforté, au fond de la buanderie qui servait de prison à ce fou de “Bnou Ächir”, le “boîteux”, le jour où je m’y étais retrouvé enfermé, pour outrage à un “mokhazni”. C’était votre père qui avait alerté le mien.
Je ne tiens pas à polémiquer sur tout le reste.
La décence, l’honnêteté intellectuelle dictent leur loi. La nostalgie ne peut excuser des dérapages verbaux. Je suis responsable, civilement et pénalement de tout ce qui se publie sur mon blog. Associer la France à une ” poubelle chrétienne”, est, à tout le moins, maladroit. On peut avoir des griefs contre la France ou un autre pays, la mesure convoque des propos et des assertions plus modérés, plus dignes. En tout cas, qui ne prêtent pas flanc à l’équivoque, aux accusations d’incitation à la haine religieuse , qui ne suscitent pas d’animosité.
Je suis ouvert aux discussions sereines, profondes. Vous en avez ouvert une . Vous répondre, dans le détail, demanderait des développements longs et conséquents.
Je veux bien rédiger un article entier consacré aux points que vous soulevez. Je ne peux m’y atteler, pour le moment. D’autres écrits, urgents, me prennent tout mon temps.
Merci, en tout cas, pour la peine que vous vous donnez à venir nous rendre visite. J’epère que vous nous quittez, du plaisir dans la tête et le coeur.
Où êtes-vous, en France? Moi, je suis dans la région parisienne. Si, tel est le cas, pour vous, ma porte vous est ouverte. On discutera plus tranquillement, alors.
Amitiés iminiennes.
ذكر الله
وأثره في حياة الانسان
قال الله تعالى ( واذكر ربك في نفسك تضرعاً وخيفة ودون الجهر من القول بالغدو والآصال ولا تكن من الغافلين ) .
هذه الآية تقرر حكماً من أهم الأحكام الاسلامية التي يبدأ غراسها في القلب ، ويتفرع أثرها في عامة قضايا المجتمع.
ذكر الله تعالى . .!! أهم منطلق تربوي يضعه الله تعالى لحياة عباده في الأرض ، وهو ليس بسبسة لسان ولا فرقعة سبحة ولا قفزاً أو التواء على الأرض ، وإنما هو أن يظل القلب يسبح في طائف من مراقبة الله تعالى وتصور أنه عز وجل يطلع على كل غيب مجهول وضائع مستور ، وأنه لا مناص من وقفة حساب بين يدي هذا الاله العظيم على كل جناية وعصيان !.
هذا هو الحكم الذي تقرره هذه الآية وآيات كثيرة من كتاب الله تعالى .
ولكن ما الحكمة ؟.. وما وجه الحاجة الى ذلك ؟.. وهل هي حاجة الله أو العبد ؟
الحكمة . . أن حياة المجتمع الانساني لا تسير على نهج سوي متناسق ، الا اذا استشعرت أفئدة الناس رقابة الله عليها ، وتذكرت في جنب ذلك أنه ما من حق يضيع ولا واجب يطوى .
وتفصيل القول في ذلك أن هذه الحياة الدنيا من شأنها أن تقبل الى الانسان بأحد وجهين : أحدهما وجه من النعمة بكل وسائلها وأسبابها ، ومن شأن الانسان اذا ما رأى من الدنيا هذا الوجه أن يتيه في سكرة النعيم ويمتلكه طغيان الترف ، فلا يحسب حساباً لتقلبات الدهر ومصيره ،ولا يلتفت الى من حوله أو الى ما ينبغي أن يكون من شأنه تجاهم .
والآخر هو وجه من البؤس والمصائب والآلام .ومن شأن الانسان اذا ما أقبلت اليه الدنيا بوجهها هذا ، أن يعتصر قلبه الهم ويأخذ الكرب بحلقه وأن ينظر حوله فلا يرى الحياة الا سجناً مفعماً بالمصائب والآلام ،من حيث هي للآخرين الذين من حوله مقصف لهو ومرتع أنس وأداة نعيم . وربما فكر ونظر . . فلم يجد دواء لآلامه خيراً من أن يحكم على نفسه بالاعدام وينهي أيام حياته على الأرض . . !
فما هو الدواء الذي من شأنه أن ينبه ذلك السكران من سكر ترفه ونعيمه ،ويطلق هذا المعذب من سجن بلائه وضيقه !
أما سنة الحياة فلا سبيل الى تبديلها .. وستظل تبلو الناس بهاتين التجربتين . وانما الممكن هو البحث سبيل المتغلب على آفاتهما . فما هو السبيل ؟
لقد عجزت أبحاث الفلاسفة والمصلحين عن اصطناع أي علاج أو وسيلة من شأنها أن تضبط نعيم الحياة عن التحول الى حالة من الترف والجنون ، وأن تضبط بلواها عن التحول الى اختناق وكرب لا يطاق .
ولكن الوسيلة النجعة الوحيدة هي اتباع التي خاطب الله بها عباده جميعاً . . الوسيلة هي ربط القلب بذكر الله تعالى ، فان من شأنه أن يجعل حياة الانسان في نجوة من أن تقع ضحية لسكرة نعيم أو ضحية لمصاب أليم . ذلك أن ذكر الله عز وجل يورث القلب أثرين مختلفين ، فهو يورثه الطمأنينة والرضى ويملؤها بالرهبة والخشية . أما الطمأنينة فعلاج لمن أدبرت عنه الدنيا وابتلته بمصائبها، وأما الخشية فعلاج لمن أقبلت إليه ورقص من حوله نعيمها.
وانظر إلى هذه الحقيقة كيف يجليها كلام الله عز وجل : يقول الله عز وجل مرة : ( ألا بذكر الله تطمئن القلوب ).
ويقول مرة أخرى : ( الذين إذا ذكر الله وجلت قلوبهم وإذا تليت عليهم آياته زادتهم إيمانا ).
أما طمأنينة القلب فتأتي من يقين المؤمن الذاكر بأن الدنيا بكل ما فيها ليست مما بعدها إلا كحلم طاف بنائم في الليل. يوشك الليل أن يمضي ويقبل الفجر بحقائق الحياة وألوانها وليس من حق يضيع في ميزان الله وعدله.
وأما خشية القلب فتأتي من يقينه بقوله تعالى : (ولتسئلن يومئذ عن النعيم) وبما يعقب نعيم الدهر من غصص لا نجاة منها إلا بلطف الله ورحمته .
ومن بين الطمأنينة والخشية يعتدل المزاج وتستقيم أسباب الحياة .
Salut Abdallah,
On ne peut plus t’arrêter. Tu as trouvé un filon, inépuisable.
Merci pour tes écrits. Je comprends, en gros, ce que tu rédiges, le point de vue qui t’anime. Te répondre, en Arabe, dur, dur! Je n’ai pas encore le temps de me pencher sur tes textes. Tu sais pourquoi. Il faudra que je m’achète un clavier arabe et que je me tue, à la tâche, pour te répondre. Ne désespère pas, j’y arriverai. IN CHAA ALLAH!
Amitiés.
N’oublie pas que tu m’as promis un gigot de ton mouton de l’AÏD.
Notre père Ibrahim عليه وعلى نبينا السلام à trouver la solution à l’équation : Unicité=liberté+égalité +fraternité
Lahcen si tu veux respecter la tradition qui veut qu’on commence par le foie … fait un sacrifice !!! hi hi hi astaghfiro allah pardon
La décene l”honneté dictent une loi,le dérapage verbal!j’ai pas du tt associé la France à une poubelle chrétiénne, la france c le pays de la liberté,égalité, fraternité, peut etre,j’ai été pas droit, mais c juste pour un salut…bonne continuation.
حب الوطن عبادة ٍ طاعة أولي الأمر عبادة
أحبتي في الله إلى أهلي في الوطن الحبيب عيدكم مبارك سعيد
أعاده الله علينا باليمن والبركة ٍ رب اجعل هدا البلد أمنا وارزق أهله من الثمرات
والسلام عليكم ورحمته تعالى وبركاته
من مظاهر بر الوالدين
قال رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم : ” إن من أبر البر صلة الرجل أهل ود أبيه بعد أن تولى ” رواه مسلم والترمذي وأبو داود من حديث عبد الله بن عمر .
يوضح رسول الله صلى الله عليه وسلم في هذا الحديث ، إن من أبرز مظاهر بر الرجل بأبيه أن يكرم ويبر أولئك الذين كانوا موضع إكرام أبيه وحبه عندما كان حياً ، فيصلهم ويحسن إليهم ويحيي سيرة أبيه معهم ، وهو باتفاق الأئمة من أفضل القربات إلى الله سبحانه وتعالى .
ولهذا البر الذي ندب إليه رسول الله صلى الله عليه وسلم أثر اجتماعي كبير، قد لا ينتبه إليه من لم يلتفت إلى هذا الحديث ويتأمل فيه .
وبيان ذلك أن أهم وظيفة كلف الله بها عباده في الأرض ، هي إقامة وشائج القربى فيما بينهم واقتلاع أسباب الفرقة والبغضاء من النفوس ، وخير الناس في هذه الدنيا من تركها بعد أن غرس فيها شيئاً من هذه الوشائج ، وشر الناس فيها من ترك فيها وراءه بذور الفتنة والشقاق .
والولد الصالح هو ذاك الذي يتلمس رضى الله عز وجل في بر أبويه ولذا فقد جعله الله تعالى الأمين الأول على سعي أبيه وراء جميع مصالحه الدنيوية والأخروية ، سواء في ذلك عهد الحياة وما بعده فالولد على كل حال امتداد للخير الذي استبقاه أبوه من بعده عن طريق ما كلفه الله به من تربيته والمحافظة عليه .
ومن جملة الخير الذي تركه أبوه من بعده تلك الصلات الإنسانية التي كان قد أقامها بينه وبين إخوانه، وتمكين وشائج الحب في الله عز وجل. إن تآلف عدد من الأخوة المتحابين في الله مساهمة عظيمة جداً في إقامة صرح الأخوة الإسلامية بين عباد الله تعالى في الأرض.
وإذا كان هذا الوالد قد تولى عن الدنيا إلى دار عقباه، وترك من ورائه بناء خيراً جميلاً كهذا، فإن ابنه البار أمين على هذا البناء من بعد موته. فعليه ـ إتماماً لحق الأبوة في عنقه ـ أن يواصل صحب أبيه من بعده وأن يحافظ على ما بينهم من وشيجة الود والقربى أن تزول أو تتقطع.
وبذلك تنمو علاقات المحبة والوداد بين الناس و تترسخ جذورها ، وتتسع مع الزمن دائرتها ، إذ يحافظ الخلف على ما قد أسسه السلف ويزيد فيه ، ويأتي الخلف الثاني ليفعل مثل ذلك ، وهكذا . . ما دام الجميع متقيدين بهذه الوصية العظمى من رسول الله صلى الله عليه وسلم .
وكم من صلات إنسانية جميلة ، قامت بين جماعة من الناس بفضل من سعى بهم إلى ذلك ، وظل يغذيها ويربيها طالما هو حي يعيش معهم . فلما مات تفرق جمعهم وانقطع شملهم، إذ لم يخلفه من بعده من يرث هذه الدعاية والمحافظة عليها والاهتمام بها .
ولقد علمت العادات والقوانين صنوفاً من الميراث يرثها الولد من أبيه ، هي الأموال العينية والحقوق القيمية المختلفة ، فهو يخلفه في استثمارها ورعايتها والإفادة منها . ولكن شريعة الله عز وجل أضافت إليها ما قد يفوقها في الأهمية والخطورة ، وهو الصلات والوشائج الإنسانية التي كان قد نماها المورث في ظل من رعاية الإسلام وهديه . إن هذا الإرث الإنساني العظيم ما ينبغي أن يموت بموت مالكه الأول ، وإنه أولى ـ في حكم الشارع ـ من العقارات والأموال بالرعاية والاستثمار ، وإن على الوراث أن يخلف مورثه فيها ، وأن يقدم لها ما تقتضيه من مغرم ، ويأخذ ما تقدمه إليه من مغنم .
غير أن هذا القانون الإلهي الذي دعا إليه الرسول عليه الصلاة والسلام لا يعني أن على الولد أن يحافظ على أخلاء أبيه ويخلفه في وداده لهم ، كيفما كانوا ومهما كان الأساس الذي بني عليه ذلك الوداد . بل الأمر كله مقيد بما كان قائماً على المنهج الإسلامي الصحيح . إن البر الذي يكلف به الولد تجاه أبيه إنما هو بر في غير معصية الله ، وبره لأهل وده من بعده مقيد بهذا القيد نفسه ، فمن ورث من أبيه إرثاً لم يأته بطريقه الشرعي السليم وجب عليه أن يعيده إلى وجهه الصالح السليم ، سواء أكان مالاً أو حقاً ، أو صحبة وصداقة مع الآخرين .
Merci pour ton texte. Toujours dans la même veine, du même point de vue. Je respecte